L'auteur

• Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste. Diplôme de droit public et de droit européen (Paris I Panthéon-Sorbonne). Correspondant "Affaires européennes" pour Ouest-France (1er quotidien français, 800 000 exempl.) et collaborateur à Europolitique (agence de presse européenne). Des articles dans la presse, des ouvrages pratiques : "temps de travail", "comité d'entreprise" (Ed. Partenaires - Ministère du Travail), "représentation du personnel dans les entreprises" (Ed. Dalian/Wolter Kluwer), et un travail plus académique - "les règles de concurrence face aux règles sociales", 1996. Pour mon second centre d'intérêt : l'Europe de la Défense (voir Bruxelles2).

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recommander

Ni leurre ni sinécure, l'Europe (et l'Europe sociale) s'élaborent, jour après jour, non sans difficultés !
Bruits de couloirs, discussions informelles, projets et contre-projets, histoire(s), contexte, texte(s), décryptages...  ce blog entend se faire l'écho de ce qui "bouge" à Bruxelles (Commission), Strasbourg (Parlement), Luxembourg (Cour de justice). Conditions de travail, Sécurité sociale, Service public, droits fondamentaux, citoyens, traité de Lisbonne...
Pour rester informé des dernières nouveautés de ce blog, inscrivez-vous à la newsletter

Droit du travail

Cinq années de négociation pour une nouvelle directive sur le temps sur le travail pour aboutir à la case départ. Alors échec ou succès. Selon moi, c'est un échec. Un échec de l'Europe de n'avoir pas su accorder un peu de considération aux travailleurs. Car il est un fait incontestable : la préservation de la santé et de la sécurité des travailleurs qui est l'objectif primaire de cette directive n'a pas vraiment été pris en compte par la plupart des négociateurs de cette réforme. Mais ce n'est pas un échec pour le Parlement européen.

La Commission antisociale. Les gouvernements (aidé par la Commission Barroso) qui refusaient de mettre une date limite à l'opt-out - dérogation à la limite hebdomadaire sur le temps de travail - qui permet de travailler jusqu'à 78 heures semaine - ne peuvent pas arguer de l'objectif de la directive. De même, la Commission en défendant mordicus la position des Etats membres de ne pas décompter les heures (passives) de garde au travail a légèrement oublié son rôle de gardienne des Traités pour s'avilir dans le rôle de gentil secrétaire des quatre volontés des Etats membres. Car la Cour de justice des CE a rappelé, à près d'une dizaine de reprises, sa position : on doit décompter toutes les heures de garde dans le temps de travail. En passant par-dessus la position permanente des juges, la Commission adoptait une position très politicienne plutôt que juridique.


Un succès pour le Parlement européen. Celui-ci a pu imposer sa volonté face à la plupart des gouvernements et à la Commission. Ce grâce à une large majorité qui rassemblait au-delà de la gauche, les démocrates et les réformateurs de droite. Ce qui est assez exceptionnel sur un sujet social. On peut dire que la campagne électorale arrivant a été un bon aiguillon dans cette position, radicale. Mais le Parlement européen a eu raison de s'arque-bouter sur deux principes - qui correspondent non seulement à l'intérêt des salariés mais à l'objectif européen de départ : 1) toutes les heures de garde doivent être décomptées dans le temps de travail ; 2) il faudra bien, un moment, abolir ou du moins beaucoup plus sévèrement encadrer l'opt-out (d'ailleurs les concepteurs de cette dérogation au moment de la négociation de la première directive sur le temps de travail, dans les années 1990, avaient bien conçu cette dérogation comme de durée temporaire, nécessaire pour rallier le Royaume-Uni à la législation européenne et lui donner le temps d'adapter sa législation). 15 ans après c'est le contraire qui se voulait se passer.

Et maintenant que se passe-t-il ?
On reste à la directive sur le temps de travail de 1993 - revue 2003 - telle qu'interprétée par la Cour de justice des CE. C'est-à-dire :
1) toutes les heures de garde doivent être décomptées dans le temps de travail ; 2) l'opt-out est conservé. Est-ce vraiment aussi dangereux que la Commission européenne le prétend, estimant les Etats qui le voudront pourront utiliser l'opt-out pour contourner la jurisprudence de la Cour de justice des CE, et que cela va développer la précarité pour les travailleurs. Je ne le crois pas pour plusieurs raisons, juridique et politique. 1° L'opt-out, en bonne interprétation juridique, devrait être, comme toute dérogation, strictement interprété et son usage limité, ce d'autant que l'objectif de la directive reste la santé et la sécurité. La Cour pourrait ainsi conduire à limiter strictement cet opt-out. Et la Commission pourrait être conduite à traîner devant les Etats qui abusent de l'opt-out devant la Cour de justice des CE. 2° Sur le temps de garde, la Commission va être obligée de traduire devant la Cour tous les Etats qui sont en infraction (en gros quasiment tous les Etats). Ce qui va amener la Cour à repréciser la jurisprudence. Et Les Cours nationales vont pouvoir appliquer sans coup férir la jurisprudence de la Cour sur les temps de garde. Ce qui va changer le rapport des forces entre les employeurs (publics souvent) et les travailleurs.
Publié dans : Droit du travail - Par Nicolas Gros-Verheyde
Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /2009 20:02
- Recommander
(article paru dans Ouest-France) Contrairement à une certaine idée reçue, véhiculée notamment par Nicolas Sarkozy, il y a peu de magasins belges ouverts le dimanche.

 


À chaque fois qu'il le peut, Nicolas Sarkozy prend en exemple la Belgique, pays où, selon lui, « le dimanche, tous les magasins sont ouverts ». Le président de la République française paraît mal informé. Car, en Belgique, le principe est plutôt de fermer les magasins, « le jour du Seigneur ».

Remettre en cause cette règle « serait absolument intolérable », assure-t-on d'ailleurs à la FGTB, le syndicat socialiste (1,3 million de syndiqués) comme à la CSC, le syndicat chrétien (1,6 million de syndiqués).

L'enseigne Carrefour, qui voulait ouvrir ses hypermarchés le dimanche, vient d'en faire l'expérience. Après plusieurs semaines de conflit et de grève, elle n'a obtenu l'ouverture que d'un magasin, à Bruges, sous certaines conditions : semaine à 35 heures, prime pour les salariés travaillant après 18 h, salaire double le dimanche.


« En fait, la législation belge est très semblable à la législation française », explique un syndicaliste. Les dérogations existent, mais de façon limitée. Chaque magasin peut ouvrir quelques dimanches par an, de façon exceptionnelle. L'ouverture tous les dimanches est réservée aux zones touristiques ou aux petits magasins de quartier.


Cette interdiction est bien respectée. Les magasins ouverts traditionnellement le dimanche, comme les boulangeries, ferment d'ailleurs très tôt, vers 13 h ou 16 h au plus tard. Le « pakistanais du coin » demeure ainsi l'échoppe préférée du Bruxellois, le week-end, comme le sont les magasins de chocolat et les boutiques de luxe, à proximité de la Grand-place, pour les touristes !

Publié dans : Droit du travail - Par NGV
Samedi 20 décembre 2008 6 20 /12 /2008 10:58
- Recommander
Le Danemark ouvrira son marché du travail aux ressortissants des nouveaux pays de l’Union européenne à partir du mois de mai prochain. Une déclaration du ministère danois du Travail et qui répond à un des objectifs de la présidence tchèque. Au mois de mai, il ne restera donc que trois pays de l’Union européenne qui limiteront les possibilités de travail des ressortissants tchèques sur leur territoire – l’Allemagne, l’Autriche et la Belgique. Cette dernière ayant déjà partiellement ouvert son marché du travail a déjà laissé entendre qu’elle envisageait de suivre l’exemple du Danemark.
Publié dans : Droit du travail - Par NGV
Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /2008 21:39
- Recommander
En adoptant la directive "travail temporaire" sans voter d'amendements, à une très large majorité, la commission de l'Emploi du Parlement européen a passé un signal clair aux Etats membres. On ne peut "violer" la volonté démocratique.

En refusant de tenir compte des amendements majeurs du Parlement sur la directive temps de travail (considération du temps de garde comme temps de travail, limitation des dérogations au temps de travail), puis en liant deux dossiers qui n'avaient rien à voir l'un à l'autre (intérim et temps de travail), sinon de permettre à certains Etats d'accepter un dossier ou l'autre, les 27 Ministres du Travail de l'UE (lire la bataille de Trafalgar *) avait coincé le Parlement européen, sous une forme d'ultimatum : le texte "intérim" vous apporte satisfaction, acceptez aussi le texte sur le temps de travail, c'est un paquet global, indéfaisable.

Le jeu dangereux du Conseil, à double titre.

- Il contourne la représentation démocratique, viole ainsi l'équilibre voulu par le Traité  entre les deux branches du pouvoir législatif (Parlement = représentation des citoyens, Conseil de l'UE = représentation des Etats) et mine le contrôle juridictionnel (il faut rappeler en effet que le but essentiel de cette directive était de venir rétablir la position des Etats membres qui avait été jugée contraire au droit communautaire, à plusieurs reprises, par la Cour de justice).

- Les Etats membres sont en effet intervenus davantage dans ce dossier comme partie prenante (le temps de garde concerne essentiellement le secteur public, et l'Etat ou les pouvoirs publics comme employeur), que comme législateur. Leur objectif n'était pas d'améliorer la législation, ou la situation sociale des salariés ou agents publics, mais tout simplement d'assurer la pérénité de leur budget annuel. En gros un objectif budgétaire (certes salutaire) mais bien loin de l'objectif premier de la directive : la santé et la sécurité des travailleurs. Il s'agissait ni plus ni moins d'un détournement de procédure (du moins comme pourrait le qualifier les juristes).

La représentation démocratique doit pouvoir exercer son rôle

Le Parlement européen (il faut encore attendre le vote en plénière, prévu à la prochaine session d'octobre, à Strasbourg) a désormais une carte majeure en main. S'il adopte sans amendements la directive sur le travail temporaire, il entérine son adoption définitive, sans autre lecture (le texte est adopté dès que les deux branches du pouvoir législatif en Europe, Parlement et Conseil, sont d'accord).

Et il retrouve ainsi des marges de manoeuvre pour "négocier" réellement sur la directive temps de travail. Le lien entre les deux textes n'a - en effet - qu'une valeur politique, et encore qui n'engage que les Etats membres du Conseil ("les promesses n'engagent que ceux qui y croient" pourrait-on paraphraser"). Et m'est avis que plusieurs Etats membres (et non des moindres...), mezzo vocce bien entendu, ne seraient somme toute pas mécontents de cette (re)prise de pouvoir par le Parlement. 

Au-delà du texte en jeu, il s'agit donc d'un enjeu majeur pour le Parlement européen, qui devra prouver sa capacité à pouvoir négocier d'égal à égal avec les Etats. Un test démocratique également...

La bataille du temps de travail n'est donc pas terminée !

(*) Pour rester dans l'histoire, rappelez-vous que Nelson est mort d'une mitraille lors de cette fameuse bataille. N'y voyez aucun signe pour le pays concerné...
Publié dans : Droit du travail - Par NGV
Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /2008 09:39
- Recommander
C'est assez peu courant que la Commission européenne propose une nouvelle norme sociale minimale qu'il ne faut pas mégoter.
Même si cette proposition (18 semaines de congé minimal contre 14 dans la législation existante) est en retrait par rapport à ce que demandait le comité consultatif (24 semaines) ou les premiers projets initiaux (20 semaines).
Même si certaines dispositions (sur la conciliation vie familiale - vie professionnelle, on est passé d'un droit pour les femmes à une possibilité renforcée d'avoir un aménagement d'horaires).
Même si la protection des femmes durant le licenciement n'est pas autant assurée que l'apparence (on donne simplement un droit de demander les motifs du licenciement pour la jeune mère licenciée à son retour de congé maternité)...
... C'est toujours mieux que rien !

D'autant plus que dans nombre d'Etats membres, la situation n'est pas aussi rose qu'on veut bien le dire. Et la Commission se fait un plaisir de le rappeler. Les Etats - soit-disant apôtres de l'Europe sociale - l'Espagne, la Belgique, la France, l'Allemagne - sont aussi ceux qui ont la plus basse durée légale du congé maternité. En dessous donc de la nouvelle prochaine future norme, ils vont devoir changer la législation - "à cause" de l'Europe -:)

Alors ne boudons pas notre plaisir...

Pour lire l'article paru aujourd'hui dans Ouest-France
http://www.ouest-france.fr/Bonne-nouvelle-pour-les-mamans-l-Europe-allonge-les-conges-de-maternite-/re/actuDet/actu_3631-715230------_actu.html
Publié dans : Droit du travail - Par NGV
Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /2008 10:50
- Recommander
Le Conseil des Ministres des Affaires européennes a approuvé (en point A, sans débats), sa position commune sur les deux directives "temps de travail" et "intérim", débattues en Conseil des ministres du Travail et des Affaires sociales, de juin. Cette adoption "formelle" était nécessaire après le débat politique.

Sur le temps de travail
, la directive est passé au "ras des fesses" : 263 voix sur 345 (alors le seuil de la majorité est fixé à 255 ). Finalement - contrairement aux débats publics du Conseil et à ce qu'affirmait le ministre français du travail il y a quelques jours - deux Etats ont voté contre (l'Espagne et la Grèce) ; cinq se sont abtenus (la Belgique, Chypre, la Hongrie, Malte, le Portugal). Tous ces pays (sauf Malte) estimaient que le texte adopté ne respectait pas vraiment les droits des travailleurs (pour l'explication de vote, télécharger ici). Concrètement, un vote "contre" et un vote "abstention" valent la même chose (car on ne prend en compte que les votes "pour") mais la symbolique est différente. Les autres pays (notamment le Royaume-Uni et la France) ont voté pour.
- Pour télécharger le texte du compromis - les motifs, cliquez sur le bon !

Sur le travail temporaire (intérim), la directive est passée plus largement : 4 se sont abstenus (Belgique, Hongrie, Malte, Portugal). Malte pour une raison contraire aux trois autres.
- Pour télécharger le texte du compromis - les motifs
Publié dans : Droit du travail - Par NGV
Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /2008 17:30
- Recommander
La Cour de justice des Communautés européennes (CJCE), dans un arrêt rendu le 17 juillet, affirme que le droit communautaire protège un employé ayant subi une discrimination au travail fondée sur le handicap de son enfant.
Mme Coleman travaillait pour un cabinet d’avocat de Londres en qualité d’assistante juridique (Coleman c/ Attridge law, aff. C-303/06).

En janvier 2001, Me Coleman donne naissance à un enfant handicapé, atteint de laringomalacie congénitale dont l’état de santé exige des soins particuliers. A son retour de maternité, elle subit des pressions et finit par démissionner. Mais estime qu’il s’agit en fait d’un licenciement. Elle fait valoir que les employeurs l’ont traitée de façon moins favorable que les employés qui n’avaient pas d’enfants handicapés. Comme exemple d’actes discriminatoires, elle rapporte notamment : le refus de ses employeurs de lui permettre de reprendre son ancien travail à son retour du congé de maternité, le refus d’horaires aménagés, et des commentaires hostiles et insultants.

Pour la Cour de justice, « l’interdiction de discrimination directe que prévoit la directive  n’est pas limitée aux seules personnes handicapées. Ainsi lorsqu’un employeur traite un employé, n’ayant pas lui-même un handicap, de manière moins favorable qu’un autre employé dans une situation comparable et qu’il est prouvé que le traitement défavorable dont cet employé est victime est fondé sur le handicap de son enfant, auquel il dispense l’essentiel des soins dont celui-ci a besoin, un tel traitement est contraire à l’interdiction de discrimination directe énoncée par la directive ».
En conséquence, elle estime que si des faits discriminatoires sont prouvés, une indemnisation doit être versée au parent d’enfant handicapé qui a dû démissionner pour pourvoir à l’éducation de l’enfant.

(Article paru dans une première version dans Actualités sociales hebdomadaires - © ASH/AC)


Publié dans : Droit du travail - Par AC
Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /2008 08:19
- Recommander
Trouver les différents textes du paquet social relève du parcours du combattant, tous n'ont pas encore été traduits en français, donc quelques pistes (je mets à jour, au fur et à mesure, donc patience!) :

Les textes (en anglais, en français)
• proposition de directive sur les soins transfrontières - (version anglaise)
• proposition de directive sur les comités d'entreprise européens - (version anglaise)
• proposition de directive sur les discriminations dans les biens et services - (version anglaise)
• proposition de directive sur le travail maritime - (version anglaise)
• projet de recommandation sur la Mobilité des jeunes volontaires - (version anglaise)
• règlement sur les aides à l'emploi, la formation, la recherche - (version anglaise - résumé)
• proposition de directive sur les taux réduits de TVA - secteurs à forte intensité de main d'oeuvre - (version anglaise)

Les communications
Agenda social rénové - (version anglaise) étude d'impact (français)
- rapport sur les Services sociaux d’intérêt général (version anglaise)
• communication sur les discriminations et l'égalité des chances (version anglaise)
• communication sur les soins transfrontières
• communication sur l'Inclusion sociale des roms - (version anglaise)
• Livre vert sur la scolarisation des immigrés (version anglaise) + document de travail
• Compétences sur l'école du XXIe siècle, programme de coopération scolaire (version anglaise)
• consultation sur l'accessibilité du web aux handicapés (version anglaise)
• communication sur un travail décent pour tous (version anglaise)
- document de travail sur les dépenses sociales (version anglaise)

Rapports d'applications
Fonds européen de mondialisation - premier bilan du règlement de 2006 (version anglaise)
Télétravail - bilan de l'accord entre partenaires sociaux de 2002 (version anglaise)
Restructurations et emploi - (version anglaise)
• Egalité en matière d'emploi, bilan de la directive - (version anglaise)
Protection sociale et l'inclusion sociale, renforcement de la méthode ouverte de coordination (version anglaise) - résumé de l'étude d'impact (en francais)
• Accords dans les entreprises transnationales - (version anglaise)
• Premier bilan du dispositif Europass - formation professionnelle - (version anglaise)
• Progrès dans l'e-accessibilité, étude - (version anglaise)

Sondages Eurobaromètre
• enquête sur la réalité sociale dans 20 ans  (étude analytique)
• enquête sur les discriminations (résumé, fiche France)

Autres liens:
page Agenda social rénové de la DG Emploi (Commission européenne)
page Education / Formation de la DG Education (Commission européenne)
page TVA de la DG Fiscalité (Commission européenne)
site Eurobaromètre
Publié dans : Droit du travail - Par NGV
Mercredi 9 juillet 2008 3 09 /07 /2008 09:21
- Recommander
(article paru dans Europolitique, juin 2008)

Rencontre avec Xavier Bertrand, ministre français du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, pour un entretien de quelques minutes avant la présidence française de l'UE…

L’audition au Parlement européen a été sportive, vive. Vous avez apprécié ?
J’aime beaucoup ces échanges directs. Cela permet de discuter franchement. Et j’ai bien l’intention de revenir vite, avant décembre.

Le temps de travail préoccupe les eurodéputés, vous vous en êtes rendus compte. Qu’est-ce que vous pourriez proposer ?
Je suis disponible. J’essaie aussi de montrer qu’objectivement il y a eu des avancées. Certes je reconnais que ce n’est pas ce que souhaitaient les parlementaires ni d’ailleurs ce que souhaitait la France. Mais il n’y a pas de majorité qualifiée au Conseil pour aller dans un autre sens. Il faut donc en être conscient. Maintenant je sais très bien qu’un accord en Conseil c’est bien, mais qu’un accord voté par le Parlement c’est mieux. il faut donc rechercher un nouveau compromis. Il y a des différences, mais je n’ai pas le sentiment qu’elles sont insurmontables. Je ne suis pas sûr qu’on ait des clivages aussi partisans.

Quels sont les termes du compromis ?
Ce que j’ai expliqué aux parlementaires. Je souhaite, avant tout, éviter une conciliation. Je demande donc au Parlement de bien considérer certains éléments. Il y a « urgence pour certains Etats de régler le problème du temps de garde ». Le compromis slovène comporte des avancées pour les travailleurs. Et il n’y a pas de majorité au Conseil pour supprimer l’opt-out qui existe sans limitation depuis 1993. Sur la clause de révision de l’opt-out, nous devons donc aboutir sans faire de vainqueurs ni de vaincus car, objectivement, le rapport de force ne le permet pas. Le compromis permet la révision de la directive dans 5 ans. Tout reste donc ouvert. C’est pourquoi j’appelle à une trêve sur l’opt-out.

Mais le temps de garde c’est un recul ?
L’objectif du Conseil est souvent mal compris. Il ne s’agit pas de remettre en cause les droits acquis des travailleurs mais de permettre de sauvegarder les équilibres existant déjà dans certains Etats membres. Pas plus, pas moins.

Vous semblez résolus à avancer aussi sur le détachement des travailleurs. C’est nouveau ?
La jurisprudence récente de la Cour de justice inquiète en effet de nombreux acteurs. Je veux qu’on porte ce débat. J’ai posé la question aux Etats concernés. Il y a certes des avis différents. Mais on sent bien l’inquiétude, que cela développe des pratiques qui  ne sont pas acceptées, dans peu d’Etats, du dumping social en clair. Le cadre européen a besoin d’être précisé. Mais je ne suis pas sûr que nous ayons besoin d’une nouvelle législation. Je crois davantage à un éclairage qu’à de nouvelles normes. Car, le bénéfice du doute profite rarement au salarié. Il faut une réflexion européenne pour le cadre européen des travailleurs. Les arrêts sont là. La cour de justice est très présente. Mais c’est aussi car nous législateurs n’avons pas été présents. Il est temps maintenant d’agir. C’est aussi de la responsabilité des Etats.

La réflexion dans quel sens ?
J’attends une « position rapide » des partenaires sociaux. Je veux aussi une analyse détaillée de la Commission.

La Commission a déjà produit des communications cependant, celan ne vous suffit pas ?
J’ai dit : une analyse « détaillée ».

L’eurodéputé Alain Lamassoure vient de rendre à Nicolas Sarkozy un rapport sur l’Europe des citoyens. Vous n’avez pas sans doute pu tout lire dans le détail, mais qu’en pensez-vous de façon générale ?
Je partage l’analyse d’Alain Lamassoure : l’Europe parle au consommateur, au voyageur, il faut qu’elle parle davantage aux travailleurs. Il faut la rendre concrète.

Cela veut-il dire que vous comptez vous en servir durant votre présidence ?
Oui. Ce rapport va nourrir sans nul doute la feuille de route de la présidence, et surtout l’agenda social rénové qui sera présenté par la Commission dans quelques jours.
Publié dans : Droit du travail - Par Nicolas Gros-Verheyde
Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /2008 09:43
- Recommander
La présentation par Xavier Bertrand, le ministre français du Travail à la Commission Emploi du Parlement européen, des priorités françaises a tourné au débat... sur le temps de travail.

Une heure de questions réponses, où le Français ne s'en est pas trop mal tiré. Face aux différentes questions, directes, des députés, notamment du rapporteur, le socialiste espagnol Alejandro Cercas. En tout cas mieux que Marjeta Cotman, son homologue slovène, totalement étrillée par la commission.

La suite à suivre...

© Photo NGV - "Xavier Bertrand et Alejandro Cercas continuent le débat après la séance"


Voici déjà un premier article publié dans Ouest-France:
http://www.ouest-france.fr/-Pas-de-progres-sans-Europe-sociale-/re/actuDet/actu_3635-653653------_actu.html



Publié dans : Droit du travail - Par NGV
Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /2008 07:45
- Recommander

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés