L'auteur

• Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste. Diplôme de droit public et de droit européen (Paris I Panthéon-Sorbonne). Correspondant "Affaires européennes" pour Ouest-France (1er quotidien français, 800 000 exempl.) et collaborateur à Europolitique (agence de presse européenne). Des articles dans la presse, des ouvrages pratiques : "temps de travail", "comité d'entreprise" (Ed. Partenaires - Ministère du Travail), "représentation du personnel dans les entreprises" (Ed. Dalian/Wolter Kluwer), et un travail plus académique - "les règles de concurrence face aux règles sociales", 1996. Pour mon second centre d'intérêt : l'Europe de la Défense (voir Bruxelles2).

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Ni leurre ni sinécure, l'Europe (et l'Europe sociale) s'élaborent, jour après jour, non sans difficultés !
Bruits de couloirs, discussions informelles, projets et contre-projets, histoire(s), contexte, texte(s), décryptages...  ce blog entend se faire l'écho de ce qui "bouge" à Bruxelles (Commission), Strasbourg (Parlement), Luxembourg (Cour de justice). Conditions de travail, Sécurité sociale, Service public, droits fondamentaux, citoyens, traité de Lisbonne...
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Droit d'asile, immigration, séjour

(article paru dans Ouest-France, décembre 2008) « Mieux partager la charge du fardeau des réfugiés » et « présenter un visage plus humain », tels sont les deux objectifs du paquet de mesures présentées, officiellement, par le commissaire européen en charge du portefeuille « Justice, Liberté et sécurité », Jacques Barrot. Si ce « paquet » est accepté par les Etats membres, il devrait permettre une avancée notable pour l’Union européenne trop souvent considérée comme une « forteresse » et comme pas assez peu soucieuse des droits des demandeurs d’asile.

Cinq mesures importantes sont à retenir.
• La rétention encadrée. La rétention de demandeurs d’asile devra être « exceptionnelle ». Et des garanties juridiques seront mises en place empêchant toute rétention arbitraire. Les enfants ne pourront être « retenus » que « si leur propre intérêt l’exige ». Tandis que les mineurs non accompagnés ne pourront « en aucune circonstance » faire l’objet de cette mesure.
• Droits pour les réfugiés. Un dispositif sera mis en place pour aux « personnes ayant des besoins particuliers (…) un traitement approprié ». L’accès au travail, souvent difficile pour les réfugiés, « devra être facilité ». Et les Etats membres « ne pourront pas imposer aucune restriction supplémentaire ».
• Protection de la vie privée. La transmission des empreintes digitales des demandeurs d’asile au fichier central « Eurodac » sera accéléré, afin d’éviter les doubles demandes. Mais les données inutiles devront être effacées. Et les pouvoirs du Contrôleur européen des données (la Cnil européenne) seront renforcés.
• Regroupement familial. Il sera facilité, pour les personnes de la famille avec lesquelles il « existe une relation de dépendance, ou les bénéficiaires de la protection temporaire ».
• Partager le fardeau entre Etats membres. Le mécanisme – dit de Dublin – qui oblige le pays européen, où le réfugié est arrivé la première fois à accueillir tous « ses » réfugiés, va être aménagé. En effet, ce système pose des problèmes insurmontables aux pays méditerranéens, notamment les deux petits îles de Malte et Chypre, incapables de faire face physiquement à l’afflux de réfugiés. Tandis que les Etats les plus éloignés, comme le Royaume-Uni ou la Suède, sont plus protégés. Comme l’a souligné Jacques Barrot. "C'est injuste pour les Etats de l'UE parce qu'ils ne supportent pas tous le même fardeau, mais c'est surtout injuste pour les demandeurs d'asile". Ce dispositif pourra donc être suspendu au besoin quand  l’Etat concerné est « surchargé » ou n’offre pas un « niveau de protection suffisant » au réfugié.

NB: Ce paquet doit être approuvé à la fois par le Parlement européen et les représentants des Etats membres. La règle de la majorité s’appliquant. Le droit de veto a, en effet, été aboli depuis janvier 2005.
- Par Nicolas Gros-Verheyde
Jeudi 4 décembre 2008
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Crise financière oblige, une des priorités de la présidence française de l’UE, devrait passer quasi-inaperçue du sommet européen. Cependant les 27 chefs d’Etat et de gouvernement, réunis à Bruxelles, hier et aujourd’hui, vont entériner – sans coup férir - le« pacte européen pour l’immigration et l’asile ».  Le document est certes moins ambitieux que ne l’espérait au départ la présidence. Il ressemble davantage à une succession de principes qu’à un réel plan de travail. Mais il constitue indéniablement un tournant dans la politique d’immigration et d’asile européenne. Un tournant qui peut être criticable …

Jusqu’ici — dans les plans entérinés sous les présidences finlandaise en 1999 et néerlandaise en 2004, par exemple –, l’Europe recherchait un certain équilibre entre l’accueil ou l’intégration des demandeurs d’asile et immigrants et l’expulsion des illégaux. Ici le mot d’ordre est clair. « L’Union européenne n’a pas les moyens d’accueillir dignement tous les migrants. » La ligne politique est tracée. Il s’agit « d’organiser l’immigration (…) en tenant compte des priorités, des besoins et des capacités d’accueil déterminés par chaque Etat membre ».

• L’immigration choisie devient la clé de voûte du système. Il s’agit de renforcer l’attractivité de l’Union pour les travailleurs hautement qualifiés, étudiants ou chercheurs ; d’avoir « une politique d’immigration professionnelle », qui tienne compte des « besoins du marché du travail de chaque Etat ».

• La lutte contre l’immigration irrégulière occupe beaucoup d’espace dans ce Pacte, qu’il s’agisse de sécuriser les frontières ou d’encourager les Etats à coopérer dans les expulsions.

• Les régularisations sont encadrées : « au cas par cas et non être générales » et pour des motifs « humanitaires ou économiques ».

• L’objectif d’intégration « harmonieuse » des immigrés reste flou. La fixation des droits (accès à l’éducation, au travail, aux services publics et sociaux), comme des devoirs (apprentissage de la langue…), des immigrés est renvoyée au bon soin de chaque Etat. Le projet de contrat d’intégration – cher au président Sarkozy – est ainsi passé à la trappe.

(article paru dans Ouest-France aujourd'hui)

Pour télécharger le texte du Pacte sur l'immigration et l'asile
- Par NGV
Jeudi 16 octobre 2008
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Revenant sur sa position antérieure (*), la Cour de justice des communautés européennes (CJCE) a décidé, le 25 juillet, qu’un étranger, hors Union européenne (UE), marié à un(e) citoyen(ne) européen(ne), peut l’« accompagner » ou le « rejoindre » lorsqu’il (elle) fait usage de son droit à libre circulation dans l’Union. Plus précisément, la Cour affirme que la directive  relative à la liberté de circulation des citoyens de l’Union  et des membres de leurs familles (**) s’oppose à une législation, comme celle équivalent à l’Irlande, qui exige du ressortissant étranger d’avoir séjourné légalement dans l’Union européenne avant de se marier pour avoir droit au séjour (Arrêt CJCE Metock et autres, C-127/08).

En l'espèce, les demandes d’asile des conjoints étrangers avaient été rejetées pour quatre couples mixtes résidant en Irlande et étaient menacés d’expulsions. La Haute Cour d’Irlande posait la question de savoir si le droit européen autorise un Etat membre à soumettre le droit au séjour d’un conjoint étranger à la condition d’avoir au préalable séjourné légalement dans l’Union européenne. Les objectifs supérieurs du droit communautaire, comme la liberté de circulation des personnes dans l’Union mais aussi l’assurance d’une vie familiale  normale aux familles européennes, ont fait penché la balance. La Cour décide que ni un mariage antérieur ni un séjour légal  préalable, ne peut être exigé  d’un conjoint étranger pour accompagner ou rejoindre son conjoint européen à l’intérieur de l’Union.

Une décision qui pourrait avoir des conséquences sur le droit français du séjour des étrangers qui prévoit actuellement l’exigence  d’un degré de connaissance de la langue française et des valeurs de la République, exigence  non prévue par la directive.

(*) l’arrêt Akrich du 22 septembre 2003
(**) Directive n° 2004/38/CE du 29 avril 2004, J.O. L 158 du 30-04-04, p. 77

(Article paru dans Actualités sociales hebdomadaires - © ASH/AC)
- Par AC
Lundi 1 septembre 2008
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(article paru dans Ouest-France, juillet 2008) L’immigration et l’asile est une des plus « jeunes » politiques de l’UE. Harmoniser ces politiques suscite donc des résistances. Mais si les Etats membres restent très jaloux de leurs prérogatives, ils sentent bien également que davantage d’unité est nécessaire. C’est sur ce sentiment contradictoire que la présidence française de l’UE va devoir « surfer » pour négocier un accord.
• Travail clandestin. La directive harmonisant les sanctions contre les employeurs de clandestins doit normalement être réglée avant fin 2008 ; les 27 s’y sont engagés. Mais de nombreux pays – comme l’Allemagne – refusent un tel encadrement.
• Immigrants légaux. L’Allemagne est plutôt réticente au projet de « carte bleue », comme certains pays de l’Est européen, pour d’autres raisons. Il faut « d’abord lever toutes les restrictions à la libre circulation de nos travailleurs » disent-ils.  
• Régularisations. L’appel de Sarkozy à renoncer aux régularisations se heurte à une nette opposition de l’Espagne.
• Intégration. Plusieurs pays, dont l’Espagne, sont hostiles au coté « obligatoire » d’un tel contrat. La Roumanie exige un traitement non discriminatoire de ces roms (en Italie particulièrement).
• Réfugiés. Le projet visant à traiter de façon plus homogène les demandes d’asile suscite des « réticences » de Berlin et de Londres, notamment.
• Code européen. L’idée, allemande, de créer un « codex » européen sur chaque sujet (asile, immigration…) répertoriant toute la législation en vigueur, est jugée de « révolutionnaire » par les diplomates.

NB : Les décisions au Conseil des ministres de l’UE se prennent à la majorité qualifiée pour l’asile et l’immigration illégale mais à l’unanimité (donc avec droit de veto) pour l’immigration légale. Cette dernière règle peut être modifiée, à tout moment, si les 27 sont d’accord.
- Par Nicolas Gros-Verheyde
Lundi 7 juillet 2008
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(article paru dans Ouest-France, juin 2008) Après d’âpres discussions, la directive sur l’expulsion des sans-papiers a été finalement adoptée, hier, au Parlement européen, à Strasbourg, à une large majorité (367 voix pour, 206 contre et 109 abstentions). Un texte dénoncé par une partie de la gauche, l’Eglise et les ONGs comme non respectueux des droits fondamentaux. Mais qui a le mérite de fixer des règles là  où jusqu’à présent chaque Etat faisait ce qu’il voulait, arguent les promoteurs du texte.

La directive, qui doit être transposée d’ici deux ans dans les 27 Etats membres, fixe cinq principes.
Priorité au retour volontaire. Le sans-papier a un délai jusqu’à 30 jours pour retourner volontairement. Délai qui peut être allongé dans certaines circonstances (enfants scolarisés, etc.)
Pas d’expulsion sans juge. Faute de retour volontaire, c’est un juge qui prend la décision d’expulsion, vers le pays d’origine, de transit ou un pays qui accepte le sans-papier. Celui-ci peut faire peut faire appel. Mais sans être sûr d’avoir un sursis à l’expulsion.
Rétention. En attendant l’expulsion, le sans-papier peut être placé en rétention pour six mois maximum (18 mois dans certains cas). Il a droit à une assistance juridique et médicale. Les ONGs auront un accès à ces centres (ce qui n’est pas le cas partout en Europe).
Protection. Chaque Etat reste libre de fixer des règles plus protectrices pour l’étranger. En France, la durée de rétention resterait ainsi fixée à 32 jours.
Surveillance. La directive, une fois transposée, sera soumis au contrôle de la Commission, qui pourra poursuivre un Etat qui applique mal le texte, et de la Cour de justice européenne. Celle-ci vient de mettre en place une procédure d’urgence pour pouvoir répondre en quelques semaines aux demandes envoyées par les juges nationaux.

- Par Nicolas Gros-Verheyde
Jeudi 19 juin 2008
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Les listes de pays d’origine sûrs - ou pays tiers sûrs - qui permettent le renvoi accéléré de demandeurs d'asile provenant de certains pays - avaient été très contestées dès leur conception par les praticiens  – comment définir un pays sûr ? – et semé la zizanie au sein de la Commission européenne mais aussi des Etats membres qui n’avaient pu se mettre d’accord sur les noms des pays qui y figureraient. Ce point avait donc été reporté à plus tard, lors de l'adoption de la directive, en recourant à une procédure adhoc (sans rôle important du Parlement européen). La directive du 1er décembre 2005 (article 29) prévoyait ainsi que le Conseil adopte ces listes après une simple consultation du Parlement européen. C'est ce procédé - pour le moins antidémocratique - que la Cour de justice européenne vient de censurer, le 6 mai dernier.

Zéro pointé aux Etats membres
A lire l'arrêt (C-133/06), on s'aperçoit que les juges ont très ironiquement asséné un zéro pointé aux Etats membres pour leur interprétation, particulièrement personnelle, des traités européens. Les « règles relatives à la formation de volonté des institutions communautaires sont établies par le traité et ne sont pas à la disposition des Etats membres ou des institutions elles-mêmes ». Reconnaître à une institution la possibilité d'établir des « bases juridiques dérivées » reviendrait à lui attribuer un pouvoir législatif « qui excède » ce qui est prévu.

Obligation de décision avec le Parlement
La procédure de codécision devra être appliquée, poursuivent les juges, « tant pour l'adoption et la modification des listes des pays sûrs par voie législative » que pour la décision éventuelle de recourir à d'autres procédure d'adoption. Autrement dit, il est impossible de contourner le rôle des eurodéputés. Ce qui n'est que logique dans un domaine où les libertés sont en jeu... Précision : Le Conseil des Ministres de l'UE  – soutenu par la France ! – estimait cette procédure légitime. Le Parlement européen – soutenu par la Commission européenne – plaidait, au contraire, la solution finalement retenue par les juges (procédure de codécision).

 


- Par NGV
Mardi 13 mai 2008
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Bien sûr, quand on l'interroge, comme j'ai pu le constater, vendredi dernier, la Commission européenne se "félicite du compromis obtenu sur la directive retour" entre (précision utile) "la présidence et le rapporteur du Parlement". Car elle "pave la voie à l’adoption en première lecture. Ce texte sera très probablement adopté avec la plénière du 4 juin" estime ainsi le porte-parole de la Commission qui lit une déclaration écrite, rédigée par le cabinet du commissaire (absent depuis maintenant près d'un mois pour cause d'élection italienne) Franco Frattini.

Mais interrogée plus précisément sur le délai de rétention, très long par rapport à la proposition initiale, la Commission botte en touche à plusieurs reprises pour éviter de dire qu'en fait elle n'est pas tout à fait d'accord... "La Commission ne se prononce pas sur les détails". Vous n'êtes donc pas informé de tous les détails ? Réponse : "Il faut distinguer avoir connaissance de certains points et avoir suffisamment d'éléments pour en apprécier les éléments".

Selon la Commission Trois = Deux
Bref, en clair, la Commission européenne est très loin de partager le semblant de compromis de la présidence slovène et craignant que le succès parte en fumée au Parlement se réserve de toute approbation et veut se retirer du jeu. Le porte-parole a ainsi utilisé une formule très littéraire, mais fort peu mathématique, pour justifier sa "non position" : "dans un trilogue législatif... il y a deux parties, le Parlement d'un coté, le Conseil de l'autre". Autrement dit, la Commission ne se compte pas dans le trilogue... Formidable démonstration mathématique !
- Par NGV
Mardi 29 avril 2008
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Jeudi, 18h : Dragutin Mate, ministre slovène de l'Intérieur, annonce fièrement avoir "atteint un accord, aujourd'hui à Strasbourg, sur le texte de la directive « retour » au terme d'un trilogue avec le Parlement européen. La discussion
associait le député européen (NB de la CSU, membre du PPE), Manfred Weber, rapporteur sur la directive « retour », les députés des autres groupes politiques et les représentants de la Commission européenne". Un succès estimable, il s'agissait en effet de pouvoir faire passer cette directive, contestée par certaines ONGs, en première lecture. Un premier résultat à l'acquis de la présidence slovène de l'Union européenne qui - depuis 4 mois qu'elle préside, il  faut le reconnaître -, n'a pas grand chose à mettre à son actif... 

Oui mais... 2 heures plus tard, survient un démenti cinglant, du parti socialiste européen (PSE) : "Nous n'avons jamais donné notre accord" ! Et le groupe est, sur cette question "unanime" précise un de ses responsables (NB : ce qui est plutôt rare -:))

  Explication de cette méprise, par Martine Roure, la shadow rapporteur du PSE : "il y a eu un accord, oui mais avec le seul r eprésentant du PPE, les shadows rapporteurs autour de la table n'avaient pas le droit à la parole (c'est parfois le cas dans ce genre de rencontre). Nous avions prévenu auparavant le rapporteur que nous ne donnerions notre accord qu'à certain es conditions, notamment sur la rétention des mineurs, des familles, l'éducation des enfants, et surtout sur la durée de r étention. C'était notre ligne rouge : avoir une durée de rétention des immigrés limitée à trois mois - six mois maximum de façon exceptionnelle. Et cette ligne rouge a été franchie". La directive prévoit ainsi une durée de 6 mois pouvant êtr e prolongée jusqu'à 18 mois, dans le projet de directive !

Précision supplémentaire, le PSE n'est pas vraiment isolé. Les Verts et la GUE (communistes) sont - par principe - opposés à cette directive. Et certains libéraux et même certains membres du PPE sont aussi très mitigés. Autant dire qu'en fait de constat d'accord, c'est plutôt un constat de désaccord. Si majorité il y a, elle risque d'être très serrée. Et les débats risquent d'être chaud - d'ici juin - (date prévue pour le débat en plénière au Parlement). Le Parlement européen, en général, très soucieux de ses prérogatives, n'aime pas qu'on lui force la main...
- Par NGV
Vendredi 25 avril 2008
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Une nouvelle procédure préjudicielle « d’urgence » devant la Cour de justice des Communautés européennes Cjce-salle_audience.jpg (CJCE) est entrée en vigueur le 1er mars. La Cour pourra ainsi rendre un arrêt, rapidement, dans les domaines de la Liberté, de sécurité et de justice, qui requièrent une décision rapide notamment en cas de « situations privatives de liberté » : mandat d’arrêt, non-admission, expulsion, refus de demande d’asile… (voir la 0043:FR:PDF">décision publiée au JO).

Cela permettra aux justiciables, au juge ou au procureur de la République / du Roi, quand une question de conformité au droit communautaire se pose dans ces domaines attentatoires aux libertés publiques, d’avoir la certitude que la mesure envisagée est bien conforme au droit communautaire. Précisons que l’arrêt rendu par la Cour ne sera pas un arrêt de référé ou une mesure d’urgence susceptible de recours mais un arrêt définitif, sans recours possible.
Les modalités pratiques de la  procédure ont été fixées par le président de la Cour (voir la note circulaire).

Quelques semaines ou mois au lieu de 18 mois
Au lieu des 18 mois en moyenne que réclame un arrêt, celui-ci pourra être rendu en moins de trois mois, en supprimant ou accélérant certaines étapes de la procédure. Si nécessaire, en cas d’extrême urgence (expulsion…), un arrêt pourra être rendu en quelques semaines. Cette décision est cependant moins ambitieuse que la proposition faite par le président de la Cour en 2006 (voir le projet).

Le poids des traductions
La procédure devant la Cour de justice européenne est plus lourde que devant une juridiction nationale notamment à cause des traductions dans toutes les langues communautaires, à plusieurs étapes de la procédure (introduction de l’affaire et arrêt). Une contrepartie – et une condition nécessaire - à la valeur qu’a un arrêt de la CJCE dans tous les pays de l’Union européenne puisque celui-ci s’impose à toutes les juridictions nationales.

- Par NGV
Mercredi 12 mars 2008
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La Commission européenne a rendu public, le 26 novembre, son rapport évaluant la mise en œuvre par les États membres de la directive de 2003 relative à des normes minimales pour l'accueil des demandeurs d'asile, souvent appelée la «directive relative aux conditions d'accueil».

Transposition satisfaisante...
D'une manière générale, la directive a été transposée « de manière satisfaisante dans la majorité des États membres » souligne la Commission. « Seuls quelques problèmes de nature horizontale liés à une transposition incorrecte ou à une mauvaise application de la directive ont été observés ». En outre, contrairement aux « prévisions formulées suite à l'adoption de la directive, il semble que les États membres n'aient pas abaissé leurs normes antérieures d'assistance aux demandeurs d'asile », estime-t-elle. Concernant la France, deux problèmes principaux sont notés. D’une part, l'applicabilité de la directive est limitée durant la période au cours de laquelle l'État membre responsable du traitement de la demande d'asile en vertu du règlement de Dublin est déterminé. D’autre, part, la remise du document au demandeur d’asile attestant de son statut dans un délai de trois jours après le dépôt de leur demande d'asile n’est pas respecté, bien qu’il figure ne façon claire dans la législation.

Mais nombre de droits sociaux bafoués...
En revanche, l'évaluation de la Commission est plus sévère pour les droits sociaux accordés aux demandeurs d’asile. « L'important pouvoir discrétionnaire accordé par la directive dans différents domaines, notamment en ce qui concerne l'accès à l'emploi et aux soins de santé, le niveau et la forme des conditions matérielles d'accueil, les droits liés à la libre circulation et les besoins des personnes vulnérables, entrave l'établissement de règles identiques dans les États membres en matière de conditions d'accueil » souligne le rapport.

Situation française problématique
Pour la France, plusieurs problèmes ou irrégularités majeures sont ainsi mentionnés. Citons en cinq :
1° Les prestations financières versées aux demandeurs d’asile sont souvent « trop modestes pour assurer la subsistance » ;
2° Contrairement aux dispositions de la directive, « l'accès à l'éducation aux mineurs placés en détention est refusé, rendu impossible ou très limité dans la pratique » ;
3° Les personnes ayant des besoins particuliers ne sont pas pris en charge ;
4° La durée du temps de travail autorisé pour les demandeurs d’asile est trop limitée ;
5° L’Hexagone fait partie des Etats — avec Chypre et l’Italie — qui connaissent une pénurie structurelle de places disponibles pour leurs demandeurs d'asile.

Frattini annonce une révision de la directive
Face à toutes ses questions, le Commissaire européen à la Justice, la Liberté et la Sécurité, Franco Frattini,  a annoncé son « intention de proposer des modifications à apporter à la directive, afin de résoudre ces questions, en 2008 ». Ce après l'achèvement de la consultation sur le livre vert.

NB: Une audition publique sur le futur régime d'asile européen commun a eu lieu le 7 novembre dernier.



- Par NGV
Samedi 1 décembre 2007
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