L'auteur

Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste. Correspondant sur les affaires européennes pour le quotidien Ouest-France et collaborateur à Europolitique (agence de presse) sur les secteurs "social", "défense-sécurité" (voir autre blog stratégie) et "Traité". Je m'occupe aussi - pour varier les plaisirs! - d'actualité musicale... (RFi Musique) et de la formule weekend d'Europolitique. Spécialisé au fil des ans sur les questions sociales et l'Europe, ce blog est la réunion de ces deux intérêts. Depuis 1989, j'ai travaillé pour différents journaux (Le quotidien de Paris, La Tribune, France-Soir... voir les articles), réalisé quelques travaux plus académiques (mémoire sur "les règles de concurrence face aux règles sociales", 1996) et publié des ouvrages et publications, juridique-pratique : "temps de travail", "comité d'entreprise", "formation professionnelle" ...(Ed. Partenaires/Ministère du Travail), "représentation du personnel dans les entreprises" (Ed. Dalian/Wolter Kluwer) et même un "Guide du service national" (Ed. Puits Fleury, 1998). Pour m'écrire

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Ni leurre ni sinécure, l'Europe (et l'Europe sociale) s'élaborent, jour après jour, non sans difficultés !
Bruits de couloirs, discussions informelles, projets et contre-projets, histoire(s), contexte, texte(s), décryptages...  ce blog entend se faire l'écho de ce qui "bouge" à Bruxelles (Commission), Strasbourg (Parlement), Luxembourg (Cour de justice). Conditions de travail, Sécurité sociale, Service public, droits fondamentaux, citoyens, traité de Lisbonne...

Vendredi 4 juillet 2008
La Commission européenne met sur la table du Conseil des ministres européens de l’Economie, lundi 7 juillet, une nouvelle proposition de directive sur les taux réduits de TVA qui pérénise le système de taux réduit pour les services à grosse intensité de main d'oeuvre et permet aux Etats membres de disposer de davantage d’autonomie pour baisser la Tva sur certains services.

NB : ce projet faisait du "paquet social" en quelque sorte. Son adoption a été acquise lors de la réunion des commissaires le 2 juillet mais repoussée, pour des raisons essentiellement de communication, par une procédure écrite ad hoc (si aucun commissaire ne s'oppose , la décision est entérinée), au lundi 7 juillet.

Pourront être soumis à un taux de TVA réduit un nombre plus important de services et de secteurs.

Secteurs à haute intensité de main d'oeuvre (on supprime l'obligation de choisir deux ou trois services, tous pourront être baissés)

• Aide et soins à domicile. La taux réduit était jusqu’ici soumis à renouvellement tous les deux ans. Il sera désormais définitif. Il comprend tous les types d'aide (enfance, personnes âgées, malades ou handicapées. Du moins au plan européen. Rien n’interdit à un ministère de l'Economie et des finances de le supprimer et de revenir au taux normal.

• Certains services: les soins personnels (y compris coiffure et soins esthétiques), le jardinage, les petites réparations (cordonnier, tailleur, horloger, cycles, ordinateurs…), la rénovation et l’entretien des sites culturels et des églises.

• Logement. La construction, la rénovation mais aussi les services d’entretien ou nettoyage pourront être soumis au taux réduit. Pour tous les logements et non plus seulement le logement social.

Autres secteurs

• Restauration. Le taux de 5,5% ne s’applique qu’au repas mais pas à la consommation de boissons alcoolisées (qui restera au taux normal).

• Produits culturels. Donc plus seulement les livres mais aussi les disques et supports audio (CD, et supports physiques qui reproduisent la même information que les livres imprimés). A l'exception des jeux.

• Médicaments.
Cette catégorie est étendue à certains produits (hygiéniques, couches pour bébés).

• Matériel pour personnes handicapées - qui pourrait inclure tous les équipements nécessaires (jusqu'aux ordinateurs adaptés spécifiquement - claviers en braille - ou aux véhicules adaptés).

Attention !

1° Ceci n’est qu’un projet. Pour entrer en vigueur, il faut que les 27 soient d’accord. Comme l’Allemagne ou le Danemark y sont opposés par principe, la discussion reste d’être difficile. Car ils craignent, sous la pression de leur opinion publique, de devoir, à leur tour, baisser la TVA et donc perdre plusieurs milliards d’euros de recettes. La Commission avait déjà proposé, en 2003, une proposition qui avait échoué. La directive pourrait donc ne pas être adoptée avant plusieurs mois, voire plusieurs années (contrairement à ce qu'annonce Nicolas Sarkozy qui promet une adoption d'ici décembre 2008).

2° L'Etat membre conservera toujours le choix : garder la TVA au taux normal ou la baisser sur certains services (et ceux qu'il veut).

Photo : © Ngv Bruxelles

par NGV publié dans : Citoyens, consommateurs, environnement
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Mercredi 25 juin 2008
Le rapport de l'eurodéputé Alain Lamassoure sur l'Europe des citoyens a été remis à Nicolas Sarkozy, ce mercredi à 12h30. Vous pouvez le lire ici en intégral, avec la liste des 61 propositions (disponible aussi un résumé).

Un rapport très intéressant. il est même étonnant que la Commission européenne - pourtant très prompte à publier des rapports sur tout (et n'importe quoi) n'ait pas saisi ce sujet d'importance, auparavant. Honnetement cela aurait été son rôle, et sans doute 10 fois plus utile que tous les plans D et autres avatars de communication...
par NGV publié dans : Citoyens, consommateurs, environnement
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Lundi 23 juin 2008
L'eurodéputé UMP, Alain Lamassoure, devrait remettre, le 25 juin, à Nicolas Sarkozy son rapport sur " le citoyen et l'application du droit communautaire". Un rapport qui devrait lancer le signal d'une offensive de la présidence française de l'UE pour des résultats plus concrets.

(Ce site publiera le rapport dès qu'il sera remis officiellement à Nicolas Sarkozy, vers 13h00)


Le rapport cerne en effet quatre thèmes où se concentrent les problèmes rencontrés par les Européens : la sécurité sociale, l’équivalence des diplômes, la portabilité des retraites, les conséquences familiales (divorces, gardes d’enfants, pensions alimentaires…). Parfois il s’agit d’un vide juridique, parfois la législation existe ou n’est pas appliquée, ou le citoyen est mal informé.

De façon plus générale, un constat se dégage : le système communautaire actuel reste basé sur un schéma ancien de la libre circulation des personnes, qui ne concernerait que quelques catégories bien déterminées, et où un citoyen migrerait pour aller travailler ou étudier dans un pays, s’y établir définitivement ou revenir dans son pays d’origine. Or, aujourd’hui, effet de la libération des frontières, tout le monde circule et pour différentes raisons. Du coup, les situations sont beaucoup « diversifiées » et plus complexes. Une personne peut s’établir dans un pays, se marier avec un citoyen d’un autre Etat membre, puis migrer dans un troisième pays, et aller passer sa retraite dans un quatrième… Résultat : de multiples problèmes: entre l’enfant qui se retrouve sans nationalité – car les droits nationaux s’opposent – ou la personne qui se retrouve avec deux ou trois administrations fiscales sur le dos, le simple citoyen a du mal à s’en sortir. D’autres questions se posent pour la qualification des diplômes : les étudiants qui partent en « Erasmus » ne voient pas toujours les semestres effectués à l’étranger, validés pour leur parcours universitaire. Outre ces vides juridiques, la mauvaise transposition ou mauvaise application du droit communautaire cause certains problèmes. Se posent aussi la question de l’information. Le citoyen a tout simplement parfois des difficultés à connaître ses droits, et où s’adresser. Parmi les différentes recommandations et propositions que fait Alain Lamassoure figure donc le renforcement de cette information aux citoyens.
par NGV publié dans : Citoyens, consommateurs, environnement
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Mercredi 28 novembre 2007
 La Commission européenne a suspendu, le 28 novembre, sa procédure d'infraction contre la Belgique qui avait imposé des quotas sur les étudiants étrangers – essentiellement français – dans certaines filières de l’enseignement supérieur (éducateurs spécialisés, logopèdes…). Elle a donné cinq ans au pays pour « fournir des données supplémentaires sur leur situation respective ». « Les (premières) données fournies par la Belgique semblent démontrer qu'à défaut de mesures de sauvegarde appropriées, le risque existe que la Communauté française ne soit pas en mesure de maintenir des niveaux suffisants de couverture territoriale et de qualité dans son système de santé publique » explique la Commission dans son communiqué de presse.
Cette suspension, exceptionnelle, résulte, en fait et surtout, d’un accord négocié au plus haut niveau, entre Chefs d’Etat et de gouvernement, lors du dernier Conseil européen à Lisbonne, au moment de l’accord sur le nouveau Traité européen. L’Autriche, qui se situait dans la même situation que la Belgique, et a obtenu le même traitement, menaçait de bloquer l’accord politique du Traité européen si elle n’obtenait pas un traitement particulier par l’exécutif européen de sa loi sur les universités. La Belgique s’est, alors, engouffrée dans la brèche et obtenu le même traitement que l’Autriche.
La « Communauté française » de Belgique (*) avait, en effet, décidé en juin 2006 d'introduire un quota de 70% d'étudiants ayant leur résidence en Belgique pour neuf disciplines envahies par des étudiants, surtout français. Dans certaines disciplines, 90% des étudiants sont français. Le pays faisait valoir que les étudiants français repartent rapidement, une fois diplômés, pratiquer leur métier dans leur pays d'origine, provoquant une pénurie dans certaines professions sociales et de santé (voir l'avant projet de décret). Saisie de plusieurs plaintes d’étudiants français, la Commission avait entamé une enquête, puis fini par adresser, en janvier 2007 une mise en demeure formelle à la Belgique, estimant que les restrictions imposées enfreignaient le principe communautaire de non-discrimination selon les nationalités.
(*) La Belgique, Etat fédéral, a confié les compétences d’éducation aux trois « Communautés » linguistiques (française, flamande, germanophone) qui sont des entités dotées, chacune d’un gouvernement et d’un Parlement. La « Communauté française » est l’entité chargée de cette politique pour la partie francophone du pays (Wallonie sauf communes germanophones et Bruxelles).
par NGV publié dans : Citoyens, consommateurs, environnement
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Mardi 23 octobre 2007
La Cour de justice européenne a indiqué qu'un Etat ne peut soumettre le versement d'une aide à la formation à une condition d'avoir suivi d'abord des études dans le pays d'origine (arrêt Morgan C-11/06 et C-12/06). Deux étudiantes allemandes étaient allées étudier l'une, la génétique à Bristol (Royaume-Uni); l'autre, l'ergothérapie à Heerlen (Pays-Bas). Ne résidant plus en Allemagne, elles s'étaient vu refuser l'aide à la formation allemande. "Les articles 17 CE et 18 CE s’opposent, à une condition, selon laquelle, pour pouvoir bénéficier des aides à la formation octroyées au titre des études poursuivies dans un État membre autre que celui dont les étudiants qui sollicitent le bénéfice de telles aides sont les ressortissants, ces études doivent être la continuation d’une formation suivie pendant au moins une année sur le territoire de l’État membre d’origine de ces derniers."  (...) "La double obligation, découlant de la condition d’une première phase d’études, est de nature, en raison des inconvénients personnels, des coûts supplémentaires ainsi que des éventuels retards qu’elle implique, à dissuader des citoyens de l’Union de quitter la République fédérale d’Allemagne aux fins d’effectuer des études dans un autre État membre et de faire ainsi usage de leur liberté de circuler et de séjourner dans celui-ci (point 30)".
par NGV publié dans : Citoyens, consommateurs, environnement
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Mercredi 12 septembre 2007
La Commission a décidé, finalement, de ne pas envoyer la France devant la Cour de justice européenne, pour infraction à la législation sur les nitrates dans l'eau (communiqué). Une sévère entorse à ses propres règles ! La Commission s’est, en effet, fixé comme règle de ne pas retirer une affaire quand elle a décidé de demander à la Cour de justice européenne de prononcer une amende ou une astreinte contre un Etat membre. En jouant sur les mots, la Commission a bien décidé la saisine mais n’a pas envoyé la lettre. Elle donne ainsi à la France un précieux sésame. La procédure n’est cependant pas arrêtée. Elle est "suspendue" précise Barbara Helfferich, porte-parole de la Commission. "Le dossier français n’est pas clôturé. Nous examinerons en 2009 si la France est bien rentré dans les normes".
par NGV publié dans : Citoyens, consommateurs, environnement
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Lundi 27 août 2007
On nous l’avait annoncé joyeusement. Dès cet été, les consommateurs pourraient bénéficier d’un tarif réduit pour leurs communications passées à partir de leur portable à l’étranger.

Un mensonge par confusion
La Commission européenne s’en réjouissait bruyamment dans un communiqué publié, début juillet. « Grâce à l'entrée en vigueur, ce 30 juin, du règlement européen sur les tarifs de l'itinérance dans l'UE, les consommateurs européens bénéficieront cet été de tarifs d'itinérance moins lourds ».
Comme dans tous les bons prospectus publicitaires, ce n’est que plus loin, dans un deuxième communiqué, en beaucoup plus petits caractères, qu’on apprenait la subtilité de cette nouveauté. En fait, l’opérateur était tenu dans les 30 jours de proposer le tarif, et dans les 30 jours suivants de l’appliquer aux consommateurs. Autrement dit pas avant le 1er septembre, et donc après les vacances d’été pour le consommateur moyen.

Et les opérateurs de téléphonie ne se sont pas privés d’appliquer, à la lettre, le règlement.
Si on se fie aux informations publiées par la Commission européenne sur son site, dans 15 Etats membres, ce service ne sera opérationnel qu’en septembre (Danemark, Estonie, Finlande, Chypre, Bulgarie, France, Belgique, Grèce, Irlande, Lituanie, Lettonie, Pays-Bas, Roumanie, Suède, Slovaquie). Dans 7 autres pays (Autriche, République tchèque, Espagne, Hongrie, Malte, Pologne, Royaume-Uni) un seul opérateur proposait le tarif au milieu de l’été — 3 en Italie.

Un règlement applicable à l'automne plutot qu'à l'été
En fait, il n’y a que quatre opérateurs sur la centaine que compte l’Europe — T Mobile en Allemagne et Luxembourg Gsm  dans le Grand-Duché, P4 en Pologne et Optimus au Portugal à appliquer ce tarif aux consommateurs – qui l’on demandé - début juillet. Des opérateurs très minoritaires.
La Commission n’en démord pas moins de son optimisme. Selon le porte-parole de la Commission, la moitié des consommateurs ont pu bénéficié de l’Eurotarif durant l’été, dans 23 pays.
Quand on confond « communication » et « information », la tromperie sur la marchandise n'est pas loin ! Il aurait peut -être été plus exact de dire aux consommateurs que le règlement était applicable à l'automne...
par NGV publié dans : Citoyens, consommateurs, environnement
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Mercredi 21 mars 2007
La France a traîné jusqu'au dernier moment
L’ardoise est désormais connue. La France risque 28 millions d’euros d’amende, au minimum, et une astreinte de 117 882 euros par jour si elle ne s’engage pas rapidement et concrètement à faire revenir ses eaux bretonnes au-dessous de la norme nitrates. Bonne mère, la Commission européenne a cependant fait un petit cadeau, de dernière minute, à la France, en lui donnant un délai supplémentaire de trois mois. Un délai qui tombe pile au lendemain des législatives ! Hasard ? Le contexte électoral n’a pas du tout joué, explique-t-on officiellement « Nous avons tenu compte des dernières initiatives annoncées, qui sont encourageantes. Maintenant il faut voir les détails et les modalités » assure Stavros Dimas, le commissaire à l’Environnement. Personne n’est dupe cependant.
Mettre 11 sites en conformité en quelques mois
Si la Commission a en effet reçu, au tout dernier moment, le 13 mars exactement, des Français un « dossier étayé », il était déjà « tard » assure un spécialiste du dossier. Pour analyser ce qui est « une vraie bible, avec un éventail de mesures par bassin versant, il nous faut un peu de temps ». D’autant que plusieurs points de divergence opposent encore les experts européens et français. A commencer par le nombre de rivières en cause : 11 selon Bruxelles (Urne, Aber Wrac’h, Guindy, Les Echelles, Ic, Bizien, Horn, Leff à Lannebert et à Yvias, Gouessant, Arguenon), 9 selon Paris. L’aspect volontaire des mesures, notamment en matière de réduction des cheptels, laisse aussi sceptique à la Commission. De même que le calendrier trop souple.
Le pack français a joué mais n'a pas marqué l'essai
Mais, bien évidemment, c’est surtout le contexte électoral qui a joué. Outre les contacts à tout niveau — diplomates, députés européens, lobbys, tout le monde s’y est mis — un entretien téléphonique a eu lieu au plus haut niveau, entre Dominique de Villepin, Jacques Chirac et le président de la Commission, José-Manuel Barroso, mardi soir ou mercredi matin. « Un peu tard en fait », commente un homme du sérail européen, « nous avions déjà trouvé un compromis » entre commissaires. « Tout dépendra maintenant de la bonne volonté française. Les services en préfecture vont devoir préparer toutes les mesures et le nouveau gouvernement doit être prêt à les avaliser, immédiatement après sa nomination». Sinon les juges seront saisis. « Le commissaire Dimas a toute latitude pour décider de poursuivre ou non la procédure. Il peut appuyer sur le bouton à tout moment » explique un de ses proches.
Epée de Damoclès
Et personne du coté français n’ose parier sur la tendresse des juges à l’égard d’un Etat fondateur qui aura mis près de 20 ans à se mettre en conformité…
par NGV publié dans : Citoyens, consommateurs, environnement
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