L'auteur

Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste. Correspondant sur les affaires européennes pour le quotidien Ouest-France et collaborateur à Europolitique (agence de presse) sur les secteurs "social", "défense-sécurité" (voir autre blog stratégie) et "Traité". Je m'occupe aussi - pour varier les plaisirs! - d'actualité musicale... (RFi Musique) et de la formule weekend d'Europolitique. Spécialisé au fil des ans sur les questions sociales et l'Europe, ce blog est la réunion de ces deux intérêts. Depuis 1989, j'ai travaillé pour différents journaux (Le quotidien de Paris, La Tribune, France-Soir... voir les articles), réalisé quelques travaux plus académiques (mémoire sur "les règles de concurrence face aux règles sociales", 1996) et publié des ouvrages et publications, juridique-pratique : "temps de travail", "comité d'entreprise", "formation professionnelle" ...(Ed. Partenaires/Ministère du Travail), "représentation du personnel dans les entreprises" (Ed. Dalian/Wolter Kluwer) et même un "Guide du service national" (Ed. Puits Fleury, 1998). Pour m'écrire

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Texte Libre

Ni leurre ni sinécure, l'Europe (et l'Europe sociale) s'élaborent, jour après jour, non sans difficultés !
Bruits de couloirs, discussions informelles, projets et contre-projets, histoire(s), contexte, texte(s), décryptages...  ce blog entend se faire l'écho de ce qui "bouge" à Bruxelles (Commission), Strasbourg (Parlement), Luxembourg (Cour de justice). Conditions de travail, Sécurité sociale, Service public, droits fondamentaux, citoyens, traité de Lisbonne...

Vendredi 27 juillet 2007
Après une séance inaugurale, les 24 et 25 juillet, consacrée aux premières explications, à la méthode, l’organisation des travaux et les questions préliminaires, les experts juridiques du Conseil ont convenu de se revoir… le 29 août (calendrier des réunions). Deux jours (29 et 30 août) seront consacrées aux amendements au Traité de l’Union européenne ; deux jours 1/2 aux amendements au Traité de la CE et 1 1/2 aux protocoles et déclarations.
Le tout avant le Gymnich, la réunion informelle des Ministres des affaires étrangères, les 7-8 septembre au Portugal, près de Porto. C’est on ne peut plus court pour une séance de négociation d’un Traité européen complet. Et si le calendrier est tenu, on n’aura jamais vu aussi court dans l’histoire européenne. Prudente, la présidence portugaise a prévu une séance « éventuelle » de deuxième lecture limitée à 4 jours du 10 au 13 septembre.
La question est de savoir si dans le mois restant avant le sommet de Lisbonne, il est prévu, et possible, de traduire et parfaire la traduction dans les 23 langues de l’UE afin d’en permettre une signature.
par NGV publié dans : Traité européen - CIG 2007
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Jeudi 26 juillet 2007
Le règlement communautaire visant à faciliter l’accès aux avions des personnes handicapées et des passagers à mobilité réduite est entré en partie en vigueur le 26 juillet. Ce texte interdit aux compagnies aériennes de refuser la réservation ou l’embarquement d’une personne en raison de son handicap ou de son âge. Décision qui réjouit les organisations européennes de défense des personnes handicapées, la FEPH notamment.

A quelques réserves près. “Nous sommes préoccupés parce que les exceptions énumérées dans l’article 4 laissent la porte entrouverte à des futures discriminations envers les passagers handicapés. Pour que le règlement soit réellement effectif, il faudra clarifier les motifs de sécurité qui peuvent être invoqués lorsqu’une personne handicapée se voit l’embarquement refusé » explique son président M. Vardakastanis.

Tout le règlement n'est pas encore en vigueur. La disposition (article 7 et suivants du règlement) obligeant à fournir une assistance gratuite à une personne ayant des difficultés à se déplacer n'entre en vigueur qu'au 26 juillet 2008.

Pour prendre conscience de quelques difficultés que rencontrent les handicapés pour accéder à l'avion, quelques exemples.
par NGV publié dans : Service public Solidarités
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Mercredi 25 juillet 2007
C'est désormais officiel, confirmant les informations de ce blog, le porte parole polonais du Ministère des Affaires Etrangères, Robert Szaniawski, aurait déclaré - selon des propos rapportés dans la presse polonaise - que la partie sociale de la Charte a été acceptée sans réserves par la Pologne. Une analyse reste cependant en cours en ce qui concerne les questions morales et sur la famille
par NGV publié dans : Racisme Droits Fondamentaux
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Lundi 23 juillet 2007
S’il y a aujourd’hui un protocole sur les Services économiques d’intérêt général (SIEG) dans le projet de Traité européen, il faut en reconnaître la paternité essentielle… aux Pays-Bas. Une proposition — qui a rencontré un soutien mollement affirmé des Belges, Luxembourgeois et Français – mais un accueil positif des Allemands.

Une vraie surprise, la vraie surprise même de ce nouveau traité !
Peu de diplomates ou d’experts pariaient, en effet, il y a quelques semaines encore, sur l’incorporation d’un protocole « social » au nouveau traité. Au point que les premières réactions ont oublié ce point (étonnamment au parti socialiste, pourtant ardent défenseur de ce sujet). L’existence de ce protocole rend également pour la Commission européenne — pour le moins réticente sur la question — l’obligation de produire des travaux un peu plus ambitieux sur les SIG et les SIEG que ceux sortis ou prévus jusqu’à alors.

Le dossier "logement social" déterminant
Cette détermination néerlandaise s’explique par un dossier contentieux avec la Commission européenne. Les Pays-Bas sont, en effet, sous le coup d’une enquête de la DG Concurrence depuis juillet 2005 sur la compatibilité des aides d'Etat aux coopératives de logement social, enquête qui continue toujours, précise-t-on à la DG Concurrence.
Les Pays-Bas sont en effet le pays de l’Union européenne qui comprend le plus grand nombre de logements sociaux par habitant (36% de la population habite dans le secteur locatif aidé. Et les 600 coopératives — souvent liées aux collectivités locales — y jouent un rôle primordial. Elles détiennent 75% des logements locatifs (les particuliers en possédant 12 % et les investisseurs institutionnels et les sociétés de promotion immobilière et entreprises de construction les 13 % restants du marché). Le secteur bénéficie de plusieurs dispositifs d’aides : subventions d’assainissement, subventions aux projets, garanties financières, exonération de l’impôt sur les sociétés, de l’impôt sur les mutations, capacité d’emprunt à la Banque des Communes Néerlandaises (BNG). Dispositif considéré comme faussant la concurrence hors des frontières du pays, selon la Commission, car il peut dissuader des investisseurs européens.

La mixité sociale dans le collimateur de la DG Concurrence
La Commission a notamment critiqué le mélange des genres — les coopératives ayant également des activités commerciales — et le croisement des subventions. Elle a également critiqué le concept de mixité sociale, estimant que « les activités de logement des coopératives ne restent pas limitées aux socialement défavorisés. En cas de surcapacité, les coopératives du logement louent les logements à des personnes bénéficiant de revenus relativement élevés, les concurrents commerciaux non bénéficiaires de l'aide publique étant ainsi défavorisés ».
La solution avancée par les autorités néerlandaises qui consiste à limiter la valeur maximum des logements susceptibles d’être considérés comme « logements sociaux » ne règle pas ce problème. Le gouvernement a proposé différentes mesures comme d'introduire un plafond de ressources pour l'accès au logement social (33.000 euros), de séparer les activités commerciales et de service public des coopératives, et de préciser leurs missions de service public, ainsi que de rendre plus transparentes les subventions notamment dans des opérations de restructurations urbaines.

D'autres Cas dans les tuyaux
La DG Concurrence a traité deux autres dossiers dans le domaine du logement social. L’un concerne une plainte de la fédération européenne de la propriété dirigée contre le système suédois de logement social, estimant que le gouvernement a dépassé son rôle classique de lutte contre la ségrégation dans le logement des plus défavorisés. L’autre a abouti à une décision d’interdiction. En mars 2005, la Commission avait en effet considéré comme contraire le système d’exonération de la taxe sur les mutations immobilières pour les sociétés de logement de Berlin ; couvrant l'ensemble de Berlin, et non les seuls «îlots de précarité», « l’aide est disproportionnée », a-t-elle estimé.
par NGV publié dans : Service public Solidarités
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Lundi 23 juillet 2007
Contrairement à ce qu'ont annoncé certains médias, qui ont découvert - avec effarement - que la Pologne avait posé la possibilité d'un opt-out à la Charte des droits fondamentaux. le gouvernement polonais paraît plutôt enclin désormais à ne pas donner suite à cette disposition qui lui permet, à l’instar des Britanniques, de ne pas appliquer (ou plutôt de rendre) obligatoires certaines dispositions de la Charte, notamment en matière de justice et libertés et en matière sociale.

Officiellement, le gouvernement analyse l’impact de la Charte. Mais il semble bien, estime un diplomate, que finalement le gouvernement polonais laisse cette clause non utilisée. Cette disposition dérogatoire avait suscité en Pologne une nette hostilité des syndicats, notamment Solidarnosc, réputé proche du pouvoir. Difficile en effet de voir renoncer la Pologne à l'application des droits de l'homme. Avec la prise de position plus claire de l’Irlande, décidant de ne pas utiliser cette clause, l’opt-out à la Charte des Droits fondamentaux pourrait donc rester limité au Royaume-Uni. La Pologne n'annonce pas tout de suite cette décision, qu'elle garde comme instrument de pression lors des derniers ajustements de la négociation sur tout le traité.

Il restera cependant au pays de Chopin et de Gombrowicz cette déclaration unilatérale (déclaration n°51) précisant que "La Charte ne porte atteinte en aucune manière au droit des États membres de légiférer dans le domaine de la moralité publique, du droit de la famille ainsi que de la protection de la dignité humaine et du respect de l'intégrité humaine physique et morale"
par NGV publié dans : Racisme Droits Fondamentaux
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Lundi 23 juillet 2007
Le texte du futur traité européen a été remis, officiellement, aux ministres des affaires étrangères ce lundi à 11h (en fait il avait été envoyé le samedi dans la journée par mail aux délégations). Il est disponible pour l'instant en une seule langue (le français, langue des services juridiques du Conseil et de la Commission). La traduction sera effectuée dans les autres langues ensuite.

Comme prévu, le texte comporte article par article des modifications aux traités existants. Le traité seul comportant 145 pages (auxquels il faut ajouter les 133 pages d'annexe), autant dire qu'il est difficile de détecter les "vraies" nouveautés des modifications plus formelles ou simplement la reprise de l'existant. Et qu'il ressemble à tout sauf à un traité simplifié.

Pour avoir une idée de certaines dispositions - le droit de vote - par exemple, il faut se reporter aux modifications sur le traité UE, sur le traité CE, puis aux protocoles et aux déclarations.

La Charte est notamment reprise intégralement dans les déclarations, avec toutes les explications fournies lors de l'adoption de la Constitution et les déclarations ajoutées lors de la négociation du mandat les 21 et 22 juin.
par NGV publié dans : Traité européen - CIG 2007
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Vendredi 20 juillet 2007
La conférence intergouvernementale (CIG) qui s’ouvre le 23 juillet et devrait se clôturer le 18 octobre par un Traité qu'on pourrait appeler « de Lisbonne » est « historique » à plus d'un sens.

La fin des communautés

Si elle réussit, elle devrait permettre de clôturer plus de quinze ans de discussion sur l’Europe politique et la réforme des institutions. Un débat entamé lors de la confection du traité de Maastricht et toujours reconduit (les fameux "left-over"). Symboliquement, les Communautés européennes n’existeront plus. Avec le Traité rebaptisé « fonctionnement de l’Union européenne », ce terme s'effacera au profit de « l'Union européenne ».
La CIG coïncide également avec la fin de la dernière phase d’élargissement aux pays de « l’autre coté du mur », la Roumanie et la Bulgarie ayant été les derniers des pays à intégrer l’Union début janvier. Il restera encore à « avaler » l’intégration des pays issus de l’ex-Yougoslavie. Ce qui est un problème avant tout politique et de pacification du continent.
Certes le mandat pour la Conférence intergouvenementale a pu sembler un peu obscur et complexe. C’était – ne le cachons pas – son objectif principal. Comment rassembler sinon eurosceptiques et fédéralistes, partisans du Oui et du Non à la Constitution, sans tresser cet écran de fumée. Tout le talent des responsables politiques et des experts juridiques, qui ont planché sur ce texte, a consisté à rendre très discret le fait que le texte proposé ressemble à deux gouttes d’eau près à celui du projet de Constitution. « En mieux » !

La fin d'une illusion
Le mieux, c’est ce rééquilibrage des objectifs, ce protocole sur les services d’intérêt général – qui ne doit pas être négligé et dont l'importance se vérifiera au fil des années - une nouvelle base juridique pour la solidarité énergétique. C’est aussi la suppression de tous les symboles et apparences d’un « Super Etat ». Bien sûr le désir affirmé, la volonté originelle de l’Europe était de rassembler les Européens. Ceci était réaffirmé. Mais était-ce vraiment pour vivre dans un seul cadre, un seul moule. Le concept « des Etats-Unis » pour l’Europe est-il le meilleur cadre et le meilleur modèle qu’on puisse rêver ? Et, surtout, arrivera-t-on à le mettre en pratique ?
L’utilité de cette CIG est donc de mettre fin à certaines illusions qui étaient nées avec la projet de Constitution européenne. Le travail mené par l’équipe de Valéry Giscard d’Estaing était utile mais un rien mégalomane et avais un travers principal : l'oubli de la réalité des Etats. Le concept d'Etat européen qui tenait la route à cinq ou six pays, en 1950 ou 1980 n’est plus un modèle aujourd’hui. Entretemps, le mur de Berlin est tombé. Et l’Europe s’est à la fois réunifiée, et non pas « élargie » comme on le mentionne si souvent, et diversifiée. Cette réunification et cette diversification (idéologique, économique, philosophique) sont une richesse mais ont aussi un prix : revoir certaines de nos conceptions politiques, un peu étroites.

Une Europe retrouvée, réunifiée
Les nouveaux Etats membres ont une conception de l’Union qui n’est pas automatiquement celle des fondateurs, d’une Union sans cesse plus étroite, qui les oblige à abandonner leur souveraineté. C’est cela le nouveau syncrétisme que doit réaliser l’Europe : conserver à chaque pays sa souveraineté, sa saveur, sa couleur tout en ayant des politiques communes ou communautarisées plus nombreuses et diversifiées.
Dans ce contexte, la philosophie originelle de l’Europe — à la Jean Monnet — garde toute sa puissance: des politiques bâties l’une après l’autre, permettant de progresser par petits pas, d’avancer en restant ensemble. Permettre des synergies sans uniformiser totalement, tel est le nouveau défi.
Ainsi les politiques agricole, de transports, de cohésion territoriale, le marché intérieur et la monnaie commune gardent toute leur place, n’en déplaisent à ceux qui voudraient les fossoyer. L’espace de Liberté, Justice et de Sécurité se bâtit, discrètement mais sûrement. Des politiques de recherche, d’énergie, de défense… se mettront en place. Seule inconnue réelle : la place que l’on entend donner l’Europe sociale dans cette nouvelle organisation.
par NGV publié dans : Traité européen - CIG 2007
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Vendredi 20 juillet 2007
Ce qui reste de la Constitution, Ce qui change des Traités

Au bilan. En tout et pour tout : 2 ou 3 articles sont supprimés de la Partie I de la Constitution (institutions).
La Partie II (Charte) - si elle ne figure pas formellement à l'intérieur des Traités - prend place dans les protocoles (ce qui revient au même sauf pour les pays qui ont demandé un opt-out - Royaume-Uni, Irlande, Pologne).
La Partie III (politiques et fonctionnement) - qui modifiait essentiellement le Traité CE sur certains points - est reprise intégralement avec quelques modifications.
La Partie IV (dispositions finales) est également repris avec quelques modifications (mesures transitoires) et suppression des mesures obsolètes (plus de Constitution).

Une Constitution digérable :
Toute trace de Constitution est effacée, ainsi que tout ce qui pourrait ressembler à un super-Etat, ou une fédération possible.
Le mot "Constitution" est ainsi remplacé partout par le mot "traités", les termes de règlement et directive continueront d'être employés aux lieux des terminologies, plus modernes, de lois et lois cadres.
Quant aux symboles (drapeau, hymne européen), ils demeureront comme aujourd'hui, du domaine de la volonté et obligation politique.
De même, disparait l'article sur la primauté du droit communautaire remplacé par un rappel à la jurisprudence (beaucoup plus judicieux).
Le rôle des Parlements nationaux est renforcé : délai pour examiner les projets législatifs passe de six à huit semaines + mécanisme de contrôle de la subsidiarité (déclenché par la majorité simple des voix des parlements nationaux + seuil de majorité de 55% au Conseil ou majorité au Parlement).

Une Constitution "améliorée" :
- protocole détaillé sur les services d'intérêt général,
- objectifs plus lisibles politiquement,
- conditions d'adhésion précisables
- quelques nouvelles  bases juridiques : solidarité énergétique, coopération en matière de sécurité nationale, spécificité de la protection des données privées en matière de politique extérieure et de sécurité commune (Pesc)...
- mécanisme possible de coopération renforcée en matière criminelle ou policière (avec opt-out du Royaume-Uni et éventuel de l'Irlande).

La plupart des améliorations acquises à la CIG 2004 (Constitution) sont conservées - l'Europe politique se met en marche :
Institutions et moyens (juridiques, fonctionnels)
- un seul nom pour l'Europe : l'Union européenne
- la personnalité juridique de l'Union ;
- les procédures de révision (simplifiée et accélérée) ainsi que le droit de retrait ;
- le Conseil européen (réunion des chefs d'Etat et de gouvernement a un statut) ;
- les réunions des ministres de l'Eurogroupe acquièrent leur autonomie ;
- le service diplomatique extérieur ;
- le parquet européen ;
- la coopération structurée en matière de défense.
Pouvoirs renforcés pour :
- la Commission : déficits excessifs (unanimité requise du Conseil pour s'exprimer , respect de la législation communautaire (possibilité de demander des amendes en 1ère phase pour le défaut de transposition à temps + accélération 2e phase dans les autres cas)
- le Parlement européen : codécision budgétaire en matière agricole,
- la Cour de justice : qui s'organise en un véritable pouvoir juridictionnel, plus autonome (notamment avec le règlement de procédure)
Quelques nouvelles compétences
- les nouvelles bases de compétence : énergie, espace, tourisme, sport, protection civile, gels des avoirs des groupes terroristes...
- le passage à la procédure législative ordinaire (majorité qualifiée, codécision) sur certains secteurs : criminalité, culture...
- les coopérations renforcées : minimum 9 Etats (quel que soit le nombre de nouvelles adhésions?)
- la politique pénale, civile, d'asile et d'immigration est quasi entièrement communautarisée (pouvoir d'initiative de la commission, codécision du Parlement, contrôle de la Cour de justice), ce qui termine le mouvement entamé à Amsterdam en 1997.

Limites
Plusieurs limites sont mises sur les secteurs sensibles - justice et affaires intérieures, relations extérieures - afin d'éviter un dérapage communautaire sur les Etats membres : opt-out réaffirmé pour le Royaume-Uni (optionnel pour l'Irlande), règles et procédures spécifiques pour la Pesc. 
Le traité reste d'une lecture complexe. C'est le prix à payer pour une intégration de plus en plus poussée. Une complexité à relativiser cependant, au regard de certains textes nationaux (à vocation constitutionnelle), et plus encore de certains textes internationaux qui sont de véritables usines à gaz.
par NGV publié dans : Traité européen - CIG 2007
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Jeudi 19 juillet 2007
Avertissement : ceci est une analyse strictement personnelle qui, si elle est puisée à certaines sources fiables, ne peut être considérée comme une analyse officielle. Elle est aussi susceptible de diverses erreurs ou divergences d’interprétation, qui seront corrigées au fur et à mesure. Même imparfait, ce travail face au silence des institutions, qui gardent un secret total sur les travaux, pourrait être utile. 

Que sera le Traité de Lisbonne ?

une Constitution allégée de ces lourdeurs, enrichie de ses manques

Un nouveau nom pour le Traité. Le nouveau Traité, qui pourrait s’appeler de Lisbonne, est appelé à modifier les traités de Rome (Communauté européenne, 1957) et de Maastricht (Union européenne, 1993), selon les mêmes modalités que les traités précédents (Acte Unique 1986, Amsterdam 1997 ou Nice 2001). Il devrait comprendre un peu plus de 400 articles, soit un peu plus d'articles que les actuels traités (367) mais moins que la Constitution (448) si les experts juridiques arrivent à fusionner quelques dispositions annexes.

Comment y est-on arrivé : du travail de "pros" !

On a démonté le texte de la Constitution, réintégré dans les Traités et redémonté le tout
pour aboutir à un mandat limité en taille mais riche en contenu, donc complexe


Un bijou d'orfèvre. On ne dira jamais assez que les 15 pages du mandat donné à la CIG par les 27 chefs d’Etat et de gouvernement, dans la nuit du 22 au 23 juin, qui va s’ouvrir, le 23 juillet, n’est pas un texte, totalement, improvisé. Il s’agit d’un vrai bijou de synthèse juridique et politique où la mise en valeur des données précises, et parfois hautement polémiques (le droit de vote, la Charte des droits fondamentaux….), est soutenue par toute une série de dispositions plus discrètes, voire obscures.

Un jeu d’ombres et de lumières. Ce travail est issu d’un travail de longue haleine, mené essentiellement par l’équipe juridique du secrétariat général du Conseil (dirigée par Jean-Claude Piris, sous la responsabilité du tandem Solana – De Boissieu), son alter-ego à la Commission européenne (sous la houlette de Michel Petite), les experts politiques et juridiques de la présidence allemande, confortée par certains spécialistes des Etats membres. Les juristes ont travaillé à partir des versions des trois traités (CE, UE, Constitution), retranchant, modifiant, aménageant au besoin des obligations politiques des uns et des autres (Pays-Bas, France, Royaume-Uni, Pologne, Rép. Tchèque, Italie, Espagne …) et des impératifs juridiques.

La méthode de travail semble avoir été classique : table de correspondance des articles des traités (avec indication des différences, ressemblances, nouveautés et contradictions), mise en place d’un traité « beta », ou plutôt de versions différentes. C’est à partir de là qu’un « mandat » resserré a été écrit : transcription à la fois politique et technique de ce qu’on pourrait être le futur Traité. L’essentiel a été écrit, les détails ont été esquissés. L’objectif de tenir en un minimum de pages ce mandat a été tenu. Un impératif politique et médiatique pour nombre de pays, ayant refusé ou étant réticent au texte de la Constitution, afin de montrer le changement.

« Tout sauf ». Le principe est que toutes les dispositions acquises lors de la CIG 2004 (Constitution) sont conservées, selon des modalités qui sont décrites dans le mandat. Le principe est donc la reprise du texte de la Constitution sauf les articles qu’on enlève ou on modifie (principe du « Tout sauf ») et non – comme on l’a cru un moment – le choix de quelques articles – picorés dans la Constitution (principe du « picorage »). Ce principe trouve trace dès les premières lignes du mandat « le traité modificatif introduira dans les traités actuels, qui restent en vigueur, les innovations découlant des travaux de la CIG de 2004, de la manière décrite en détail ci-dessous ».

« Entre autres, telles ». De petits mots ont été glissés dans les énumérations afin de se garder de toute surprise ou oubli. Ainsi au point 18, les rédacteurs du mandat ont bien soins de préciser que « Les innovations telles qu'agréées lors de la CIG de 2004 seront insérées dans le traité de la manière habituelle, sous la forme de modifications ponctuelles. Elles concernent (…) les dispositions relatives entre autres à …. ». Cela permettrait d’englober certains points qui n’ont pas été listés nommément telles la politique agricole ou la recherche.

Renumérotation. Le nouveau Traité pourrait comporter une renumérotation, dans chaque traité des articles. Par exemple : sous forme I-111 (le chiffre romain désignant le titre – un autre chiffre désignant éventuellement le chapitre – et ensuite un numéro d’ordre).

Vous ne direz plus la CE mais l'UE

50 ans après, c'est la fin des Communautés européennes. Et l'achèvement de la mue entamée à Maastricht avec l'apparition de l'Union européenne.

Y-a-t-il une nouvelle hiérarchie entre traités ?

Le changement de dénomination du Traité CE (en Traité sur le Fonctionnement de l’Union - qui reprend en fait partiellement la dénomination de la partie III de la Constitution) ne doit pas être minoré.
1° Il s’agit d’un changement fondamental. C’est la fin des Communautés européennes telles qu’on l’a vécu depuis 50 ans. « Le terme "Communauté" sera partout remplacé par le terme "Union", précise le mandat (§2).
2° On revient à la première volonté de la réforme des Traités voulue après Nice (cf. Déclaration de Laeken) et au début des travaux de la Convention de la CIG – avant qu’ils ne dérivent sous la férule mégalomane de Giscard d’Estaing —. Même si la logique n’est pas parfaite, on a ainsi un ensemble plus homogène.
3° Conséquence non négligeable, même si aucun lien de sujétion n’est écrit entre les deux Traités, il y a politiquement un « traité maitre » (le Traité sur l’Union européenne) et un « traité sujet » (le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, ex-traité CE). Ce qui n’a pas de conséquence sur la plupart des dispositions « techniques » (base de compétences, procédures…) — car les dispositions ont la même valeur juridique – mais peut en avoir sur les dispositions plus « politiques » (préambules, objectifs, valeurs). De fait, les objectifs du deuxième traité peuvent être considérés comme devant respecter les objectifs du premier. Application pratique : « la concurrence libre et non faussée ».


par NGV publié dans : Traité européen - CIG 2007
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