Le paquet social que la Commission européenne devait présenter, fin juin, est reporté au 2 juillet (au lieu du 25 juin comme annoncé un moment). Il comprend toujours un ensemble de communications,
dont l'Agenda social rénové, et trois directives : sur les comités d'entreprises, sur les discriminations et sur les soins transfrontières. Ces deux dernières propositions suscitent d'intenses
débats au sein de la Commission et un séminaire prévu dans la 2e quinzaine de juin devrait permettre d'y voir plus clair.
Rédiger un texte sur les
discriminations liées aux religions, à l'orientation sexuelle est en effet beaucoup plus compliqué et explosif que cela en a l'air (comment traiter la question des
homosexuels ou des sectes par exemple). Ne rien rédiger sur ces sujets est, tout aussi, problématique ! C'est toute l'ambiguité où est laissée la Commission. Connaissant José-Manuel Barroso, on
peut parier qu'il choisira la solution qui suscite le moins de vagues. Pourquoi pas reporter la discussion par exemple!...
Quant au dossier des
soins "transfrontières", il est dans le même état que Kyprianou l'avait laissé. Tant qu'on ne parle pas d'un texte, tout le monde est d'accord ; quand des bouts de texte
commencent à être présentés, l'accord commence à être plus dubitatif. Quant à rassembler tous les bouts de texte en un seul, il suscite l'adhésion que si c'est le minimum du minimum, au point de se
dire : est-ce vraiment la peine ? Le choix est, en effet, le même qu'auparavant : comment faire passer la pilule à certains pays (à certains commissaires), et ensuite aux citoyens, que libéraliser
le système de la santé, permettre aux établissements privés de santé de s'équiper comme bon leur semble, faire éclater les cartes sanitaires et autres obligations mises en place par les Etats
membres pour faire tenir leurs dépenses de santé dans un carcan budgétaire… sera utile aux citoyens pour se faire soigner, mieux et moins cher. C'est ni plus ni moins un leurre, au moment où chaque
Etat - et chaque citoyen - serre la ceinture d'un cran ! De plus, au niveau politique, le dossier recèle toujours un caractère explosif, aggravé par le contexte politique actuel (période de
ratification du traité de Lisbonne et élections au Parlement européen...). Un vrai boomerang qui risque de nous "peter à la gueule" jure certain expert à la Commission...