L'auteur

Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste. Correspondant sur les affaires européennes pour le quotidien Ouest-France et collaborateur à Europolitique (agence de presse) sur les secteurs "social", "défense-sécurité" (voir autre blog stratégie) et "Traité". Je m'occupe aussi - pour varier les plaisirs! - d'actualité musicale... (RFi Musique) et de la formule weekend d'Europolitique. Spécialisé au fil des ans sur les questions sociales et l'Europe, ce blog est la réunion de ces deux intérêts. Depuis 1989, j'ai travaillé pour différents journaux (Le quotidien de Paris, La Tribune, France-Soir... voir les articles), réalisé quelques travaux plus académiques (mémoire sur "les règles de concurrence face aux règles sociales", 1996) et publié des ouvrages et publications, juridique-pratique : "temps de travail", "comité d'entreprise", "formation professionnelle" ...(Ed. Partenaires/Ministère du Travail), "représentation du personnel dans les entreprises" (Ed. Dalian/Wolter Kluwer) et même un "Guide du service national" (Ed. Puits Fleury, 1998). Pour m'écrire

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Texte Libre

Ni leurre ni sinécure, l'Europe (et l'Europe sociale) s'élaborent, jour après jour, non sans difficultés !
Bruits de couloirs, discussions informelles, projets et contre-projets, histoire(s), contexte, texte(s), décryptages...  ce blog entend se faire l'écho de ce qui "bouge" à Bruxelles (Commission), Strasbourg (Parlement), Luxembourg (Cour de justice). Conditions de travail, Sécurité sociale, Service public, droits fondamentaux, citoyens, traité de Lisbonne...

Jeudi 26 juin 2008
La présentation par Xavier Bertrand, le ministre français du Travail à la Commission Emploi du Parlement européen, des priorités françaises a tourné au débat... sur le temps de travail.

Une heure de questions réponses, où le Français ne s'en est pas trop mal tiré. Face aux différentes questions, directes, des députés, notamment du rapporteur, le socialiste espagnol Alejandro Cercas. En tout cas mieux que Marjeta Cotman, son homologue slovène, totalement étrillée par la commission.

La suite à suivre...

© Photo NGV - "Xavier Bertrand et Alejandro Cercas continuent le débat après la séance"


Voici déjà un premier article publié dans Ouest-France:
http://www.ouest-france.fr/-Pas-de-progres-sans-Europe-sociale-/re/actuDet/actu_3635-653653------_actu.html



par NGV publié dans : Droit du travail
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Mercredi 25 juin 2008
L’accord atteint, le 9 juin, au Conseil des Ministres du Travail sur la modification de la directive "aménagement du temps de travail" est-il parfaitement conforme au Traité des CE ? On peut légitimement en douter.

La directive sur le temps de travail est, en effet, fondée sur l’article 137 du Traité qui prévoit « l’amélioration du milieu de travail pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs ». Une disposition que la Cour de justice européenne a déjà, fort justement, interprétée comme imposant d’une part de respecter des temps de repos, d’autre part d’avoir une définition stricte du temps de travail. En innovant, avec un un nouveau « temps de travail inactif » pour les périodes de garde passées au travail et en permettant aux partenaires sociaux de déroger aux périodes de repos, les 27 pourraient ne pas avoir vraiment respecté l’esprit, voire la lettre, du Traité.

La jurisprudence était pourtant claire et compréhensible. Pour une fois, pourrait-on dire! Cette querelle n'est pas que juridique. Sur les principes, ce compromis est aussi choquant. D’ordinaire, la Commission entérine la jurisprudence, et adapte sa législation, au moins en partie. Cette fois, c’est le contraire. Les Etats – aidés de la Commission - ont choisi de contourner la jurisprudence pour une raison basique : considérer le temps de garde comme temps de travail coûte... trop cher. On est loin des grands principes... et plus près du tiroir caisse !
par NGV publié dans : Droit du travail
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Lundi 9 juin 2008
23h50 ... Ca y est. Un diplomate de haut rang qui apparait dans la salle de presse, sourire aux lèvres. "N'allez pas vous coucher. Il y a un accord. Nous partons relire la dernière version de compromis. Et après il y a une conférence de presse de la présidence. Ce n'est plus qu'une question de minutes maintenant". Les termes seront connus plus tard. Mais on respire... Depuis 18 heures et la distribution d'une proposition de compromis, l'incertitude régnait, certains ministres sont repartis (l'aéroport luxembourgeois ferme à 23h). Pour ceux qui restent, c'est le choix entre le bar, l'hotel ou le travail en salle de délégation. Une série de bilatérales - entre les Britanniques et le club des 6 essentiellement, mais aussi avec la présidence et la Commission - ont permis de débloquer le sac de noeud... (et accessoirement de tenir jusqu'à minuit).

0h30 - le débat public (prévu à l'origine à 15h30!) se tient, c'est rapide. Le club des "Social lovers" s'est réduit à cinq (Espagne, Belgique, Hongrie, Grèce, Chypre) rejoint par le Portugal. Ils continuent de s'opposer à la directive. Mais ont décidé de le faire de la manière la plus douce possible : en s'abstenant (ce qui a la même signification juridique que l'opposition mais a un autre poids politique, il évite de cristalliser les oppositions). Ils font néanmoins une déclaration demandant au Parlement européen d'amender le texte... Le combat continue !  Malte s'abtient aussi mais pour des raisons contraires.

Le Luxembourg, l'italie, la Slovénie mais surtout la France, en fait, votent en faveur de la directive et ont fait basculer la majorité. La présidence n'a plus qu'à constater que le compte y est, à quelques cheveux près... qui sont français. Le texte est approuvé. Quant au texte sur le travail intérimaire, il est voté quasi-unanimement (abstention de Malte et de la Belgique). "C'est le déjeuner le plus long de l'histoire" déclare avec humour le ministre néerlandais.

par NGV publié dans : Droit du travail
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Lundi 9 juin 2008
Dans ce hall de foire d'exposition de Luxembourg où loge temporairement (depuis déjà plusieurs années), le Conseil des Ministres de l'UE - en attendant qu'un nouveau bâtiment soit construit - l'attente continue. Les hostilités ont démarré au lunch pour constater qu'il y avait un désaccord sur l'accord. Mais que tout le monde était néanmoins disposé à en finir avec ces deux textes (temps de travail, intérim) qui traînent sur la table des Ministres depuis près de six ans pour le premier (4 ans pour le deuxième).

Il semble bien que l'objectif soit d'arriver à un accord. Mais pas tout de suite. Afin de montrer qu'il n'est pas facile d'y arriver. Les Français sont en effet bien décidés à en finir avec ce dossier avant leur présidence (le 1er juillet). Mais il importe aussi d'éviter que le sujet du temps de travail, ultra-sensible en France, ne provoque une levée de titres dans les journaux type "la France baisse la garde". Alors le premier impératif est d'obtenir des (petites) avancées (pour permettre de se glorifier du travail accompli), les plus compliquées possibles (pour permettre toutes les explications) et le plus tard possible (après le match de football par exemple, pour éviter des titres trop nocifs dans les journaux français). D'ailleurs un des représentants à cette réunion a expliqué doctement : "pas de solution avant la mi temps du Pays-Bas / Italie (21h). Et un autre a précisé. La France veut voir son sujet évacuer de la table des Ministres avant sa présidence. Résultat, le débat public prévu à l'origine vers 15h30 est repoussé d'heure en heure. Et les journalistes (et les conseillers presse) tournent en rond.

Après le lunch, les Slovènes sont partis
- avec la Commission européenne - rédiger une proposition d'amendements. En attendant, on continue de discuter. Plusieurs points bloquent dans la discussion : notamment la possibilité de déroger à l'encadrement individuel pour les petits contrats (moins de 4 mois, selon le compromis initial ; moins de 3 mois selon le compromis suivant). Le camp des "Social lovers" - prêt à défendre l'Europe sociale - a fondu comme neige au soleil. Le Portugal, l'Italie, la Slovénie sont prêts à un compromis. Il ne reste plus qu'un ilot de résistance entre l'Espagne, la Belgique, le Luxembourg, la France, la Grèce, Chypre et la Hongrie. Et encore les esprits sont las. Certains - Luxembourg, France, ...- estiment qu'il est temps de tourner la page et de passer à l'étape suivante. "Il faut débloquer ces sujets de la table du Conseil" souligne un Conseiller

Certes l'Espagne reste farouchement contre. Celestino Corbacho, le ministre Espagnol du travail, est venu s'exprimer devant les caméras : c'est une "régression sociale" lâche-t-il, particulièrement vitriolant. "Nous allons plutôt vers une Europe du 19e siècle que du 21e siècle. (...) L'Europe ce n'est pas seulement un espace économique, ou un espace de flexibilité. Ce doit être aussi un espace de valeurs". Joëlle Milquet pour la Belgique, ne dit pas moins. "Quand on voit que la Convention sur la durée du travail fixait à 48 heures par semaine en ... 1921 ! Et qu'on en est là à discuter de 60 ou 65 heures par semaine. Ce n'est pas une avancée sociale. C'est évident."

A 18 h un document est distribué aux Ministres (et à eux seuls, le nombre de copies a été limité pour éviter les fuites. Une lecture en commun permet de préciser certaines divergences. Puis une série de bilatérales s'ensuivent. Le débat public est dorénavant annoncé pour 20h15 (il est 21h !). Mais l'optismisme reste de rigueur. Simplement pour éviter que les oppositions se cristallisent, on va éviter de provoquer un vote. "La présidence peut simplement constater qu'il y a un accord, sans demander un vote".

Un accord au Conseil a un avantage net : il redonne la balle... au Parlement européen. Qui s'est déjà prononcé à plusieurs reprises pour des avancées sociales plus nettes (suppression de l'opt-out individuel à terme ou encadrement très fort, décompte des heures de travail inactives - les heures de garde - comme temps de travail....). Un mauvais accord vaut mieux que pas d'accord car il va permettre d'avancer sur l'Europe sociale. Paradoxal, certes, mais réaliste. Le club des 6 compte d'ailleurs publier une déclaration demandant au ... Parlement de réagir !


© Photo Thierry Monasse - un conseiller slovène et un conseiller britannique.

par NGV publié dans : Droit du travail
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Lundi 9 juin 2008
Les 27 Ministres européens du Travail tentent, ce lundi à Luxembourg (*), d’arriver à un accord sur deux sujets polémiques : l’aménagement du temps de travail et le « travail temporaire » suivant un projet de compromis travaillé par la Commission européenne et proposé par la présidence (le texte du compromis, ici : temps de travail, intérim)

Sur le temps de travail : on recule. La proposition – débattue depuis six ans - modifie une directive de 1993 sur deux points. 1° Elle crée un « temps de travail inactif ». Les heures de garde très utilisées dans les hôpitaux, maisons de retraite ou sociétés de gardiennage… ne seraient ainsi plus décomptées comme temps de travail. Sauf si une loi ou les partenaires sociaux au niveau national décident le contraire. 2° L’accord du salarié pour travailler au-delà de la limite maximale de travail sera plus encadré. Cet « opt-out » individuel, très utilisé au Royaume-Uni, permet d’aller jusqu’à 78 heures par semaine (avec une moyenne de 60 ou 65 heures sur trois mois)

Sur l'intérim : on avance. Il n’y a jusqu’ici pas de législation au plan européen. Ce texte établit un principe d’égalité, déjà inscrit dans la loi en France. Un intérimaire a les mêmes droits que le travailleur permanent qu’il remplace, dès le premier jour. Avantage : elle met tous les Etats membres et tous les travailleurs à égalité.

Pourquoi un paquet de deux directives ? Ces textes pourraient être adoptés séparément. En les regroupant dans ce « paquet législatif », le compromis est plus facile. Certains Etats cèdent sur le premier texte, d’autres sur la seconde.

L’enjeu de la bataille ? Les Britanniques étaient jusqu’ici opposés à une législation sévère sur l’intérim. Comme syndicats et patrons viennent de signer Outre-Manche un accord anticipant la directive européenne, leur opposition tombe. En revanche, sur le temps de travail, le Royaume-Uni, allié à l’Allemagne et d’autres Etats, ne sont pas décidés à céder, face au camp des « Social Lovers », emmené par la France et l’Espagne, qui entend limiter les dérogations à la durée du travail…

Eh oui. C’est un paradoxe ! A Bruxelles, « Xavier Bertrand » européen est plus « social » qu’à Paris…

(*) le Conseil  - qui rassemble les représentants des Etats membres se réunit normalement à Bruxelles mais il tient ses sessions (tradition historique) à Luxembourg en avril, juin et octobre.
par NGV publié dans : Droit du travail
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Vendredi 6 juin 2008
Les directives sur le temps de travail et l’intérim vont-elles être débloquées au Conseil des Ministres de l’Emploi du 9 juin ? En tout cas, les experts de la Commission européenne s’activent en coulisse dans ce sens, avec l’appui des Britanniques. Négociés depuis plusieurs années, sans succès, ces deux textes avait vu leur destin lié par la présidence portugaise afin de permettre des concessions réciproques. D’un coté, le Royaume-Uni, soutenu par l’Allemagne et des nouveaux Etats membres, ne voulait pas entendre parler d’un resserrement des dispositifs dérogatoires à la limite hebdomadaire du temps de travail ou d’un encadrement de l’intérim. De l’autre, les Etats dits « Social lovers » - au rang duquel on trouve la Suède et la Hongrie, l’ensemble des pays méditerranéens… et la France - voulaient au contraire une législation communautaire plus harmonisée.

L'esprit de l'Amiral Nelson hante encore les couloirs du Conseil
Dans une brillante manoeuvre de contournement, digne du vieil amiral Nelson, les Britanniques ont viré de bord au dernier moment et scindé le clan adverse. Alors qu’ils refusaient jusqu’ici, au plan européen, mordicus, le principe de l’égalité de traitement entre travailleurs intérimaires et permanents, dès le premier jour de travail, le patronat et les syndicats britanniques, sous pression "amicale" de Gordon Brown, ont signé un accord ancrant ce principe outre-Manche.

Résultat, les « Social lovers » qui comptaient se servir du texte « intérim » comme contrepartie à des concessions sur le temps de travail sont nus. Et, leur minorité de blocage est en butte à quelques défections. Les Slovènes sont en effet prêts à tout pour afficher un succès de leur présidence. Les Italiens et Suédois ont hérité d’un gouvernement plus libéral. Quant aux Français, ils sont "neutralisés" par leur débat interne sur les 35 heures et leur prochaine présidence. S’ils refusent, ils se retrouvent avec le dossier sur les bras. Du grand art tactique…

Du coup, chacun pense déjà à la revanche. Devant le Parlement européen (par exemple. En procédure de codécision, c'est lui qui peut avoir le dernier mot. Et les sabres d'abordage et pistolets à 3 coups sont déjà de sortie, dans les couloirs du Parlement européen (c'est une image...)
par NGV publié dans : Droit du travail
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Mercredi 19 mars 2008
La Cour Constitutionnelle tchèque a tranché. Saisie par les Chambres de commerce qui contestaient certaines dispositions du Code du travail donnant certains pouvoirs aux syndicats, elle leur a donné en partie raison. L'arrêt prononcé le 11 mars supprime ainsi onze articles, qui concernent, selon les médias tchèques, des dispositions fondamentales. Les syndicats ne pourront ainsi plus interdir aux employés d’effectuer un travail qui nuirait à leur santé. Il ne pourront plus interdir le travail de nuit pour la même raison. Si les syndicalistes de diverses organisations ne se mettent pas d’accord sur un même lieu de travail, l’employeur ne sera plus tenu de conclure la convention collective avec la plus puissante organisation syndicale.

Le nouveau code du travail avait été adopté en octobre 2006, avec l’important soutien des syndicats sous le gouvernement social-démocrate. Très critiqué par les députés de droite, il s'était heurté au refus du Sénat et auveto du président de la République. Le gouvernement actuel (droite - verts) prépare d'ailleurs un amendement au Code du travail qui va dans le sens de l'arrêt de la Cour Constitutionnelle et retire certaines prérogatives aux syndicats. 
par NGV publié dans : Droit du travail
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Mardi 4 mars 2008
Le projet du gouvernement polonais d'alléger certaines dispositions du code du travail dans les entreprises de moins de 10 salariés est plutôt radical. La protection des femmes enceintes contre le licenciement, celle des salariés seniors proches de la retraite seront diminuées, remplacées par une éventuelle augmentation de l'indemnité de préavis. L'inspection du travail devrait également perdre quelques pouvoirs. La force de la présomption et des critères de salariat qui permet de distinguer certains contrats de travail sera diminuée, ce qui rendra la "zone grise" entre salariat et indépendant encore plus "grise"... Les syndicats (OPZZ et Solidarnosc) enragent sur la forme - pas de dialogue social - et le fond - la diminution du droit des salariés est de mauvais augure. Les experts du droit tel Jerzy Wratny estiment qu'il y a une double violation de la Constitution polonaise et du droit international comme des principes fondamentaux tel celui de non-discrimination (détails dans Rzeczpospolita - en polonais, pour l'instant)
par NGV publié dans : Droit du travail
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Mercredi 27 février 2008
C'est un rapport de l’inspection du travail de la région de Helsinki - publié par la presse finlandaise - qui le revèle. A la suite de contrôle dans 31 sociétés étrangères installées en Finlande, les employés, originaires le plus souvent des pays baltes ou de Pologne, sont largement sous-payés, en dépit des conventions collectives qui s’imposent aux entreprises qui les emploient. Une petite pierre dans le jardin des arrêts Laval et Viking.
par NGV publié dans : Droit du travail
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