L'auteur

Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste. Correspondant sur les affaires européennes pour le quotidien Ouest-France et collaborateur à Europolitique (agence de presse) sur les secteurs "social", "défense-sécurité" (voir autre blog stratégie) et "Traité". Je m'occupe aussi - pour varier les plaisirs! - d'actualité musicale... (RFi Musique) et de la formule weekend d'Europolitique. Spécialisé au fil des ans sur les questions sociales et l'Europe, ce blog est la réunion de ces deux intérêts. Depuis 1989, j'ai travaillé pour différents journaux (Le quotidien de Paris, La Tribune, France-Soir... voir les articles), réalisé quelques travaux plus académiques (mémoire sur "les règles de concurrence face aux règles sociales", 1996) et publié des ouvrages et publications, juridique-pratique : "temps de travail", "comité d'entreprise", "formation professionnelle" ...(Ed. Partenaires/Ministère du Travail), "représentation du personnel dans les entreprises" (Ed. Dalian/Wolter Kluwer) et même un "Guide du service national" (Ed. Puits Fleury, 1998). Pour m'écrire

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Texte Libre

Ni leurre ni sinécure, l'Europe (et l'Europe sociale) s'élaborent, jour après jour, non sans difficultés !
Bruits de couloirs, discussions informelles, projets et contre-projets, histoire(s), contexte, texte(s), décryptages...  ce blog entend se faire l'écho de ce qui "bouge" à Bruxelles (Commission), Strasbourg (Parlement), Luxembourg (Cour de justice). Conditions de travail, Sécurité sociale, Service public, droits fondamentaux, citoyens, traité de Lisbonne...

Mercredi 30 mai 2007
Ce sont John Monks, le secrétaire général de la CES et Ernest-Antoine Seillière, patron de Business Europe (le patronat européen), qui sont allés voir le commissaire européen à l'Emploi, Vladimir Spidla, ensemble, pour lui demander de leur laisser du temps pour négocier sur le congé parental. Les frères ennemis semblaient ainsi réconciliés dans leur désir de voir éviter la Commmission de mêler de cette question qui avait fait l'objet d'un accord européen entre partenaires sociaux fin 1995 avant d'être transformé en directive en 1996.
par NGV publié dans : Droit du travail
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Mercredi 30 mai 2007
"Si je vous disais oui aujourd'hui, mon Parlement me mettrai dehors". L'apostrophe du ministre néerlandais était ironique. Mais ferme. Les Pays-Bas ont apposé leur veto à la proposition de directive sur les retraites supplémentaires. Objet du courroux battave : Après "18 mois de dur labeur, le texte est sérieusement édulcoré, comportant une longue liste d'exceptions qui restreignent encore un peu plus un champ d'application déjà limité. Le nombre de régimes de pension concernés n'est pas clair et l'impact de la directive sur les différents États membres (est) très inégal". Aux Pays-Bas selon le Ministre, près de 90% des personnes ont une pension supplémentaire. Dans les autres pays ce chiffre avoisine les 10%, voire même au-dessous. "la transférabilité" des pensions était donc pour les Pays-Bas le point fondamental de la directive.
par NGV publié dans : Santé sécurité sociale
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Mercredi 30 mai 2007
La Commission renonce à légiférer, pour l'instant, sur le congé parental. La négociation qu'elle lance, le 30 mai, auprès des partenaires sociaux laisse libres ceux-ci d'"évaluer" la situation et de remettre un rapport au Sommet social tripartite... en mars 2008. Autrement dit, pas grand-chose de précis pour l'instant. Les problèmes sont cependant importants. La directive européenne ne rend obligatoire un congé que si l'enfant a moins de huit ans et, surtout, elle n'oblige pas à la rémunération du temps de travail.
La Commission propose en revanche aux partenaires sociaux de mettre en place au niveau européen une norme européenne minimale sur trois nouveaux congés : paternité, handicap et dépendance, adoption. Sur le congé maternité, elle préconise une amélioration de ce congé, mais reste très floue pour l'instant sur les deux caractéristiques principales : la durée du congé et sa rémunération.
Nb : prévue par le Traité européen, la consultation des partenaires sociaux permet à ceux-ci non seulement de donner leur avis à la Commission mais de signaler s'ils veulent négocier un accord européen interprofessionnel. La deuxième phase de consultation dure normalement 6 semaines. Si les partenaires sociaux sont d'accord pour négocier, la Commission doit s'abstenir de toute proposition législative durant la négociation (9 mois minimum). S'ils ne sont pas d'accord, la Commission est libre de faire une proposition législative.
par NGV publié dans : Droit du travail
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Samedi 26 mai 2007
Une Europe qui protège, le slogan claque et séduit. Mais rien ne vient remplir ce postulat pour l'instant (du moins à suivre la visite de Sarkozy à Bruxelles mercredi). J'avais rédigé il y a un an un petit article sur le sujet. Je vous livre

Cinq pistes pour une Europe qui protège
A l’heure où tout le monde a remis sur son ouvrage la question institutionnelle, il serait bon de se pencher sur le seul sujet qui a été mis sur un strapontin, lors de la Convention sur le futur de l’Europe, la question sociale. Ceux qui ont suivi cette Convention se rappellent que le groupe de travail sur la question n’avait été créé, in extremis. Son travail avait été réduit à la portion congrue. Peu étonnant que rien n’en soit sorti. Or, c’est sur cette thématique aussi que la question s’est focalisée dans les deux artisans du «Non» à la Constitution (France et Pays-Bas). Aujourd’hui, ne sommes-nous pas en train de refaire la même erreur ? Bricoler des solutions institutionnelles et ne pas se préoccuper du fond... La volonté politique de faire l’Europe sociale défaille. La discussion sur les modèles sociaux abonde mais dès qu’il s’agit de passer au concret, les excuses sont là. «Ca ne passera pas», «respect du principe de subsidiarité»... Il ne s’agit pas tant de renégocier les traités, de trouver de nouvelles bases juridiques que de redonner une impulsion décisive. Pour reprendre une image chère à José-Manuel Barroso, - le football -, il faut que le joueur arrête de causer sur le banc de touche sur les stratégies, s’échauffe et rentre sur le terrain pour aller marquer un but, ou du moins essayer de le faire. Pourquoi l’Europe ne serait pas en capacité de répondre à certains risques que prennent les citoyens ? Pourquoi l’Europe ne deviendrait-elle pas davantage celle qui protège plutôt que celle qui menace ? La plupart des législations - surtout au niveau de la protection sociale - restent fondées sur un tryptique dépassé : une profession, une entreprise, un emploi. Il faut revisiter l’Europe sociale. Cinq pistes...

1° Le risque dépendance. L’augmentation des personnes âgées exige une nouvelle réponse de l’aide sociale, de possibilité de cumul travail / prise en charge des aînés.... Pourquoi ne pas étudier avant que chaque Etat ne mette au point sa législation, un cadre communautaire global dans lequel chacun viendrait s’inscrire ? Pourquoi ne pas étudier un super-fonds dépendance à l’échelle européenne abondé par exemple des fonds non dépensés au niveau européen ?

2° Le risque formation. L’ambition de la formation tout au long de la vie doit être financé. Ce financement, l’Etat seul ne peut l’assumer, les entreprises et les salariés devront le supporter. Une telle cotisation ne doit-elle pas être harmonisée au plan européen (assiette, minima et maxima) ? Le compte épargne temps, qui existe dans certains pays, ne devrait-il pas être généralisé ?

3° Le risque travail pour les seniors. Malgré de belles déclarations, il reste de singuliers blocages. Si les plus âgés ne sont pas au travail, c’est aussi qu’on les met à la porte plus vite. Faut-il prévoir une obligation d’embauche ? Durcir les conditions de licenciement ? Ou rendre le coût plus lourd ? Prévoir des possibilités de temps partiel allégé ? etc.

4° Le risque flexibilité. La fragmentation des contrats, la mobilité professionnelle existe déjà dans la réalité. Toute inflexion nouvelle dans ce sens atteint ceux qui sont déjà mobiles et flexibles. Et elle durcit les positions de ceux qui bénéficient d’un statut de longue durée. Situation paradoxale : plus on est flexible et mobile, moins on a de droits. Cette équation doit être renversée. Cela passe-t-il par un renforcement du statut des «flexibles» (durée déterminée, intérim, indépendants) ? Faut-il instituer un contrat de travail européen qui se superpose aux dispositifs existants au plan national ? Un peu à la manière de la société européenne qui est une option et non une régression.

5° Le risque mobilité. La libre circulation des citoyens et des travailleurs qui est une donnée fondamentale du marché intérieur n’est pas encore parfaite, chacun en est aujourd’hui conscient. Pourquoi ne pas bâtir un vaste plan pour la libre circulation des personnes en Europe en plusieurs étapes ?
par NGV publié dans : Europe Sociale (philosophie, politique)
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Jeudi 24 mai 2007
La grande salle de presse de la Commission était bourrée à craquer. Au point que plusieurs journalistes sont restés debout. Un propos qui n'a pas échappé à Nicolas Sarkozy, qui se tournant vers Barroso lui dit "tu en as de la chance d'avoir une salle aussi pleine. C'est tous les jours comme çà". Ironique...

Mais si l'intérêt de toute la presse européenne était évident, ce succès avait aussi une explication. Plusieurs dizaines de "fonctionnaires" et autres, supporters ou sympatisants, venus parfois avec famille et enfants, s'étaient glissés dans les rangs des journalistes. Pas très discrets souvent, commentant et approuvant chacun des propos du Président. Mieux. Ils ne se sont pas gênés de faire la claque à la fin de la "représentation".

Un procédé assez grossier qui contraste avec la neutralité "ordinaire" de ce type d'endroit. Aucun chef d'Etat ou ministre de passage n'a été ainsi applaudi. Les derniers applaudissements remontent au moment où la Commission a annoncé que la Bulgarie et la Roumanie pourraient adhérer à l'Union, moment assez important pour les journalistes de ces pays et qui a suscité, légitimement un peu d'émotion. Il y a aussi des applaudissements quand un journaliste pose une question pertinente ou fait remarquer à un porte-parole de la Commission son absence de réponse. Procédé somme tout aux antipodes des applaudissements de jeudi.

Quand aux fonctionnaires, s'ils "descendent" dans la salle de presse (celle-ci est au sous sol du batiment), ils le font en toute discrétion, restant debout ou au fond de la salle. Cela a été le cas, par exemple, quand une personnalité type Bono (U2) ou Platini (FIfa).

Faut-il préciser que pour rentrer dans le batiment de la Commission, il faut un badge spécial (Berlaymont). N'importe quel fonctionnaire ne peut donc y rentrer. Il faut alors franchir des portiques de sécurité. Où des gardiens vérifient les badges concernés (les journalistes n'ont ainsi que la possibilité d'aller dans la salle de presse ou les bureaux des porte-paroles mais pas dans les bureaux des fonctionnaires sans y être dûment accompagnés par un huissier).

Croie au hasard ou au spontané en politique est possible. Mais ne vaut-il mieux pas se fier à la phrase de Sarkozy lui-même (sur l'OMC) : "au revoir la naïveté"...

(photo © NGV)
par NGV publié dans : Europe pouvoir - institutions CE
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Jeudi 24 mai 2007
A Bruxelles, Nicolas Sarkozy a répété son discours de campagne grosso modo. Mais s'il n'a voulu esquiver aucun sujet, il est resté vague, très vague pour ne pas dire inconsistant sur les moyens d'atteindre les objectifs qu'il se fixe.

Ainsi il a redit son souci d'une Europe qui protège "l’Europe doit penser aux peuples, ne pas inquiéter, préparer à la mondialisation, et ne pas être le Cheval de troie de la mondialisation. L’Europe doit être une Europe politique. Il faut trouver un compromis pour que l’Europe avance ensemble d’un même pas. On ne peut pas construire l’Europe sur l‘inquiétude, l’Europe doit protéger". Mais aucune précision ni calendrier.

Sarkozy a répété sa conviction d'une meilleure gouvernance économique. Citant l'exemple du "cours du dollar et Boeing, il a eu cette envolée "on avait le dumping social, fiscal, environnemental et maintenant voici le dumping monétaire". Mais a reporté une initiative à plus tard, "ce n'est pas le moment".

Sur l'OMC, il a été plus précis. "Je suis pour la  liberté du commerce, la mondialisation ne me fait pas peur." (Mais je veux) "un accord sur la base de la réciprocité, de l’équité et au revoir la naïveté". "L’Europe doit s’ouvrir mais les autres aussi, en même temps, dans les mêmes conditions. Que l’on s’ouvre, oui, mais vous ouvrez pareil. Je n'ai pas reçu mandat de brader l'agriculture européenne et l'agriculture française. Ce n’est pas services contre agriculture. Je ne veux pas qu’on puisse ne pas faire ce que font nos amis américains" NB : c'est-à-dire être obligé de diminuer les subventions agricoles quand les USA les gardent.

Sur le budget français, il a été clair dans sa volonté, quasi keynésienne, de s'affranchir de règles trop orthodoxes : "Je connais les règles monétaires, la France sera au rendez-vous de la réduction du déficit et de l’endettement. (Mais) Je demande à être jugé fin de mon quinquennat sur la dette et le déficit. Cela ne se règle pas, semaine après semaine. Le problème c’est que la France a un point de croissance de retard par rapport aux autres pays. Il faut bien réfléchir à un choc économique et fiscal pour partir à la recherche de ce 1%. J'ai une vision dynamique de la politique économique et pas une vision sacrificielle."

Sur la Turquie, il a été toujours clair "sa place n'est pas dans l'Union européenne". Quant à bloquer les négociations, "il ne voit pas l'utilité de poser la question maintenant. D'ailleurs elle ne se pose pas". Un porte-parole de l'Elysée n'a-t-il pas dit que "l'ouverture des chapitres de négociation est une question technique" - autrement dit on peut continuer d'ouvrir des chapitres de négociation - "c'est la fermeture d'un chapitre de négociation qui est politique". Sur ce point, il ne prend pas de risque : la fermeture des chapitres est gelée

Il n'empêche. Au delà du flou de certains propos, le dynamisme du Président de la République, son coté tranchant, énergétique a séduit. Et c'est vrai qu'il tranchait, qu'il remettait du souffle dans une construction européenne qui lambine trop souvent au gré de consultations et de mots creux, de propos convenus et de renvois à plus tard. Comment ne pas partager son propos ainsi quand il dit. "Depuis longtemps je pense que le débat européen est contrit, sans prétexte de technicité, on ne se dit rien, on complique tout et on ne simplifie rien, et cela explique le désamour de nos concitoyens."
Décidément ne pas être séduit par le style Sarkozy est difficile
par NGV publié dans : Europe pouvoir - institutions CE
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Mercredi 23 mai 2007
Ceux qui avaient adoré le modèle scandinave vont-ils devoir le bruler ? Et vice versa. Les afficionados de la flexicurité nordique n'avaient sans doute pas remarqué un ou deux petits "détails" de ce modèle, à commencer par le pouvoir des syndicats d'imposer le respect des conventions collectives fixant les niveaux de rémunération ou de conditions de travail, au besoin par le blocus des entreprises ou des actions solidarité (la fameuse action politique prohibée dans plusieurs pays européens comme en France). Comble du malheur... cette pratique, critiquée largement par certains milieux patronaux en Suède, pourrait être légitimée par la Cour de justice européenne. Du moins si on en croit les conclusions que viennent de rendre les deux avocats généraux - chargés de donner la position du droit communautaire et d'indiquer le "droit" chemin à leurs collègues magistrats (un peu come un commissaire du gouvernement devant le Conseil d'Etat français) - le portugais Miguel Poiares Maduro et l'italien Paolo Mengozzi.

Dans deux litiges qui concernent la possibilité pour des syndicats (du Nord de l'Europe) d'imposer aux entreprises le respect des conventions et accords collectifs, les deux avocats généraux de la Cour de justice des CE ont en effet tranché en faveur du droit à l'action syndicale face aux principes de la libre prestation de services et du droit d'établissement quand s'il s'agit de prévenir ou réduire le risque de dumping social. Cette légitimité du blocus économique et de l'action syndicale n'est évidemment pas sans limites. Et les avocats généraux proposent d'établir des conditions précises à cet exercice syndical périlleux. Comme l'explique l'avocat général, Miguel Poiares Maduro "Les intérêts publics relatifs à la politique sociale et aux droits fondamentaux sont susceptibles de justifier certaines restrictions à la libre circulation tant qu’elles ne vont pas au-delà de ce qui est nécessaire. Le fait que la politique sociale soit l’un des objectifs du traité CE ne signifie pas que les mesures prises dans ce domaine sont automatiquement exclues du champ d’application des règles sur la libre circulation." Tout est donc affaire de nuances. Mais placer sur un pied d'égalité la norme sociale et le libre marché, voire admettre l'exception sociale dans ce marché est un pas audacieux. Reste à la Cour de trancher !

1er cas. L'entreprise lettone ne respecte pas les salaires moyens en vigueur : le blocage est légitime s'il s'agit de faire respecter une convention collective et pour l'intérêt général.

Dans la première affaire, les syndicats suédois avaient mené, à l’automne 2004, une action de blocus contre Laval un Partneri, une société lettone, car celle-ci ne voulait pas respecter les accords collectifs locaux (affaire C-341/05).
Pour l'avocat général, "les syndicats peuvent, par des actions collectives, prenant la forme d'un blocus et d'une action de solidarité, contraindre un prestataire de services d'un autre Etat membre à souscrire au taux de salaire, déterminé par convention collective", si cette action est motivée "par des objectifs d'intérêt général, tels que la protection des travailleurs et la lutte contre le dumping social, et qu'ils ne sont pas exercées d'une manière disproportionnée par rapport à la réalisation des objectifs".
Parmi les critères pour apprécier cette proportionnalité, Paolo Mengozzi mentionne le fait que la convention collective en cause (bâtiment) comporte "un avantage réel qui contribue, de manière significative, à la protection sociale des travailleurs détachés et ne duplique pas une éventuelle protection identique ou essentiellement comparable offerte à ces travailleurs par la législation et/ou la convention collective applicables au prestataire de services dans l’État membre de son établissement".
Dans son raisonnement, M. Mengozzi, affirme également que la situation particulière de la Suède - et de certains autres Etats membres - qui accorde aux partenaires sociaux le soin de fixer les conditions de travail et d’emploi, notamment pour la rémunération, par le biais des conventions collectives, ne constitue pas, en soi, "une mise en œuvre insuffisante de la directive 96/71" (détachement des travailleurs). Au contraire. En accordant aux organisations syndicales "le droit de recourir à l’action collective pour contraindre un prestataire de services à souscrire à un taux de salaire déterminé conformément à une convention collective, applicable de fait aux entreprises nationales dans une situation comparable, la Suède assure que les objectifs, visés par la directive 96/71, de protection des travailleurs et d’égalité de traitement entre les opérateurs, sont atteints".

2e cas : une compagnie maritime finlandaise emploie des salariés estoniens, moins payés, et menace de déménager (changer de pavillon) : le blocus syndical est légitime avant la délocalisation, pas après. Il ne peut empêcher les autres syndicats d'agir.
Dans la deuxième affaire, les syndicats revendiquaient l'application des normes salariales finlandaises aux marins estoniens engagés par la compagnie maritime locale, Viking, pour ses liaisons entre l'Estonie et la Finlande et voulaient l'empêcher de changer de pavillon. (Affaire C‑438/05) Pour l'avocat général, "les syndicats peuvent mener une action collective pour dissuader une société de déménager au sein de la Communauté européenne". Mais une fois la délocalisation effectuée, si cette société est déjà établie dans un autre État membre, "le fait de l'empêcher de fournir légalement ses services dans un autre État membre, serait incompatible avec le droit communautaire".
De même, "une politique coordonnée d’actions collectives entre syndicats constitue normalement un moyen légitime de protéger les salaires et les conditions de travail des marins" souligne-t-il. Cependant, "l’action collective qui a pour effet de cloisonner le marché du travail et qui empêche le recrutement de marins originaires de certains États membres afin de protéger les emplois de marins dans d’autres États membres reviendrait à remettre en cause le principe de non-discrimination sur lequel est fondé le marché commun".
Enfin, l’avocat général reconnaît que, si les syndicats concernés (ITF et FSU) peuvent utiliser l’action collective comme moyen d’améliorer les conditions de travail des marins dans toute la Communauté, les autres syndicats doivent pouvoir rester "libres de choisir s’ils participent ou non à une action collective donnée".
par NGV publié dans : Droit du travail
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Lundi 21 mai 2007
Contrairement à ses intentions de départ , la Commission semble avoir renoncé - du moins pour l'instant - à améliorer la législation européenne sur le congé parental.

Cette législation vieille de dix ans (elle date de 1996) mérite un dépoussiérage avec l'évolution des prises de congé par les pères notamment. Or le commissaire européen, Vladimir Spidla, semble plus enclin à laisser aux partenaires sociaux, une chance de se saisir d'eux-mêmes du sujet (on se souvient que c'est la négociation entre partenaires sociaux qui avait abouti à la directive actuelle).

En revanche, la Commission semble toujours décidée à proposer quelques modifications sur le congé maternité et à inciter les partenaires sociaux à négocier sur les autres congés (dépendance…). Un document devrait être présenté aux partenaires sociaux en juin.
par NGV publié dans : Droit du travail
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Mercredi 16 mai 2007
La proposition de directive sur le travail illégal présentée par le commissaire Frattini, le 16 mai, laisse perplexe. L'entreprise qui détache un travailleur, ressortissant d'un pays tiers, sera soumise au contrôle de l'Etat membre dans lequel elle est établie et non de celui où elle exerce son activité, peut-on lire dans le communiqué de la Commission.
Une série de questions vient immédiatement. Les corps de contrôle, établis dans le pays d'activité, ne vont-ils pas perdre un moyen d'action ? Comment peut-on traiter les travailleurs détachés, européens, de manière plus sévère sans heurter le principe de non-discrimination ? Pourquoi avoir retiré les dispositions sur le droit des travailleurs de la directive Services pour le réintroduire, de façon partielle, dans ce texte ? Et qu'en est-il de la jurisprudence de la Cour de justice qui estimait "proportionnée" l'obligation d'une déclaration préalable dans le pays d'accueil (arret contre l'Allemagne) ? La perplexité continue quand on apprend que le règlement d'application sur la coordination des régimes de sécurité sociale prévoit le remplacement du formulaire E101 sur les travailleurs détachés par une transmission directe entre caisses de sécurité sociale (sur cette question, voir l'audition au Parlement européen d'un responsable d'Eures). Est-ce vraiment la lutte contre le travail clandestin qui guide tout cela ? Une clarification s'impose...
par NGV publié dans : Droit du travail
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