L'auteur

• Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste. Diplôme de droit public et de droit européen (Paris I Panthéon-Sorbonne). Correspondant "Affaires européennes" pour Ouest-France (1er quotidien français, 800 000 exempl.) et collaborateur à Europolitique (agence de presse européenne). Des articles dans la presse, des ouvrages pratiques : "temps de travail", "comité d'entreprise" (Ed. Partenaires - Ministère du Travail), "représentation du personnel dans les entreprises" (Ed. Dalian/Wolter Kluwer), et un travail plus académique - "les règles de concurrence face aux règles sociales", 1996. Pour mon second centre d'intérêt : l'Europe de la Défense (voir Bruxelles2).

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Ni leurre ni sinécure, l'Europe (et l'Europe sociale) s'élaborent, jour après jour, non sans difficultés !
Bruits de couloirs, discussions informelles, projets et contre-projets, histoire(s), contexte, texte(s), décryptages...  ce blog entend se faire l'écho de ce qui "bouge" à Bruxelles (Commission), Strasbourg (Parlement), Luxembourg (Cour de justice). Conditions de travail, Sécurité sociale, Service public, droits fondamentaux, citoyens, traité de Lisbonne...
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Emploi Chomage Restructurations Industrie

Objet de vives discussions au Parlement européen et de polémique lors du référendum sur la constitution, la directive Bolkestein et son avatar, le plombier polonais, ont disparu des radars de l’actualité. Et pour cause... La directive Bolkestein, sérieusement revue et corrigée en février 2006, a été adoptée par le Parlement européen à la fin 2006. Et les Etats membres ont jusqu’à la fin de cette année pour la mettre en application – la transposer - dans leur droit national.

En fait, personne n’est vraiment très pressé. Aucun État n’a ainsi jugé bon d’avertir Bruxelles qu’il avait terminé la transposition, y compris les Etats les plus acharnés à défendre cette directive. Et la Commission européenne est bien décidée à laisser un peu plus de temps que nécessaire. Car l’explique un spécialiste du dossier : « La directive services, est un texte, très ambitieux, qui oblige à changer nombre de pratiques administratives et de lois. (…) C’est une transposition très lourde. (…) Il faut passer en revue l’ensemble des autorisations administratives qui encadrent chaque activité de service, chaque métier, examiner s’ils peuvent ou non être maintenus. Il faut mettre en place des guichets uniques, aptes à travailler en plusieurs langues. ». Ce qui est loin d’être évident ! Résultat un travail tout autant administratif que législatif qu’aucun État n’aura vraiment terminé à temps.

Paradoxalement la France est plutôt en avance sur ce sujet. Une partie de la directive a déjà été transposé dans le cadre de la loi sur la modernisation de l’Economie. Et l’essentiel du travail préalable a déjà été réalisé. Quant au plombier polonais, qui est resté davantage un mythe qu’un danger, il commence à rentrer au pays ou à devenir chef d’entreprise, ayant pignon sur rue, et à être… regretté. Car, contrairement à ce qu’on a pu craindre, son principal atout n’était pas son prix, mais sa disponibilité et sa rigueur, qualités que quelques artisans tricolores semblent avoir oubliées.

(paru dans Ouest-France, mai 2009)
Publié dans : Emploi Chomage Restructurations Industrie - Par Nicolas Gros-Verheyde
Dimanche 24 mai 2009 7 24 /05 /2009 19:44
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Le gouvernement tchèque le clame sur tous les tons depuis plusieurs mois : la crise économique, c'est chez les autres. Les mauvais élèves "socialistes", des économies du passé - la France, l'Espagne - ou des pays mal gérés - la Hongrie, la Roumanie... . La république tchèque est protégée par son dynamisme interne et sa réforme des marchés du travail.

"Tout va très bien madame la marquise"
Apparemment ce discours foncièrement optimiste semble légèrement décalé par rapport à la réalité économique. Et il ne se passe pas une journée en république tchèque sans que l'on apprenne une mauvaise nouvelle.

Il y a quelques jours, l'aéroport de Prague annonçait ses chiffres pour le mois de janvier : chute de 10% au moins des passagers transportés (en pleine présidence de l'UE qui draine - on le sait normalement - une augmentation de trafic certain. Ce qui signifie que la chute est de fait supérieure).

Hier, nos collègues tchèques de CTK, annonçait qu'Hitachi fermera une usine à Žatec, d’ici la fin du mois de mars. Bilan: 800 employés licenciés. La raison, la baisse de l'activité économique et de la demande d'écrans plats. A l'origine : Hitachi prévoyait un investissement de 2,5 milliards de couronnes et près de 2000 emplois !

Ce vendredi, nos collègues tchèques de CTK annonçait que le promoteur immobilier Orco Property Group - un des promoteurs les plus importants en Europe centrale - a vu son action dégringoler de 40% à la bourse, après avoir engagé une procédure de sauvegarde (dispositif qui lui permet de se mettre à l'abri de ses créanciers durant la poursuite de sa restructuration financière). La société avait déjà licencié quelque 220 employés dans le cadre de cette restructuration, et fermé plusieurs bureaux.
etc...

Je n'aurai q'un mot : bienvenue dans le monde réel.
Publié dans : Emploi Chomage Restructurations Industrie - Par Nicolas Gros-Verheyde
Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /2009 19:00
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La crise, quelle crise. A entendre quelques responsables politiques tchèques, la crise c'est chez les autres. Et la république tchèque serait en quelque sorte un ilot sauvegardé. Car ses dirigeants adeptes du libre marché et pas du protectionnisme ont su garder un modèle économique efficace. Pas comme ces pays de la vieille Europe engoncée dans leurs vieilles habitudes.. -:)

Vive les aides d'Etat... chez les autres
. Enfin, il est vrai que si à Prague, on regarde avec dédain les initiatives prises en France, en Espagne, en Italie pour aider à l'industrie automobile, on ne crache tout de même pas sur les fameuses "aides à la casse" mises en place dans plusieurs pays européens. A écouter les médias tchèques, cette aide à la casse bénéficierait ... à Skoda. Devant l'augmentation des commandes sur les marchés de l'UE, le constructeur tchèque, filiale de Volskwagen, a décidé de reprendre la production à plein temps, surtout pour les petites voitures pas chères... Vive l'Etat quand même quand c'est l'autre qui paie en quelque sorte

Un protectionnisme bien compris du marché du travail. Mais la plus grande des contradictions tchèques s'exprime sur le marché du travail. L'idéologie libérale trouve là une limite et une limite très forte. Il s'agit en fait de tout faire pour que le travail en république Tchèque aille aux Tchèques en priorité. Et de pousser les travailleurs licenciés à rentrer chez eux. Sur le mode du volontariat bien sûr. Avec prime à l'appui : billet d'avion payé et 500 euros de primes. Et s'ils ne sont pas trop tentés, on les y pousse un peu. Les permis de travail ne sont pas renouvelés, ils deviennent donc illégaux. Et si ca ne suffit pas. On envoit la police pour procéder à des contrôles - un peu massifs - et dont l'objectif est dissuasif.

La police en renfort pour dissuader. Ainsi, selon Radio Prague, "la police des régions de Plzeň et de Karlovy Vary a procédé, mardi 3 mars, aux contrôles de 521 ressortissants étrangers - dont 281 venus des pays en dehors de l’espace Schengen". Des Mongols, des Ukrainiens... mais aussi des Européens. Si je compte bien, cela signifie que près de 300 Européens ont été contrôlés. Et ce contrôle n'est pas un hasard d'un chef de police un peu zélé d'une région un peu éloignée. "A Prague et en Bohême centrale les policiers ont contrôlé 450 étrangers. Ces opérations font partie d’une initiative du gouvernement tchèque qui incite les ressortissants étrangers ayant perdu le travail en Tchéquie à cause de la crise économique à regagner leurs pays respectifs..." précise notre confrère tchèque.  On est loin, très loin, des beaux principes de liberté, prônée à Bruxelles par le gouvernement tchèque. Mais apparemment çà marche. "Le nombre de travailleurs étrangers en République tchèque a diminué de 12 000 en janvier. Soit un peu plus de 272 000 personnes." NB : quand les Tchèques parlent de travailleurs étrangers, c'est tous les non-Tchèques : Européens compris (Slovaques, Polonais, Roumains...)...
 
Pour la Commission : business as usual. Et, à cette politique, un peu musclée, la Commission européenne n'a apparemment rien à redire. Vladimir Spidla, le commissaire à l'Emploi, socialiste (théoriquement) tchèque, m'a expliqué simplement. Ces expulsions, contraires aux règles européennes ? "Mais non pas du tout, vous n'y êtes pas Nicolas. Je ne vois pas d'expulsions, il s'agit de retours volontaires. Des personnes qui sont en fin de contrat à durée déterminée choisissent de rentrer chez. Les Tchèques n'enfreignent aucune règle européenne." Fermez le ban ! La porte-parole de la Commission me fait comprendre qu'il y a quand même d'autres questions plus importantes...
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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /2009 21:40
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2009 sera une bonne année à coté de 2010 ! Les pires licenciements sont à attendre seulement à partir de la moitié 2010, selon une première évaluation réalisée en Finlande, quand les municipalités et employeurs publics verront leur emploi se
dégrader. Pour les économistes finlandais, cités par la presse finlandaise, la santé financière des communes comprend de grands risques. Si cette année devrait être passable, l’année prochaine sera très difficile pour les finances communales.
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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /2009 14:30
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(article paru dans Ouest-France, le 14 février)

Faire pression en commun.
La crise automobile, les régions en voient les premiers effets et la subissent. Pas seulement en France. Mais aussi en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni ou en Pologne. Aussi l’initiative de Jean-Yves Le Drian, le président de la Région Bretagne, de créer au sein du Comité des régions un intergroupe a rencontré l’assentiment immédiat d’une bonne trentaine de régions. « On en attendait une quinzaine, cela été le double. Et d'autres devraient nous rejoindre » explique un proche du breton. Objectif : « agir en commun », explique Le Drian. « Il faut éviter que chacun aille de son côté voir le commissaire chargé de la formation, de l’industrie, de la politique régionale pour négocier pour lui ». Les régions sont aux premières loges.

Un message pour la Commission et le gouvernement. Le message des trente régions est direct et à double détente. A la Commission européenne, ils disent « bougez-vous ». « La crise est violente et durable. Il faut agir rapidement ». Les 30 régions demandent ainsi à José-Manuel Barroso, de réformer le Fonds européen d’ajustement Mondialisation pour qu’il puisse réagir plus vite et de simplifier le système de subventions européennes. Aux gouvernements des 27, les régions alertent : « Arrêtez de faire du bricolage, chacun dans votre coin. Mesurez l’ampleur du désastre. Et préparons ensemble la nouvelle donne de l’écomobilité. Un peu comme l’a fait Obama aux Etats-Unis. » explique Le Drian. Et d’ajouter : « Il faut un plan européen pour l’industrie automobile ».

Accorder des aides aux entreprises en imposant une condition liée à l'emploi, c'est logique. Quant à la querelle du protectionnisme qui a opposé violemment la République tchèque et la France, les régions n’ont pas pris partie encore. Mais le président de la région Bretagne considère « que ce n’est pas illogique d’Imposer certaines contreparties liées à l’emploi à l’entreprise qui reçoit une aide. Et que l’argent public soit affecté à de l’emploi industriel sur son territoire. » Un propos que conteste le porte-parole de la Commission européenne interrogé par Ouest-France : ce type de clauses « est contraire au principe de libre circulation du Traité ».
Publié dans : Emploi Chomage Restructurations Industrie - Par Nicolas Gros-Verheyde
Samedi 14 février 2009 6 14 /02 /2009 09:40
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Demandant, benoitement (si si !), aujourd'hui lors du point de presse journalier à la Commission européenne le bilan de son fonds de Mondialisation, Chantal Hughes, la porte-parole du Commissaire en charge de l'Emploi (Vladimir Spidla), et ancienne conseillère "sociale" à la représentation permanente Britannique (faut-il préciser), s'est défaussée par un sourire (charmant mais pas suffisant face à la rigueur brutale des chiffres). Elle a notamment refusé de donner les détails des sommes payées, année par année, préférant s'en tenir à un chiffre global : 67 millions d'euros versés en 2 ans. D'un point de vue de la communication, elle n'a pas tort. Il est difficile d'avouer en tribune que ce que présentait encore tout récemment le président de la Commission, José-Manuel Barroso, comme étant une "proposition personnelle" (interview à l'Agence europe de fin janvier), est en fait... un échec. Car 67 millions d'euros en 2 ans, c'est non seulement faiblard par rapport à l'ampleur et la brutalité de la crise économique qui frappe l'Europe, dont on peut nier qu'elle est liée à la mondialisation. C'est aussi très très faible par rapport au budget disponible (1 milliard d'euros) - soit un record d'inutilisation budgétaire ! (*). Mais c'est surtout un Fonds en perte de vitesse. 9 à 11 dossiers déposés en 2007 pour 53/67 millions d'euros versés. Et 1 à 3 déposés en 2008 pour 0,3/15 millions d'euros (et encore au 1er semestre !).

Confusion entretenue autour des chiffres. Chantal Hughes a affirmé que mes chiffres étaient faux... Le seul hic c'est qu'ils sont tirés du site officiel de la Commission européenne, à la page sur le Fonds de mondialisation. Un site normalement très bien renseigné puisque le service du porte-parole y renvoit directement, comme le prouve ce communiqué. Pour Chantal Hughes, il ne faut pas s'y fier : "The website is difficult to understand  as it classifies the application as to when they were made, not when approved or when the money was paid out. On top of that, the amounts in the website are the amounts requested, not necessarily the amounts finally paid out. " Juste remarque. Effectivement, c'est plutôt le b... Les chiffres diffèrent selon... les versions linguistiques ! La version Anglaise affiche ainsi des versions différentes de la version Française, et les autres versions, pour 2008. Sauf qu''il est bien mentionné expressément "paid in full" dans la version anglaise (**) - ce qui, sauf si mon anglais est défaillant, veut bien dire "payé intégralement"-, il ne pas s'y fier : les sommes indiquées correspondent parfois aux sommes versées mais pas toujours. En gros, les chiffres annoncés par le service du porte-parole... sont à défaut d'être totalement faux, un peu inexacts !

Pour être complet, voici le détail tel que j'ai pu le reconstituer (sans l'aide du service du porte-parole qui en était encore hier soir à refaire les additions...) :
• En 2007, il y a eu 9 demandes pour un montant total de 53 millions d'euros (auquel il faut ajouter une demande espagnole de 14 millions retirée - pour être "reformulée" - elle n'était pas complète et risquait de "ne pas passer")
• En 2008, il y a eu 3 demandes pour un montant juste inférieur à 15 millions d'euros. Sur ces trois demandes, en fait, deux correspondent à des dossiers de 2007 : la demande espagnole redéposée (10,9 millions d'euros au lieu de 14 millions) et un dossier régional italien (Toscane) qui venait en complément des trois autres déposés en 2007 (et ont été instruits en même temps). En réalité, pour 2008, il n'y a eu qu'une seule réelle demande, celle de la Lituanie pour un montant de moins de... 300 000 euros. On arrive ainsi à un taux d'utilisation de moins de 1% des fonds (sur un budget disponible de près de 500 millions d'euros). Une déperdition record. Et surtout un énorme gâchis. Alors que l'année 2008 n'a pas été "excellente" pour l'emploi !

Le Fonds mondialisation : un fonds Gadget ?
On peut se le demander. Car au delà des querelles de chiffres, la seule question intéressante est : pourquoi aussi peu de demandes ? Alors là, Chantal Hughes - d'habitude plus prolixe - commence par ne pas répondre puis devant une relance (par mail), botte en touche : "Il faut demander aux Etats Membres pourquoi il y a si peu de demandes ... " C'est tout ! Cela semble un peu facile. En effet, il n'est un secret pour personne que ce Fonds ne fonctionne pas correctement. Tout était fait d'ailleurs pour cela jusque dans la proposition initiale. L'Allemagne et le Royaume-Uni, notamment, se sont acharnés lors de la création du Fonds à tout faire pour en limiter l'utilisation. Tout d'abord, la procédure est très lourde et technocratique : il faut - comme pour une procédure financière -, une instruction par les services de la Commission du dossier, et - comme dans une procédure législative -, une proposition de la Commission, un avis des commissions parlementaires (budget et emploi) du Parlement européen et une décision du Conseil. Autant dire, qu'il faut attendre de longs mois avant le versement de l'argent. Ensuite, les conditions sont drastiques (et très éloignées du marché réel) : départ de 1000 employés minimum, dans une entreprise (ou plusieurs de régions limitrophes), subissant directement les effets de la mondialisation, etc. Résultat : pour une somme somme toute assez faible, au regard des sommes disponibles dans d'autres Fonds comme le Fonds social européen ou les Fonds régionaux, et du temps consacré, les Etats membres préfèrent ne plus déposer de dossier !  Trop dur. On est à l'opposé même du "mieux légiférer" affiché comme slogan par cette Commission européenne.

La nécessité de rénover en profondeur ce Fonds. Il était clair - il y a déjà un an - que ce qui menaçait le Fonds n'était pas l'engorgement de dossiers mais le faible nombre de dossiers (lire un précédent article). L'année dernière, le député allemand de la Commission au Budget, Raimer Böge, lui-même, alors qu'il n'avait pas été un ardent défenseur du Fonds, reconnaissait qu'il fallait avancer et assouplir les règles de fonctionnement (lire ici). La Commission européenne n'a finalement bougé qu'en décembre dernier, proposant une modification du Fonds (télécharger la proposition), qui est encore je pense très timide. Cette proposition est toujours en discussion en commission parlementaire. Un premier projet de rapport vient d'être présenté ce 11 février (télécharger le projet de rapport).

(*) Il ne s'agit pas à proprement dit d'une ligne budgétaire mais d'une possibilité d'utiliser les marges budgétaires non dépensées, en gros un "droit de tirage".
(**) La
seule version à être mise à jour apparemment est la version anglaise confirme-t-on à la DG Emploi.
Publié dans : Emploi Chomage Restructurations Industrie - Par NGV
Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /2009 23:55
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(paru dans Ouest-France ce matin)


Trop faible, trop tard… voici en deux mots comment on peut résumer le plan de relance économique que vient de présenter à Bruxelles, le président de la Commission, José-Manuel Barroso. Le plan présenté tient plutôt de l’habillage de mesures déjà existantes que de mesures nouvelles. Décryptage des cinq mesures principales…


Un plan de 200 milliards d’euros ? La majorité de l’argent (170 milliards) provient des plans nationaux déjà mis en œuvre par chaque Etat. Sur les 30 milliards restants, 15 consistent en des prêts de la Banque européenne d’investissement. 9 milliards correspondent à des dépenses déjà budgétées. En fait, seuls 5 milliards vont être réellement réinjectés dans l’économie, en 2009 et 2010, et uniquement pour les infrastructures de transport et à l'amélioration de l'accès à internet à haut débit. Très  faible mais logique ! Le budget européen est étriqué : 130 milliards, en tout et pour tout, par an.


La baisse de la TVA ? Une mesure déjà possible. Un Etat peut – sans aucune formalité et sans délai – jouer sur son taux de TVA sous deux conditions : rester au minimum fixé par la loi communautaire (5% pour les produits alimentaires, 15% pour les autres produits).
Un possible dérapage budgétaire ? Le respect du critère de déficit public (3% du PIB) sera apprécié avec « intelligence » indique la Commission sous deux conditions : les plans de relance budgétaire devront être "temporaires" et accompagnés de programmes de restructuration. Une mesure qui est l’application du Traité de Maastricht qui prévoit un dépassement possible « exceptionnel et temporaire ».


Une aide au secteur automobile ? La Commission propose d’assouplir les règles d'attribution du Fonds « mondialisation », en permettant une intervention plus rapide dans certains secteurs, comme l'automobile. Une nécessité ! Les procédures de ce Fonds sont tellement lourdes que sur les 500 millions d’euros dont il est doté chaque année, à peine 10 à 20% des sommes sont dépensées. Ironie de l’histoire : c’est l’Allemagne qui était le plus opposé à ce fonds, qui pourrait l’utiliser davantage aujourd’hui.


La baisse des taux d’intérêt ? L’appel à la Banque centrale européenne (BCE) est sans risque puisque Jean-Claude Trichet, le président de la Bce, lui-même, a indiqué qu’il était prêt à baisser ses taux d’intérêts. Ceux-ci sont actuellement de 3,25% et pourraient passer à 2,50 ou 2,75 % le 4 décembre prochain. C’est la seule mesure concrète et à effet immédiat de ce plan.


L’augmentation des indemnités chômage ? En préconisant l’augmentation temporaire des allocations chômage ou l’allongement de leur versement, l’exécutif européen effectue un complet revirement, il était jusqu’ici très réticent à toute mesure aggravant les déficits sociaux. 


NB: Ce Plan doit encore être avalisé par les chefs de gouvernement lors de leur sommet de fin d’année, le 10 décembre prochain.

Publié dans : Emploi Chomage Restructurations Industrie - Par NGV
Jeudi 27 novembre 2008 4 27 /11 /2008 10:08
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Affligeant ! Je n'aurai que ce mot pour qualifier l'attitude de la Commission européenne sur l'actuelle crise financière. Interrogé par plusieurs journalistes, durant de longues minutes, lors de son briefing quotidien, lundi, le porte-parole de José-Manuel Barroso n'a pu qu'annoner, bravement, ses instructions : en dire le moins possible, en attendant que le "vrai" patron de la Commission, Nicolas Sarkozy, se soit prononcé.

La Commission n'est pas compétente ce sont les Etats-Membres!
"La Commmission suit attentivement la situation" a-t-il expliqué avant de "saluer l'action des Etats-Unis pour stabiliser le système financier". Mais sans plus ! Il s'est ainsi refusé à commenter les mesures prises. "Nous ne pouvons pas commenter plus en détail pour l'instant car l'administration et le Congrès américain travaillent toujours sur les détails du plan". Et a encore moins tenu à envisager un plan identique au plan Us (1), de plans de reprise d'actifs douteux par exemple, rejetant la responsabilité sur les Etats membres : "Ce n'est pas une question qui dépend directement de la compétence de la Commission mais des Etats membres". Sur l'usage des nationalisations, il s'est réfugié derrière son mot-clé : "c’est une question hypothétique". Quant à résumer pour le grand public le message qu'il entendait porter au public, il a répliqué "ce n'est pas l'heure du message". Le porte-parole a beaucoup d'humour...

Pas de réglementation des "hedge funds", ils se réguent tout seuls !
Le porte-parole du commissaire au Marché intérieur, l'irlandais McCreevy, qui depuis quatre ans, a toujours montré son hostilité à la régulation, a fait un grand numéro de pirouette, expliquant que "Non, le commissaire Mc Creevy n’a pas changé d’avis. Ce n’est pas la question d’avoir des règles mais uniquement d'en avoir quand elles sont nécessaires. (...) La situation montre que le code de conduite ne suffit pas. Des règles oui mais pas plus que nécessaire."
Au Parlement européen, quelques heures après, le commissaire lui-même a rappelé sa proposition traditionnelle. Pourquoi accuser les hedge funds. Ils ont compris le message et vont assumer leurs responsabilités.

McCreevy : "I don't believe it is necessary at this stage to tar Hedge Funds and Private Equity with the same brush as we use for the regulated sector. The issues relating to the current turmoil are different. Let us not forget that these funds are regulated in Member States. Hedge fund and private equity managers are authorised and supervised entities throughout Europe. They are subject to the same market abuse disciplines as other participants in financial markets. They are bound by similar transparency and consultation obligations when investing in public companies. Exposure of the banking sector to Hedge Funds and Private Equity is subject to the Capital Requirements Directive.
 This does not mean that we are turning a blind eye to hedge funds and private equity. As these business models evolve and their role in financial markets changes, regulators around the world need to remain vigilant. The industries themselves must assume all the responsibilities that accompany a prominent role in European and global financial markets. Several recent market initiatives indicate that this message is understood. Our role should be to monitor closely these and other developments in the market and be ready to respond if and when necessary." (lire l'intégralité du discours ici)

(1) Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson a lancé, dimanche, un vaste plan de soutien aux banques, avec reprise des actifs "non liquides". Et il a annoncé vouloir demander à ses homologues des autres pays de concevoir des plans des reprise d'actifs douteux des institutions financières, "si nécessaire".


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Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /2008 12:30
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La Commission européenne vient de publier un rapport intérimaire sur la flexicurité (télécharger ici). La mission s’est rendue en France (19 mai), en Suède (2 juin), en Finlande (6 juin), en Pologne (23 juin) et en Espagne (7 juillet). Et un séminaire thématique est organisé à Bruxelles ce 24 septembre. Pas grand chose de vraiment sensationnel à attendre à attendre...

Trois orientations devraient ainsi être développées dans le rapport final:
• l’actualité des principes de flexicurité dans une période économique moins favorable, au bénéfice des employeurs comme des salariés. Chaque composante du policy mix – le contrat de travail, la formation, l’accompagnement pendant les phases de transition, l’indemnisation et la protection sociale – doit être à la fois flexible et sûr, aussi bien pour l’employeur que pour le salarié. Il ne s’agit pas d’un équilibre à trouver entre une plus grande flexibilité pour les entreprises et une plus grande sécurité pour les salariés.
• Un rôle primordial reconnu à la formation pour anticiper et accompagner les mutations du marché du travail. C'est le retour de la GPE, un temps oubliée, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences au niveau régional
et territorial.
• La qualité du dialogue social. Ce dialogue doit être "permanent", et aborder "toutes" les composantes de la flexicurité : dispositions contractuelles, offre de formation adaptée, politiques de l’emploi et indemnisation des chômeurs.

C'est révolutionnaire !!
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Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /2008 11:46
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Les pays d'Europe de l'Est commencent sérieusement à souffrir du manque de main d'oeuvre dans certains secteurs, notamment le bâtiment. La Pologne, la république tchèque, et même la Roumanie ou la Bulgarie vont devoir se résoudre à faire appel à de la main d'oeuvre immigrée venant de l'extreme est...

Déjà à l'été dernier, j'étais à Londres à l'époque, et une connaissance me détaillait comment ses collègues faisaient le tour des chantiers britanniques pour rappeler au pays les différents ouvriers polonais, en leur promettant grosso modo, nombre d'avantages qu'ils avaient - outre-Manche - (environ 2/3 du salaire) - sans les inconvénients - la vie chère, le mal du pays... Et, pour tout dire, certains se laissaient convaincre. Mais maintenant il y a urgence.

En Pologne, d'ailleurs, on peut noter une certaine irritation dans la société, contre cette venue et cette concurrence déloyale, alors que la question des salaires - trop bas - est une question sensible qui suscite régulièrement le mécontentement. "500.000 salariés asiatiques pourraient venir en Pologne au cours des trois prochaines années", titrait durant l'été Polska sonnant l'alarme contre une nouvelle "vague orientale". "Une société polonaise du bâtiment fait travailler pour un salaire de misère des Chinois détenus dans un régime de semi-liberté", rapportaient les journalistes de Gazeta Wyborcza (libéral de gauche). "Une agence de travail polono-chinoise, propose aux employeurs polonais des ouvriers (chinois) qui peuvent travailler 14 heures par jour, 6 jours par semaine et se contentent d'un repas par jour " s'alarmait Rzeczpospolita (libéral de droite)

En Bulgarie, on a appris que la compagnie « Orgachim » de Roussé a engagé 27 ouvriers vietnamiens du bâtiment. D’ici la fin de l’année, leur nombre devrait atteindre 60. Les ressortissants vietnamiens arrivent avec un contrat de travail d’un an qui pourrait être prolongé d’autant. Ils devraient 450 leva par mois (229 euros), soit le double environ du salaire minimum (220 leva).

 



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Jeudi 18 septembre 2008 4 18 /09 /2008 09:01
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