L'
Hymne à la joie de Beethoven, tiré d'un poème de Friedrich Von Schiller, n'étant plus inscrit dans le marbre des Traités, ne faut-il pas réfléchir à trouver un air un peu plus entraînant, un peu chantant, un peu plus mobilisant ? -:)
Un air sans paroles a effectivement l'avantage de contourner la question épineuse de la langue. Mais l'atmosphère wagnérienne qui marque cet air — la symphonie était dédiée au Roi de Prusse —, sans compter la
polémique qui entoure son utilisation par le régime nazi, et surtout la conception classique de l'air empêche l'enthousiasme populaire de s'épancher outre mesure.
Pourquoi alors ne pas s'appuyer sur ce fameux morceau de
Arno, le
chanteur d'Ostende (Belgique). Quand il était dans le groupe TC matics, il avait repris l'air de Beethoven, en le corsant un peu de guitares échevelées de paroles, sentencieuses :
"Putain putain, c'est vachement bien, nous sommes quand même, tous des Européens" (chanson reprise aussi par le suisse Stephan Eicher). Ce n'est pas vraiment sorcier à traduire dans les 23 langues. Et qui n'a jamais vu vaccillé une salle, pleine à craquer de jeunes et de moins jeunes, tapant sur du pied sur les notes de Beethoven et hurlant à faire trembler les vitres, doit se rendre immédiatement à un des prochains concerts d'Arno. Il comprendra alors que pour vibrer sur un air classique, rien de plus simple, il suffit de le rendre plus rock.
Paroles de "Putain putain" : âmes sensibles, ou qui ne comprennent pas le deuxième degré de l'humour flamand, s'abstenir.