L'auteur

• Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste. Diplôme de droit public et de droit européen (Paris I Panthéon-Sorbonne). Correspondant "Affaires européennes" pour Ouest-France (1er quotidien français, 800 000 exempl.) et collaborateur à Europolitique (agence de presse européenne). Des articles dans la presse, des ouvrages pratiques : "temps de travail", "comité d'entreprise" (Ed. Partenaires - Ministère du Travail), "représentation du personnel dans les entreprises" (Ed. Dalian/Wolter Kluwer), et un travail plus académique - "les règles de concurrence face aux règles sociales", 1996. Pour mon second centre d'intérêt : l'Europe de la Défense (voir Bruxelles2).

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Ni leurre ni sinécure, l'Europe (et l'Europe sociale) s'élaborent, jour après jour, non sans difficultés !
Bruits de couloirs, discussions informelles, projets et contre-projets, histoire(s), contexte, texte(s), décryptages...  ce blog entend se faire l'écho de ce qui "bouge" à Bruxelles (Commission), Strasbourg (Parlement), Luxembourg (Cour de justice). Conditions de travail, Sécurité sociale, Service public, droits fondamentaux, citoyens, traité de Lisbonne...
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Service public Solidarités

Imaginez un pouvoir étatique qui donne une subvention à une école privée, ce sans appel d'offre, en toute liberté, pour qu'elle assure à ses agents un service éducatif privilégié, avec des enseignants triés sur le volet et des moyens...

C'est un peu ce qui se passe avec les écoles européennes. Cela peut être considéré comme choquant sur le plan de l'égalité. Le simple citoyen européen va à l'école publique (ou privé) de quartier. Le fonctionnaire a droit, lui, à une école d'élite, avec renfort linguistique. La n'est pas mon propos (aujourd'hui). Ce qui m'interesse est le respect des (sacrosaintes) règles européennes de concurrence. La Commission européenne si prompte à envoyer une lettre d'infraction, ou à trainer un Etat membre devant la Cour de justice se sentirait-elle affranchie de respecter ses propres règles ? La question mérite d'être posée au moment où certains (des journalistes) attaquent la Commission pour rupture de l'égalité.

Attention ! Suite à certaines réactions, je dois préciser que ceci est un exercice de style. C'est à dire qu'il n'y a pas de procédure en cours. Mais que, dans une démonstration théorique, on voit que le dispositif d'aides d'Etat peut conduire à des résultats pour le moins... surprenants.

1° Cette aide constitue-t-elle une aide d'Etat ? Non m'affirme un porte-parole, s'appuyant sur un avis du service juridique (si si). Sa réponse vaut le détour ! : "Il ne s'agit pas d'une aide d'Etat car il n'y a pas de recette d'Etat (sic) mais une recette du budget communautaire". Elle n'est "pas imputable à l'Etat car la Commission européenne n'est pas un Etat". (sic)

La réponse assez lapidaire me semble oublier certains fondamentaux... Si mes souvenirs sont bons, est considérée comme une "aide d'Etat" (au sens du Traité, voir le site de la DG Comp) depuis belle lurette d'ailleurs :

• toute intervention qui, sous des formes diverses, allègent les charges qui grèvent normalement le budget d'une entreprise (CJCE, De gezamenlijke steenkolenmijnen in Limburg, 23 février 1961, aff. 30/59. Sont donc visées les aides directes (subventions, prises de participation…) ou indirectes (exonérations, allégements…).

• toute aide versée par une structure publique, l’article du Traité vise en effet non seulement « l’aide accordée par les États » mais également celles accordées « au moyen de ressources d’État » (Les collectivités territoriales ou locales, les divers organismes financés par l’État comme la plupart des établissements sociaux ou socio-médicaux sont donc concernées par cette obligation).

Pour moi, ces deux critères sont remplis en l'espèce pour les écoles européennes. Il y a bien versement d'une subvention à un organe privé, à l'aide de ressources publiques. La seule question à savoir est donc de considérer si une convention internationale peut exonérer l'organisme de la qualification

2 La notion d'aide d'Etat n'est pas constituée quand s'il s'agit d'un service public d'intérêt général, non commercial, (comme l'est normalement le service d'enseignement public). Une notion difficile à approuver ici. L'école européenne est réservée à une catégorie bien déterminée de personnes, triées sur le volet (les enfants des fonctionnaires mais pas ceux des assistants de parlementaires - détails ici). Elle n'est ouverte que très partiellement à des publics extérieurs (dans la limite des places disponibles). Et encore en versant un droit d'accès qui n'est pas symbolique (entre 2500 et 9000 euros voire plus dans certaines écoles pour les "extérieurs"). Dans toutes ces caractéristiques, ces écoles sont donc des écoles privées, élitistes, qui ne participent pas au service public d'éducation.

3° L'aide d'Etat peut aussi être justifiée par une série de motifs. La décision de la Commission de 2005 sur les compensations aux services d'intérêt économique général encadre ce type d'aides, à condition qu'une convention soit signée précisant :
a) la nature précise des obligations de service public et leur durée;
b) les entreprises et le territoire concernés;
c) la nature des droits exclusifs ou spéciaux éventuellement octroyés aux entreprises;
d) les paramètres de calcul, de contrôle et de révision de la compensation;
e) les modalités de remboursement des éventuelles surcompensations et les moyens d'éviter ces surcompensations.
A ma connaissance, si une convention existe, elle ne satisfait pas à tous ces critères.

4° Le principe général de transparence des marchés publics. Celui-ci prescrit que quand bien même les seuils de marchés ne seraient pas remplis, doivent s'appliquer certains principes notamment de transparence (appel d'offre général...) permettant de s'assurer que les règles de non-discrimination sont bien respectées.

5° La Commission européenne peut toujours se défendre en disant que ces écoles européennes sont couverts par une convention internationale. C'est d'ailleurs son seul élément de défense valable, semble-t-il. Si d'un point de vue strictement juridique, l'argument est utilisable, du point de vue des principes, on voit mal comment la Commission peut imposer aux Etats membres des règles (mise en concurrence, autorisation ou justification des aides d'Etat) dont elle-même s'abstrait.

Bref... tout cela pour démontrer qu'en s'appuyant sur une stricte application des règles d'Aides d'Etat et de Marchés publics comme parfois la Commission européenne les pratique (exemple sur le logement social ou la distribution de prestations sociales par un service public postal), on arrive parfois à... des abherrations. Et, parfois, la Commission donne des leçons, là où elle-même est en délicatesse avec ses propres règles...

© Photo : Ecole européenne Bruxelles I

- Par NGV
Dimanche 6 juillet 2008
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La Commissaire Danuta Hübner, en charge de la Politique régionale, a finalement renoncé à modifier les règles européennes pour permettre la possibilité de faire financer par les Fonds européens des travaux d’économies d’énergie dans les logements sociaux.

Une réforme souhaitée par le secteur mais redoutée par les "Bercy" (ministères des finances) des 27 Etats membres qui craignaient d’ouvrir la boite de Pandore du financement du logement et de devoir également mettre la main à la poche : l’Europe ne finance en effet que si l’administration nationale ou régionale concernée avance une somme généralement équivalente.
- Par NGV
Mardi 24 juin 2008
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Curieuse étude qu'a présentée, le 28 mai, la Commission européenne lors d'une conférence à Bruxelles sur l'accès aux services bancaires pour les plus pauvres. Qu'y apprend-on ?

Des millions d'Européens sont exclus des services bancaires. Deux adultes sur dix — dans l’Union européenne à 15 (Europe occidentale)  — ne peuvent réaliser des transactions bancaires. Environ trois sur dix n’ont pas d’économies et quatre sur dix ne disposent d’aucun crédit, bien qu’ils soient nettement moins nombreux (moins d’un sur dix) à se plaindre d’obstruction au crédit. La France est – avec les Pays-Bas – le pays avec le plus faible taux de marginalisation : 3% de la population n’est pas bancarisée et 2% est exclue des services financiers (62% et 48% en Pologne !).

La situation est pire en Europe centrale et orientale. Un tiers des citoyens des nouveaux États membres (UE-10) sont victimes d’exclusion financière, plus de la moitié d’entre eux n’ont pas de compte en banque ni d’économies et près des trois-quarts ne peuvent obtenir des crédits reconductibles.

Les pauvres, les migrants, les habitants de zones défavorisées concernées. Sont surtout concernées les personnes qui vivent sur de bas revenus sont les premières touchées. Mais le « fait de vivre dans une zone défavorisée augmente la probabilité d’exclusion financière », au même titre que le fait de vivre dans une zone rurale dans les nouveaux États membres, soulignent les auteurs de l’étude.

L
es causes sont multiples. De nombreux facteurs sont liés à l’offre et à la demande de services: banques refusant l’ouverture de comptes courants classiques à certaines catégories de personnes; manque d’accessibilité; prestations laissant à désirer et coût élevé des services. De plus, certains citoyens ne font pas confiance aux institutions financières ou craignent de perdre le contrôle de leur argent et préfèrent donc ne pas avoir recours à un compte bancaire. Certaines évolutions de la société, telles que le vieillissement de la population combiné à l’écart technologique, contribuent à renforcer l’exclusion financière.

Parmi les solutions qui permettent de réduire cette exclusion, les auteurs en mettent en évidence deux : le développement de comptes bancaires courants simples et peu coûteux par les prestataires commerciaux conventionnels ; l’action des prestataires à vocation sociale (y compris caisses d’épargne, les services postaux et autres établissements mutualistes et coopératifs) qui sont parfois les seuls à offrir ce service (France, Autriche.

Purement contradictoire. En gros, cette étude - commanditée par la Commission (la DG Emploi et la DG marché intérieur) - justifie que l'exclusivité accordée à certains réseaux de banque (moins commerciaux) est efficace dans la lutte contre l'exclusion financière. Elle contredit pleinement la décision de Neelie Kroes - de cette même Commission européenne - qui, au nom des règles de libre concurrence, a enjoint la France de supprimer le monopole sur le Livret A. Ce qui conforte notre précedente analyse.

Conclusion. Il faudra peut-être un moment recadrer les "ayatollah de la concurrence" (cette qualification n'émane pas de moi mais un membre d'un cabinet d'un commissaire!) qui ne pensent qu'à l'application pure des règles de concurrence (ce qui est justifié d'un certain point de vue) sans penser aux effets "collatéraux" de leur décision. La "concurrence" ne peut pas tout justifier, elle ne peut pas être l'objectif de politique, ce n'est qu'un moyen, confiait Nicolas Sarkozy, aux journalistes, lors d'un sommet européen.

Ce qu'ils ont dit. «Les pouvoirs publics, tant au niveau national qu’européen, doivent veiller à ce que tous les Européens puissent obtenir et utiliser normalement les services financiers dont ils ont besoin» - Vladimir Spidla, le commissaire européen pour l’Emploi et les Affaires sociales. «Les marchés qui fonctionnent bien, avec des règles claires et une forte compétition sont les moteurs importants qui assurent la promotion de l'inclusion sociale. (...) La Commission cherche l'équilibre entre l'agenda social et l'agenda économique. Ces deux agendas ne doivent pas se contredire et l'un peut stimuler l'autre » - Charlie McCreevy, commissaire au Marché intérieur et Services.

NB : cette étude a été menée par le Réseau Financement Alternatif (Belgique), l’université de Bristol (Royaume-Uni), l’université de Milan (Italie) et la School of Economics de Varsovie  (Pologne)

L'étude (en anglais uniquement!) se trouve sur la page inclusion financière de la Commission. Pour le résumé, ici

- Par NGV
Mercredi 4 juin 2008
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C'était mardi soir, après la réunion de l'Eurogroupe, la réunion des ministres de la zone Euro, que Christine Lagarde, la ministre de l'Economie s'est prêtée au jeu des questions réponses. Parmi celles-ci le livret A et notamment l'attitude quelque peu contradictoire de la France avec son recours à la Cour de justice ?

Réponse de la Ministre, tout sourire de miel : "Tout juriste bien informé vous dirait qu’il vaut mieux avoir deux fers au feu. A titre conservatoire et pendant qu’on met en principe une voie de réforme, il vaut mieux avoir donc sécuriser ses voies d’accès. (Cette réforme) qui correspond à la fois à :
1) une demande de la Commission européenne et à 2) une demande des français – qui sont très satisfaits d’après les sondages de pouvoir ouvrir un livret dans leur banque de son choix – aura comme 3) avantage (également) de sécuriser le financement du logement social au moins au niveau ou sinon au delà du niveau nécessaire, par le biais de la centralisation à la Caisse des dépôts (grande seigneure, la Ministre propose d'expliquer derechef le calcul "mais c'est un peu compliqué peut-être, je ne sais pas si vous etes tous intéressés, non ? bon je vous l'expliquerai après en particulier" (*)). 4) Elle permettra de sécuriser la bancarisation des plus démunis et des plus timides à l'égard du système bancaire. La Poste continuera à jouer intégralement le rôle qu’elle joue actuellement, permettant à tout un chacun de déposer un euro 50, de retirer ensuite 3 euros, le tout à raison d’autant d’opérations qu’ils le veulent dans la journée."

Question "Et si la Cour de justice annule, on revient en arrière ?" (Je vous passe la moue un peu excédée de la Ministre qui consent quand meme à expliquer à ce journaliste qui vraiment ne comprend rien -:) l'enjeu du débat (**) "Vous comprendrez mieux dans très peu de temps. Vous comprenez que je réserve le privilège de ce débat au Parlement (assemblée nationale). Clairement ces sujets serait évoqués à ce moment là. 27 mai prochain." Autant dire une bonne défausse... Très contente de sa répartie, et d'avoir mouché le journaliste, la Ministre se tourne vers d'autres horizons

(*) Inutile de préciser que la grande pretresse des Finances, dans sa grande bonté seigneuriale, s'est bien gardée de venir m'expliquer le calcul en détail, se carapatant le plus vite possible après avoir passé la main dans le dos de journalistes moins impertinents... (à sa décharge, il était bien tard...)

(**) Précision supplémentaire : le droit de réplique est un usage couramment répandu au niveau européen. permettant au journaliste qui s'estime insatisfait d'une réponse ou voulant une précision supplémentaire de pouvoir poser une question supplémentaire. Ce "droit de suite" est généralement respecté scrupuleusement par la plupart des responsables européens sans avoir un soupir d'excès...
- Par NGV
Jeudi 15 mai 2008
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La généralisation du Livret A à toutes les banques a quelque chose de stupéfiant de contradiction.

La contradiction existe à la Commission européenne : la commissaire à la concurrence, Neelie Kroes se défend toujours de porter atteinte aux services d'intérêt économique général. "Nous ne voulons que mettre fin aux droits spéciaux qu'ont certaines banques de distribuer le livret A" affirme Jonathan Todd son porte-parole (lire une interview consentie à l'Union sociale pour l'habitat). Dans l'analyse purement concurrentielle, suivant l'article 86 du Traité, cet argument est logique: l'octroi de droits spéciaux est anti-concurrentiel. Seul hic, il faudrait lire et appliquer l'article 86 dans toute son étendue. Celui-ci prévoit en effet que ce principe a une limite : quand "l’application de ces règles fait échec à l’accomplissement en droit ou en fait de la mission particulière qui leur a été impartie".

Or, il paraît clair que le Livret A est, en pratique, un service bancaire universel, accessible, souple, et sécurisé (le taux est calculé par référence à l'inflation) pour nombre de citoyens (plus de 40 millions de Français ont un livret A ou un livret bleu). Et son ouverture à toutes les banques (et assurances) aura un résultat évident. Les banques commerciales ne veulent pas des livrets A, par principe. Ceux qui fonctionnent à coup de retrait de 10 ou 20 euros, pour des personnes souvent privés de comptes bancaires, les intéressent peu. C'est logique. Elles cherchent davantage des livrets bien garnis, au maximum de leurs possibilités (environ 15000 euros) pour leur proposer des produits plus intéressants. C'est un "produit d'appel" explique Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit Lyonnais (il sait de quoi il parle!), dans les Echos. En introduisant de la concurrence sur une seule partie du segment, hautement profitable, on introduit alors les éléments d'un déséquilibre...

Le discours du gouvernement français n'est pas moins contradictoire : il conteste la décision de la Commission devant la justice européenne, avec des arguments, qui peuvent apparaître fondés (voir la saisine), estimant notamment qu'il y a une erreur sur "l'impact de la suppression des droits spéciaux pour les finances publiques"  ou une définition trop restrictive de la mission d'accessibilité bancaire". Mais, sans attendre le résultat de l'arrêt, il met en pratique la généralisation du Livret A : le projet de loi sur la modernisation économique a été décidé le 28 avril en conseil des ministres, il commence être examiné en commission de l'assemblée nationale le 14 mai. Et la commission mixte paritaire (qui siffle la fin des travaux) est prévue à la mi-juillet. L'objectif est d'ouvrir le livret A à toutes les banques en 2009. Il y a des chances alors que l'arrêt ne soit pas prononcé. On peut avoir l'impression que le gouvernement fait une course de vitesse pour éviter un retour en arrière. Que se passera-t-il si la Cour annule la décision de la Commission : on rétablit les droits spéciaux ? Les conditions d'ouverture du livret A sont aussi criticables car les banques bénéficient alors d'un avantage : 2 milliards d'euros selon Jean Peyrelevade, chiffre confirmé par les experts bancaires syndicaux qui défendent le livret A. Avantage qui pourrait, lui aussi, être dans la cible de Bruxelles, comme aide d'Etat illégale.
- Par NGV
Mardi 13 mai 2008
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... Pas sûr du tout. On peut, en effet, douter de l’impartialité totale de Christine Lagarde dans la gestion de Lagarde-Minefe.jpg l’ouverture du livret A aux banques quand on voit son parcours. L’actuelle ministre de l’Economie et des Finances française connaît très bien les protagonistes de l’affaire. Au moins l’un d’entre eux... Puisqu’elle a fait, un court passage, à ING, la banque néerlandaise, aussi implantée en France sous forme de banque en ligne. Le 27 avril 2005, elle entre ainsi à son conseil de surveillance d'ING qu’elle quitte, quelques mois plus tard, en juin, quand elle est nommée au gouvernement de Villepin, comme ministre du Commerce. Certes son CV officiel succinct ne s'en vante pas (celui plus détaillé sur le ministère de l'Economie non plus).  Mais ce n'est pas très difficile à trouver. Quelques mois plus tard, en mars 2006, ING rejoindra d'ailleurs le quatuor de banques françaises (BNP, Société Générale, Crédit Agricole et Banque Populaire) qui ferraillent – certaines depuis des années - contre l’octroi d’un monopole sur le livret A à la Poste et aux Caisses d’épargne. Un apport décisif sans nul doute. Puisque la commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes, néerlandaise également, a eu comme principale tâche en tant que ministre du gouvernement néerlandais, à la privatisation de la Poste hollandaise aujourd'hui partiellement contrôlée
par... ING. Mais ceci est une autre histoire !

Pourquoi enlever le monopole du Livret A est dangereux
D’un strict point de vue de la théorie de la concurrence, comment ne pas être séduit : la Poste (Banque postale) et les Caisses d’Epargne ont un monopole contradictoire avec les règles communautaires. Du moins apparemment. Mais ce monopole a deux justifications principales (qui ont été très peu examinées par la Commission lors de sa décision) :
1° Il permet de collecter l’argent pour le logement social.
2° (et surtout je dirais) il sert à nombre de Français (parmi les moins riches — Rmistes, retraités, salariés pauvres, interdits bancaires… (quelques millions de personnes) — pour percevoir leurs allocations ou salaires et payer leurs dépenses quotidiennes. Les sommes déposées sont souvent modiques et les sommes retirées encore plus (parfois 10 ou 20 euros). Qui a déjà été dans un bureau de poste en France, dans une ville ou une banlieue ordinaire, ou dans la camapgne peut témoign BanquePostaleLogo.png er... C’est donc un réel service public qu’offrent la Poste et les caisses d’épargne, qui n’est pas rentable d’un strict pt de vue bancaire, d'autant plus que ces établissements sont partout en France, même dans les plus petits villages. La présence de livret A plus abondamment garnis (souvent gérés par des conseillers financiers de la Poste ou par internet) permet d’équilibrer ce service. Il y a fort à parier qu’ING, la Société générale ou BNP qui font généralement la chasse aux petits comptes, pas rentables, n’accueilleront pas le premier type de clients et se réserveront les deuxièmes. Dans ce cas, l’équilibre interne de la Poste et des Caisses d’épargne sera en cause. Et ceux qui en patiront seront les citoyens « lambda ».

Petit rappel de dates
Le 15 janvier 2002, la Commission avait déjà jugé incompatible avec les règles du traité le fait que le Crédit Mutuel ait bénéficié d’une surcompensation des coûts encourus pour la distribution du livret bleu. Cette décision avait été annulée par le Tribunal de Première Instance le 18 janvier 2005 pour défaut de motivation.
Suite à la décision du 21 décembre 2005 approuvant la création de la Banque Postale – qui laissait de coté la question du livret A – et après plainte de cinq banques, la Commission ouvre une enquête formelle, le 7 juin 2006. Décision est prise le 10 mai 2007 : la Commission européenne demande à la France, dans un délai de neuf mois, de modifier sa législation, s’appuyant sur l’article 86§3 du Traité.
- Par NGV
Lundi 25 février 2008
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ToubonRobert.jpg Jacques Toubon, eurodéputé français (UMP) et « shadow » rapporteur sur la directive Services, considère qu’une directive européenne sectorielle sur les Services sociaux d'intérêt général est nécessaire. La future présidence française de l’UE devrait, selon lui, donner le top départ de la réflexion en inscrivant ce dossier en tant que priorité de la réflexion sur l'avenir du modèle social européen. Une déclaration faite à l'occasion d'une audtion menée par l'intergroupe "Economie sociale", menée fin janvier.
Le blog de Jacques Toubon
- Par NGV
Mardi 12 février 2008
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La publication par la DG Marché intérieur de la Commission européenne d’un guide d’application sur la directive Services, a semé la confusion au sein du secteur social car les versions française et anglaise du texte diffèrent sensiblement sur un point majeur : la question du mandement des services sociaux. Rappelons, en effet, que la directive services avait exclu de son champ d’application les services sociaux « mandatés » par une autorité publique. Les services de la Commission ont ajouté à cette obligation, « l'obligation » de prester ces services, dans la version anglaise... Mais ils n’ont pas mentionné cette deuxième condition dans la version française.

J'ai commencé par interroger le porte-parole de la Commission qui a commencé par botter en touche. Manifestement il n'était pas au courant (ou faisait semblant de ne pas l'être). Puis devant mon insistance, il a fini par répondre, un peu excédés. "Mais tu n'as qu'à choisir la version qui t'arrange. Comme tu es français, ce sera la version francaise".

Un peu plus sérieusement, je suis revenu à la charge lors d'un "briefing technique" où étaient présents des spécialistes de la DG Marché intérieur et de la DG Emploi. L'explication du fonctionnaire qui a requis l’anonymat, était on ne peut plus claire. « Nous ne voulons pas d’un vague mandatement, effectué de façon générale par une loi, un décret. Il faut que le mandatement du service soit précis et effectif, qu’il vise un service donné. C’est en ce sens que nous avons établi l’obligation pour le service concerné de « prester le service ». Sinon « c’est la porte ouverte à des mandatements fictifs », a-t-il ajouté.
- Par NGV
Vendredi 30 novembre 2007
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Tant attendue, tant annoncée, la communication de la Commission européenne sur les services d’intérêt général (SIG) laisse, au final, un goût amer. La Commission Barroso a, en effet, décidé de clore le débat, sur la rédaction d’une directive-cadre sur le sujet comme sur les Services sociaux. Du moins pour l’instant.
Cette option peut se justifier parfaitement, d’autant que la Commission n’entend pas abandonner son devoir de clarification et que l’entrée en vigueur du protocole, inclus dans le futur Traité européen, pourrait changer la donne. Mais pourquoi n’avoir pas eu le courage de l’expliquer ? Pourquoi aussi avoir présenté si discrètement les deux « documents de travail » annexés à la communication ? Assurément, ceux-ci auraient mérité un coup de projecteur, une appellation plus politique ou plus juridique, comme « Communication interprétative » ou « Lignes directrices ».
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : interpréter les règles du marché intérieur ou de la concurrence, et encadrer l’action des SIG. Loin de clore le débat idéologique, la Commission prête ainsi le flanc à la polémique, de façon maladroite, en donnant l’impression aux citoyens que tant qu’il s’agit de services profitables ou de libéralisation, l’Europe est active et volubile, et que quand il s’agit de services sociaux et de santé, la discrétion reste de mise…

(communication et documents ici)
- Par NGV
Mardi 20 novembre 2007
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C'est un fait acquis désormais. La Commission européenne qui devrait publier le 20 novembre une communication sur les services sociaux d'intérêt général et les services d'intérêt général a revu à la baisse ses ambitions. Les deux sujets devaient à l'origine faire l'objet de deux communications différentes. Pour finir, ils ne feront qu'un tout, plus pale que la première version d'origine. Pour vous permettre de comparer, voici la première version (qui a circulé), et la version qui circule actuellement. Vous pourrez jauger, le 20 novembre, quel résultat sera finalement atteint.

Quant à la directive sur les services de santé, rassurez-vous -:), elle poursuit son bonhomme de chemin. Prévue au calendrier du 5 décembre, ses concepteurs ont bien pris soin de biffer tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à la directive Bolkestein ou à une notion de service public, pour "éviter tout débat idéologique" comme on aime à le répéter à la Commission. Mais l'objectif avéré de la directive "ouvrir le marché de la santé" reste intact. Et pour tout dire, encore plus opérationnel...
- Par NGV
Mardi 13 novembre 2007
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