L'auteur

Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste. Correspondant sur les affaires européennes pour le quotidien Ouest-France et collaborateur à Europolitique (agence de presse) sur les secteurs "social", "défense-sécurité" (voir autre blog stratégie) et "Traité". Je m'occupe aussi - pour varier les plaisirs! - d'actualité musicale... (RFi Musique) et de la formule weekend d'Europolitique. Spécialisé au fil des ans sur les questions sociales et l'Europe, ce blog est la réunion de ces deux intérêts. Depuis 1989, j'ai travaillé pour différents journaux (Le quotidien de Paris, La Tribune, France-Soir... voir les articles), réalisé quelques travaux plus académiques (mémoire sur "les règles de concurrence face aux règles sociales", 1996) et publié des ouvrages et publications, juridique-pratique : "temps de travail", "comité d'entreprise", "formation professionnelle" ...(Ed. Partenaires/Ministère du Travail), "représentation du personnel dans les entreprises" (Ed. Dalian/Wolter Kluwer) et même un "Guide du service national" (Ed. Puits Fleury, 1998). Pour m'écrire

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Texte Libre

Ni leurre ni sinécure, l'Europe (et l'Europe sociale) s'élaborent, jour après jour, non sans difficultés !
Bruits de couloirs, discussions informelles, projets et contre-projets, histoire(s), contexte, texte(s), décryptages...  ce blog entend se faire l'écho de ce qui "bouge" à Bruxelles (Commission), Strasbourg (Parlement), Luxembourg (Cour de justice). Conditions de travail, Sécurité sociale, Service public, droits fondamentaux, citoyens, traité de Lisbonne...

Mardi 19 décembre 2006

Cet arrêt du Conseil constitutionnel français doit être lu attentivement. Au-delà de la question qu'il règle - le feu vert conditionnel donné à la privatisation de Gaz de France, préalable à la fusion avec le groupe Suez - il donne surtout une opinion, très libre sur trois notions européennes : le service public, la notion de monopole de fait et, enfin, la conformité aux directives des lois nationales. 50 ans, après le Traité de Rome, l'intégration européenne ne paraît pas encore avoir gagné tous les coeurs et les esprits. Particulièrement au sein des Cours constitutionnelles.


Directive et loi nationale. Le Conseil Constitutionnel rappelle tout d'abord son interprétation de l'intégration européenne. "La transposition en droit interne d'une directive communautaire résulte d'une exigence constitutionnelle". Et c'est aux Neuf sages qui composent la Cour suprême française de veiller au respect de cette exigence. Une confirmation. Mais ce contrôle de conformité ne va pas sans limite.

Premièrement, "la transposition d'une directive ne saurait aller à l'encontre d'une règle ou d'un principe inhérent à l'identité constitutionnelle de la France, sauf à ce que le constituant y ait consenti".

Deuxièmement, les juges soulèvent ce qui est un véritable hiatus juridique. "Devant statuer avant la promulgation de la loi", dans un délai très court, le Conseil constitutionnel ne peut en effet saisir la Cour de justice des Communautés européennes d'une question préjudicielle. Il ne peut donc déclarer non conforme à la Constitution qu'une "disposition législative manifestement incompatible avec la directive qu'elle a pour objet de transposer". En tout état de cause, "il revient aux autorités juridictionnelles nationales, le cas échéant, de saisir la Cour de justice des Communautés européennes à titre préjudiciel".

Cela revient à dire que le Conseil ne pouvant détecter que les illégalités grossières, et ne pouvant en cas de doute, consulter ses homologues européens, il n'y a pas de contrôle efficace de la conformité européenne des lois françaises. Un véritable problème européen. Il n'y a pas de concertation organisée entre toutes les Cours constitutionnelles des Etats membres et la Cour de justice. Il manque ainsi au niveau de l'intégration communautaire ce qui existe au niveau de la monnaie à la Banque centrale européenne. Au passage, d'ailleurs, le Conseil constitutionnel laisse planer une lourde épée de Damoclès sur la fusion Suez-Gdf.


Qui définit le Service public ? Les juges dressent ensuite le cadre du service public, à la française. "La nécessité de certains services publics nationaux découle de principes ou de règles de valeur constitutionnelle". C'est "au législateur ou à l'autorité réglementaire, selon les cas, de déterminer les autres activités qui doivent être ainsi qualifiées, en fixant leur organisation au niveau national et en les confiant à une seule entreprise". Le fait "qu'une activité ait été érigée en service public national sans que la Constitution l'ait exigé ne fait pas obstacle au transfert au secteur privé de l'entreprise qui en est chargée". Ce transfert suppose que "le législateur prive (cette) entreprise des caractéristiques qui en faisaient un service public national". On retrouve là l'idée du mandatement des services publics que les autorités européennes souhaitent promouvoir. Mais interprète de façon très nationale l'idée chère à Bruxelles de la neutralité des opérations de privatisation sur l'existence d'un service public. 


Le monopole de fait. Le Conseil finit, enfin, par définir une notion bien connue des spécialistes de la concurrence, celle de "monopole de fait". Celui-ci s'entend "compte tenu de l'ensemble du marché à l'intérieur duquel s'exercent les activités des entreprises ainsi que de la concurrence qu'elles affrontent sur ce marché de la part de l'ensemble des autres entreprises. On ne saurait prendre en compte les positions privilégiées que telle ou telle entreprise détient momentanément ou à l'égard d'une production qui ne représente qu'une partie de ses activités". Une définition qui s'inspire de pratiques européennes mais est néanmoins sensiblement différente.

 

 

 

par NGV publié dans : Service public Solidarités
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Mercredi 13 décembre 2006

Le Parlement européen a adopté, le 13 décembre, la proposition de règlement sur le Fonds d’ajustement à la Mondialisation. Un vote acquis, à une nette majorité, à mains levées. Il s’agit d’une première (et unique) lecture. Après plusieurs concertations informelles et plusieurs trilogues, un accord obtenu le 30 novembre a, en effet, permis d’arriver à un compromis avec les ministres. Ce qui permet au Fonds d’être opérationnel dès 2007, comme prévu. Un petit record dans les annales sociales. Puisqu’entre la proposition de la Commission, fin février 2007, et l’adoption, il se sera écoulé moins d'un an. Une "victoire pour les travailleurs et sur nos différences nationales" s'est félicitée la rapporteure Roselyne Bachelot (PPE/UMP, France).

En quelques mots. Ce nouveau Fonds est déclenché en cas de choc de la mondialisation "lorsque des modifications majeures de la structure du commerce mondial conduisent à une perturbation économique grave ou un recul brusque et rapide de la part de marché de l’Union européenne dans un secteur donné ou une délocalisation vers des pays tiers".

Il interviendra uniquement pour les grosses restructurations - au moins 1000 pertes d'emploi dans une entreprise (avec ses sous-traitants) ou dans un secteur particulier (d'une ou deux régions), voire "dans des circonstances exceptionnelles, dûment justifiées par les Etats membres". Doté de 500 millions d'euros par an, le Fonds financera des projets (à 50 %, soit un euro européen pour un euro national) pour faciliter la réinsertion "active" des travailleurs : aide à la recherche de travail, développement de la formation, promotion de l’entreprenariat, micro-crédits, incitations financières, particulièrement destinées aux travailleurs âgés, pour leur permettre de rester sur le marché du travail ». 

par NGV publié dans : Emploi Chomage Restructurations Industrie
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