L'auteur

• Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste. Diplôme de droit public et de droit européen (Paris I Panthéon-Sorbonne). Correspondant "Affaires européennes" pour Ouest-France (1er quotidien français, 800 000 exempl.) et collaborateur à Europolitique (agence de presse européenne). Des articles dans la presse, des ouvrages pratiques : "temps de travail", "comité d'entreprise" (Ed. Partenaires - Ministère du Travail), "représentation du personnel dans les entreprises" (Ed. Dalian/Wolter Kluwer), et un travail plus académique - "les règles de concurrence face aux règles sociales", 1996. Pour mon second centre d'intérêt : l'Europe de la Défense (voir Bruxelles2).

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Ni leurre ni sinécure, l'Europe (et l'Europe sociale) s'élaborent, jour après jour, non sans difficultés !
Bruits de couloirs, discussions informelles, projets et contre-projets, histoire(s), contexte, texte(s), décryptages...  ce blog entend se faire l'écho de ce qui "bouge" à Bruxelles (Commission), Strasbourg (Parlement), Luxembourg (Cour de justice). Conditions de travail, Sécurité sociale, Service public, droits fondamentaux, citoyens, traité de Lisbonne...
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Santé sécurité sociale

Finalement plusieurs Etats membres - la Pologne, la Roumanie, la Grèce, l’Espagne, le Portugal notamment (mais d'autres plus silencieux soutenaient cette position) - ont formé une solide minorité de blocage pour rejeter le projet de directive “soins trasnfrontaliers” au dernier conseil des ministres de la Santé de l'Union européenne, le 1er décembre. Une bonne nouvelle. Oui n'ayons pas peur des mots. Et ne nous cachons pas derrière un silence gêné. Cette directive était de toute façon mal partie. Et j’avais eu déjà l’occasion de dire “tout le bien” que je pensais sur ce texte (Lire : Pourquoi la proposition "soins transfrontières" est hypocrite). Ce texte avait un gros défaut : mélanger les genres, pousser, sous prétexte de droits des patients, d'une meilleure santé, à une réorganisation des systèmes de santé, à une libéralisation plus poussée, à un changement des flux financiers et de solidarité. Il de faire supporter par le système de solidarité nationale, le fait que certains patients préfèrent se faire soigner au soleil.


Maintenant il ne s'agit pas non plus de se leurrer. Le problème reste entier. Il ne peut être éludé plus longtemps. Il y a un problème de remboursement de soins pour des patients qui ne peuvent avoir des soins adéquats dans leur pays ou préfèrent se faire soigner près de leurs proches. Il y a un problème fondamental d'information. Il y a un problème d'économies à faire, de recherche à développer, de moyens à mettre en commun. Il faudra aussi, un moment, aborder la question de la solidarité transfrontalière.


A mon sens, la question doit donc être reprise sous plusieurs angles, avec des instruments juridiques bien distincts, qui ont chacun des objectifs et des bases juridiques et politiques, voire des calendriers différents.

 

• l’information des droits des patients. Elle doit être effectivement mieux assurée. Et une directive centrée sur ces aspects pourrait être bienvenue. La proposition était plutôt bienvenue. Et personne ne devrait pouvoir s’y opposer fondamentalement. Il pourrait être nécessaire d'assurer une autorité, type médiateur, facile à appeler pour régler les problèmes transfrontières, proche de la Commission (pour permettre d'enclencher des procédures d'infraction) pour éviter qu'un patient soit balladé d'un système ou d'un pays à l'autre.

 

• la responsabilité médicale. Si il y a libre circulation des citoyens, et d’une certaine façon des patients, la question de la responsabilité médicale doit être envisagée de façon européenne, avec une certaine harmonisation, au moins en termes d’assurance-responsabilité, de droits des patients et d’information. Ceci peut être réglée dans une directive ou un règlement. D'autres éléments comme les "soins de suite" (la possibilité de poursuivre des soins dans un autre pays pourrait également être réglée).

 

• la question du remboursement des soins. Elle doit être clarifiée. On ne peut en rester ainsi dans un maquis juridique. Mais ceci doit se faire dans le cadre du règlement « sécurité sociale ».


• la question de la solidarité transfrontalière. Oh combien délicate. Certains dispositifs sont déjà prévus au sein du règlement sécurité sociale. Ils pouraient être renforcés. Mais il serait peut-être nécessaire de prévoir des dispositifs spécifiques, dans ce cas au sein d'un règlement nouveau..

 

• la question des autorisations d'équipement, question ressortant du droit de la concurrence surtout, pourrait être réglée au sein d'une décision "d'exception" de la Commission, ou de lignes directrices fixant et clarifiant les règles à appliquer en la matière.

 

• Enfin, d'autres questions comme la recherche transfrontière sur les maladies rares, les pôles de compétence ... devraient être abordées soit dans un texte spécifique, soit dans un ou l'autre de ces instruments.

 

Ce paquet "soins transfrontières" serait plus complet que celui présenté, aurait l'avantage de bien distinguer chacun des questions sans mêler les questions de concurrence et de santé des patients. Et d'être, somme toute, plus efficace.

Publié dans : Santé sécurité sociale - Par Nicolas Gros-Verheyde
Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 23:00
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Devant l'épidémie de grippe porcine (dites plutôt "nouvelle grippe" selon la Commission pour éviter de fâcher les producteurs de porcs), le futur Premier ministre tchèque a décidé d'anticiper la nomination de la Ministre de la santé, Dana Juraskova, directrice de l'hopital universitaire général de Prague. Celle-ci va entrer en fonction immédiatement et présidera donc le conseil exceptionnel des ministres de la Santé de l'Union européenne qui se tient sur le sujet, jeudi à Luxembourg. La titulaire actuelle du poste, Daniela Filioupouvou, a démissionné et quitté ses fonctions.
Publié dans : Santé sécurité sociale - Par Nicolas Gros-Verheyde
Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /2009 21:43
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Première conséquence du vote de la motion de censure en république Tchèque, l'opposition a réussi à faire passer à la chambre des députés (en première lecture) son projet de loi qui annule les paiements de régulation sur les soins médicaux. Les partis de la coalition gouvernementale n’ont pas trouvé suffisamment de voix pour repousser ce projet. Certaines mesures entrent immédiatement en vigueur pour les enfants de moins de 18 ans et les personnes de plus de 65 ans (qui bénéficieront d'une exemption annuelle à hauteur de 2 500 couronnes sur les médicaments). 

 

Cette réforme très contestée avait mis le feu aux poudres en république tchèque. Médecins, services de santé, syndicats ainsi que les partis d'opposition s'y étaient opposés. La plupart des régions (tenues par l'opposition) avaient même voté une disposition finançant en partie le surcoût à payer pour les patients. Ce qui vidait la réforme d'une partie de son utilité (en fait seule la région de Prague avait maintenu la réforme de manière intégrale). L'annulation de cette réforme 'était une des conditions principales posées par les socio-démocrates pour accepter un gouvernement transitoire jusqu'aux élections (prévues le 20 octobre normalement).


Autre victoire de l'opposition : les députés ont également donné leur feu vert au ralentissement de la dérégulation des loyers. Et l'opposition a réussi à mettre à l'ordre du jour des débats de la chambre au programme de la chambre le débat du projet de loi qui empêcherait la privatisation de l'aéroport de Prague.


Décidément le vent tourne à Prague et dans le bon sens...

Publié dans : Santé sécurité sociale - Par Nicolas Gros-Verheyde
Mercredi 1 avril 2009 3 01 /04 /2009 15:30
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C'est finalement John Bowis, conservateur britannique, qui a été désigné, rapporteur pour la directive "soins de santé". Ancien ministre de la santé, de 1992 à 1995 (sous John Major), c'est un militant de la liberté des patients à aller se faire soigner là où il l'estiment utiles qui sera aux manettes de cette directive dont on ne dira jamais assez l'intérêt stratégique qu'elle représente pour les soins futurs et la sécurité sociale.

Une bataille obscure avait opposé les deux commissions du Parlement européen, "santé environnement" et "marché intérieur".  Pour rédiger un premier rapport, c'est la commission "marché intérieur" qui l'avait emporté, à l'époque, avec comme rapportrice Bernadette Vergnaud, socialiste française, proche de Ségolène Royal. Un système de coopération pourrait être mis au point entre ces deux commissions ainsi que la commission "emploi et affaires sociales", afin que les amendements des unes et des autres soient mieux pris en compte (que par la procédure normale d'avis).

 

Publié dans : Santé sécurité sociale - Par NGV
Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /2008 16:20
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Vous cherchiez à comprendre à quoi servait la directive sur le remboursement des soins transfrontières qu'a présenté la Commission européenne en juillet (voir première analyse). Vous avez en partie une réponse désormais...

C'est le président de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), Gérard de la Martinière (et ancien président du lobby européen des assurances), qui l'a expliqué doctement à l'issue d'une rencontre avec le gouvernement.  Il faut confier le remboursement des soins d'optique et dentaires aux compagnies d'assurances, laissant la Sécurité sociale se concentrer sur les maladies graves, explique-t-il. Les complémentaires santé "remboursent déjà en grande partie sans avoir leur mot à dire" des blocs comme l'optique ou le dentaire. "Nous avons demandé si le gouvernement est prêt à évoluer dans ce sens, d'ici un ou deux ans, avec transfert réel de responsabilités et liberté de négocier avec les prestataires de santé", a déclaré M. de la Martinière samedi dans une interview au Parisien (rapporté par l'AFP). "Si l'on veut préserver l'acquis de la protection sociale à la française, il faut recentrer la Sécurité sociale sur les vrais enjeux de solidarité nationale (...) La Sécu doit se concentrer sur les maladies les plus graves", a -t-il ajouté précisant qu "un certain nombre de risques assurables" ne nécessitent pas la solidarité nationale...

NB : Gérard de la Martinière était jusqu'à mi juin président du centre européen des assurances, qui regroupe la plupart des acteurs économiques du secteur (le CEA).
Publié dans : Santé sécurité sociale - Par NGV
Lundi 21 juillet 2008 1 21 /07 /2008 10:38
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La directive que propose la Commission européenne, le 2 juillet, sur les "droits des patients dans les soins transfrontières" a tout pour séduire : il s'agit de faciliter une meilleure qualité des soins, en permettant aux citoyens de choisir où ils veulent se faire soigner, en se faisant ensuite rembourser par leur caisse de sécurité sociale.

De très beaux principes qui se heurtent à quelques solides réalités :

1) La "philosophie" qui guide les auteurs de la directive - "le patient a le droit de choisir où il se fait soigner" - est  difficile à mettre en pratique dans un contexte budgétaire national où on cherche au contraire à limiter les dépenses et où les soins coutent de plus en plus cher et sont de moins en moins remboursés.

2) Si on veut se faire rembourser les soins au niveau national, ceux-ci sont en effet strictement encadrés. La liberté de se faire soigner n'existe que si on a les moyens de... ne pas se faire rembourser.

3) Il existe déjà un dispositif au niveau européen qui permet à un patient de franchir les frontières : c'est le règlement de sécurité sociale. Datant de 1971, il s'est perfectionné au fil des années. Et la jurisprudence est venue ajouter quelques droits supplémentaires : le principe de prise en charge des soins non hospitaliers notamment ou l'encadrement des listes d'attente.

4) La Cour de justice n'a jamais imposé de rédiger un nouveau texte, elle a juste interprété comme elle le fait régulièrement, le dispositif actuel estimant qu'il devait respecter certains principes - notamment la libre circulation des services et des biens.
  Crédit Photo : © NGV - médecin à Budapest (Hongrie)

Quelques questions auxquelles la Commission n'a jamais répondu.

1) Pourquoi tout simplement n'avoir pas modifié le règlement de sécurité sociale, en incorporant la jurisprudence, ou par une communication interprétative ?

2) Pourquoi si certains Etats membres ne respectent pas les principes de remboursement des soins ne pas les poursuivre en justice ?

3) Quel est l'intérêt pour le patient par rapport aux dispositions déjà existantes ?

Ce nouveau texte garde donc plusieurs inconvénients (déjà esquissés).

1) Il ne clarifie pas vraiment les droits du patient. Au contraire, il multiplie les complexités. Face à des soins à l'étranger, vous avez deux règles applicables : le règlement "sécurité sociale" et la future directive, sans compter la jurisprudence de la Cour de justice. Lisez la jurisprudence de la Cour, elle est plus claire que le texte.

2) Il est en recul sur le texte déjà applicable. Selon la directive, le patient n'a pas droit à une prise en charge des frais, mais seulement au remboursement, en clair, il fait l'avance des frais. Or une journée d'hospitalisation coûte 1000 euros au bas mot en France (3 ou 4000 euros pour des soins intensifs ou spécialités couteuses, source : CHU de Lyon). On voit donc que le patient concerné n'est pas le patient moyen (à moins d'avoir ... une assurance privée).

3) Il est en retrait par rapport à la jurisprudence (dont il dit pourtant s'inspirer). Celle-ci permet en effet un remboursement le plus avantageux pour le patient : sur la base du pays où il a été traité ou sur la base du pays où il est assuré. La directive ne précise que le pays d'assurance (autant de cela d'économiser pour l'Etat membre).

4) Le choix de l'instrument - directive - laisse songeur : en donnant aux Etats le soin de transposer ces dispositions, on va au devant de nettes divergences (d'autant que le texte est parfois flou). Ce qui est le contraire du règlement de sécurité sociale actuel : qui est la même règle pour tous, applicable immédiatement.

Enfin il ne dit pas un mot sur les Services de santé - et la libre circulation des équipements -  qui était au départ l'objectif de ce texte (cf. la directive Bolkestein et les débats sur les services d'intérêt général)
 
En réalité, ce texte est conçu pour ceux qui ont les moyens de naviguer dans des textes juridiques compliqués et les moyens d'avancer des sommes de plusieurs milliers d'euros. Pas pour le citoyen lambda !

Pour lire la proposition, ici

Ce qui risque de se passer maintenant ?
La directive va être discutée, chipotée entre Ministres puis avec le Parlement européen. Il faudra quelques années pour cela. Puis ensuite quelques années pour la transposition. Les Etats vont se faire tirer l'oreille, comme toujours quand il s'agit de payer des soins pour les patients. Et donc ils respecteront plus ou moins le texte. La Cour de justice sera saisie... Retour à la case départ dans dix ans!

Nb : Si j'ai un conseil à donner aux étudiants en droit et avocats : spécialisez-vous dans le marché des "soins transfrontières", vous avez là un portefeuille en expansion :-)
Publié dans : Santé sécurité sociale - Par NGV
Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /2008 10:44
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Voilà nous avons pu prendre connaissance de la nouvelle proposition de directive sur les soins transfrontières, actuellement elaborée par le cabinet de la commissaire européenne à la santé, la chypriote Androulla Vassiliou. Et nous avons eu suffisamment de temps pour nous faire une bonne idée du texte (qui ne change d'ailleurs pas énormément par rapport au texte précédent préparé sous le commissaire Kyprianou).

Memes défauts - logique puisqu'il a été conçu à peu près par la même équipe, autour de Phlippe Brunet , l'actuel chef de cabinet de Me Vassiliou, une complexité latente et des objectifs très contradictoires :
1) Ce texte considère les soins comme un service, où le patient étant un consommateur de soins;
2) Il donne aux Etats certains arguments pour refuser des soins - allant au-delà selon une courte analyse de la jurisprudence de la Cour, qui d'une certaine façon est plus favorable au patient.
3) Il revoit en partie le principe du pays d'origine de la directive "Bolkestein" tout en laissant certains aspects d'un flou tel qu'un esprit intentionné d'une volonté de libéraliser le marché pourrait s'y engoufrer.
4) Il ne prévoit rien sur les services de santé. Terme d'ailleurs totalement écarté du contenu de la directive.

Au final:
1) Ce texte pervertit l'esprit qui a toujours régi cette matiere, celui de la solidarité et de la sécurité sociale (sans oublier qu'il fait, en partie, doublon avec un règlement qui existe deja... depuis 1971. Un règlement qui a de sacrés défauts certes mais a le gros mérite d'exister, de fonctionner, et de servir des millions d'Européens chaque année sans toucher à la différence des systèmes sociaux des Etats membres).
2) Le nouveau texte ne clarifie en rien la situation patient lambda mais plus averti, qui aura, face à deux mêmes situations, la possibilité d'avoir deux droits applicables avec des règles différentes.
3) Comme c'est une directive, cela va induire des délais de transposition et surtout, un risque d'interprétation très différente (risque d'autant plus grand que le texte est flou), sur un sujet où il ne devrait y avoir qu'une seule interprétation = le droit à se faire soigner d'un Allemand devrait être identique à celui d'un Anglais.

Les principaux points sont commentés dans Europolitique qui parait ce lundi. Vous pouvez consulter une version de l'article sur internet : francais - english

NB : le texte devrait normalement être mis sur la table de la Commission européenne le 2 juillet pour être présenté en Conseil des Ministres et au Parlement sous présidence française. Le texte devant être adopté à la majorité, en termes identiques, dans ces deux assemblées.

© Photo : Commission européenne - commissaire Vassiliou
Publié dans : Santé sécurité sociale - Par NGV
Vendredi 6 juin 2008 5 06 /06 /2008 19:20
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Le referendum organisé dimanche en Hongrie a sonné le glas d'une réforme gouvernementale qui visait à instaurer une taxe sur les soins chez le médecin et à l'hôpital d'environ 1 euro (300 forints) ainsi qu'à augmenter les droits universitaires. A plus de 80 % (avec une participation de plus de 50%), les Hongrois ont dit "nem" à ces mesures, destinés à renflouer les caisses de l'Etat et absorber un déficit public important. Le gouvernement (socialiste de Ferenc Gyurcsany) reviendra donc sur ces mesures mais n'entend pas, par contre, démissionner au grand de l'opposition de droite du Fidesz.
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Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /2008 23:09
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"L'agenda de la Commission était très lourd ce mercredi", le dossier sur les soins de santé transfrontières a donc été reporté à une date ultérieure, l'année prochaine, en janvier sans doute. Avec la question très discutée du CO2, "il était difficile de mener de front deux dossiers aussi importants." explique un porte-parole . De plus certains points méritaient d'être rediscutés. L'opposition frontale de plusieurs commissaires, de tous bords, de nombreux Etats membres — aussi dissemblables que le Royaume-Uni, le Danemark, l'Espagne ou la Slovaquie — de l'ensemble des partenaires sociaux (employeurs et syndicats) du secteur et des ONGs, il était plus qu'urgent effectivement de revoir ce dossier, mal ficelé, qui a des implications au-delà des droits des patients et entend revisiter en fait l'organisation et le financement de la sécurité sociale dans de nombreux pays, sans introduire de contrepartie pour les patients qui ne peuvent se rendre à l'étranger pour se faire soigner.
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Mercredi 19 décembre 2007 3 19 /12 /2007 11:45
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On le croyait disparu, enterré. Non l'esprit libéral qui animait la directive Bolkestein souffle toujours... au bâtiment du Berlaymont, le siège de la Commission européenne... Ce 19 décembre, l'exécutif européen devrait, en effet, présenter une proposition de directive, préparée par le commissaire chypriote chargé de la Santé, Markos Kyprianou.

La directive Kyprianstein. S'appuyant sur quelques caches-sexes, comme les "droits des patients dans les soins transfrontières" ou "la qualité des soins", ce texte vise en fait à faire éclater les frontières... qui demeurent entre un secteur de la santé, jugé trop fermé, au secteur lucratif et à aider les Etats qui le souhaitent à faire éclater leur modèle de sécurité sociale (détails voir mon post en septembre).

Des visés très précises. Deux signes extérieurs tangibles éclairent l'intention des initiateurs de ce texte. Au lieu de préférer la voie d'ordinaire utilisée pour le remboursement des soins aux patients qui se rendent dans un autre pays de l'Union européenne, celle de la Sécurité sociale, ses auteurs ont préféré utiliser la base juridique du Traité, plus souple, du "marché intérieur" (l'article 95). Et, au lieu des habituelles DG Emploi et Affaires sociales (habituellement en charge des droits des patients pour la sécurité sociale), voire de la DG Marché intérieur (ce qui aurait été logique vu la base choisie), mieux armées pour ce type de projet, c'est la "petite" DG santé publique qui a été nommée chef de file de ce projet. Non armée en personnel spécialiste du financement et du droit de la sécurité sociale, cette DG est aussi très sensible aux intérêts des lobby industriels de la santé.

Le service de santé et de sécurité sociale doivent être "normalisés". Le service de communication de la Commission Barroso ne se cache d'ailleurs qu'à peine de cette vélléité de libéraliser le marché et de faire rentrer dans le rang commercial ordinaire les services de santé et de sécurité sociale. La lecture de l'agenda prévisionnel diffusé par la Commission européenne par cette semaine est on ne peut plus instructive. "Le projet de directive explique aux patients si et dans quelles circonstances ils peuvent choisir des fournisseurs à l'étranger." Faut-il un commentaire supplémentaire. Dorénavant, vous ne direz donc plus "je vais chez mon médecin ou je vais à l'hopital" mais je vais chez "mon fournisseur" (ou "dealer" en anglais ou en... belge)!

wallstrm30.jpg Seule la suédoise Margot Wallström a osé dire Non! Selon les informations reçues de sources au plus haut niveau, les dernières réunions internes à la Commission, parfois animées, n'ont pas changé la donne. Seule la vice-présidente de la Commission, la suédoise, Margot Wallström a opposé une "réserve de fond" au texte, invoquant (à juste raison) plusieurs risques : l'opportunité du texte, base juridique risque de confusion, empiètement sur les compétentes des Etats membres... Elle a été soutenue, plus ou moins, par ses deux collègues socialistes, l'espagnol Almunia et le britannique Mandelson, concernés à plus d'un titre.

Les pays les plus menacés à court terme sont, en effet, ceux où existe un système national de santé (type Royaume-Uni, Espagne,...), avec un fort financement public (scandinaves)  ou qui sortent d'un système tout public (ex-communistes).
Publié dans : Santé sécurité sociale - Par NGV
Lundi 17 décembre 2007 1 17 /12 /2007 07:00
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