L'auteur

Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste. Correspondant sur les affaires européennes pour le quotidien Ouest-France et collaborateur à Europolitique (agence de presse) sur les secteurs "social", "défense-sécurité" (voir autre blog stratégie) et "Traité". Je m'occupe aussi - pour varier les plaisirs! - d'actualité musicale... (RFi Musique) et de la formule weekend d'Europolitique. Spécialisé au fil des ans sur les questions sociales et l'Europe, ce blog est la réunion de ces deux intérêts. Depuis 1989, j'ai travaillé pour différents journaux (Le quotidien de Paris, La Tribune, France-Soir... voir les articles), réalisé quelques travaux plus académiques (mémoire sur "les règles de concurrence face aux règles sociales", 1996) et publié des ouvrages et publications, juridique-pratique : "temps de travail", "comité d'entreprise", "formation professionnelle" ...(Ed. Partenaires/Ministère du Travail), "représentation du personnel dans les entreprises" (Ed. Dalian/Wolter Kluwer) et même un "Guide du service national" (Ed. Puits Fleury, 1998). Pour m'écrire

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Texte Libre

Ni leurre ni sinécure, l'Europe (et l'Europe sociale) s'élaborent, jour après jour, non sans difficultés !
Bruits de couloirs, discussions informelles, projets et contre-projets, histoire(s), contexte, texte(s), décryptages...  ce blog entend se faire l'écho de ce qui "bouge" à Bruxelles (Commission), Strasbourg (Parlement), Luxembourg (Cour de justice). Conditions de travail, Sécurité sociale, Service public, droits fondamentaux, citoyens, traité de Lisbonne...

Jeudi 26 avril 2007
Les partenaires sociaux européens - John Monks pour la CES (syndicats), Philippe de Buck pour BusinessEurope (employeurs privés), Rainer Plassmann pour la CEEP (Employeurs publics) et Hans-Werner Müller pour l'UEAPME (Pme) - ont signé, le 26 avril, un accord-cadre autonome afin de lutter contre le harcèlement et la violence au travail.

L'accord oblige les entreprises à déclarer clairement que le harcèlement et la violence sur le lieu de travail ne sont pas tolérés, et spécifie la procédure à suivre.
- Quand un cas de harcèlement ou de violence est avéré, des mesures appropriés doivent prises contre le responsable. Cela peut inclure des actions disciplinaires ou un licenciement.
- La victime doit, elle, recevoir un soutien et, si nécessaire, une aide pour sa réintégration.
- La nécessaire discrétion doit être maintenue pour protéger la dignité et la vie privée de chacun.
- Aucune information ne doit être divulguée aux personnes non impliquées dans un litige.
- Toute plainte doit être suivie d'une enquête et d'une solution sans délai.
- Toutes les parties impliquées doivent être entendues de manière impartiale et recevoir un traitement équitable.
- Toute accusation fausse ne devrait pas être tolérée et sanctionné de façon disciplinaire.
L'accord reconnaît que la responsabilité consistant à déterminer, examiner et surveiller les mesures appropriées incombe à l'employeur, en consultation avec les travailleurs et/ou leurs représentants.

Les partenaires sociaux ne demandent pas une transposition de cet accord par voie de directive. Ils ont préféré, conformément à l'article 139 du Traité CE s'engager à l'appliquer, conformément aux procédures et pratiques spécifiques de dialogue social dans leur pays, dans les trois ans de la signature de l'accord, soit avant avril 2010. Les parties ont également convenu d'évaluer et de voir cet accord d'ici 5 ans (2012). Les négociations ont commencé à la suite d'une consultation officielle, en janvier 2005, des partenaires sociaux par la Commission.

Un problème de langue. L'accord a été négocié et signé en Anglais. Il n'est disponible que dans cette langue. Ce qui pose un problème : à la fois de validité de l'accord. S'inscrivant dans la légitimité politique du traité européen et dans son cadre juridique, il paraîtrait logique que les partenaires sociaux ne puissent pas s'en affranchir de ses règles et que la traduction soit assurée au moins dans plusieurs langues. C'est une question de validité juridique, de légitimité politique et de courtoisie sociale. Les partenaires sociaux européens se défendent en arguant que la traduction dans les langues est du ressort des partenaires sociaux au niveau national. L'argument, pour pratique qu'il soit, ne répond pas aux us et coutumes européens : une directive, une décision européennes, sont traduites et validées par des juristes linguistes au niveau européen, la question de la traduction est d'ailleurs un élément intrinsèque d'un accord. Et les Etats membres n'ont pas la compétence de traduire le texte selon leur bon vouloir. C'est contraire à une certaine compréhension de l'Europe par les citoyens. Pourquoi les partenaires sociaux auraient-ils l'autorité pour s'affranchir de cette règle à laquelle les gouvernements se plient ?
par NGV publié dans : Europe Sociale (philosophie, politique)
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Jeudi 26 avril 2007
La Cour européenne des Droits de l’homme a condamné, le 26 avril, à l’unanimité, la France pour avoir refusé l’asile et failli expulser un journaliste érythréen.

Des faits incohérents ?
Agé de 28 ans, Asebeha Gebremedhin travaillait comme reporter-photographe pour le journal indépendant Keste Debena avant d’être arrêté en 2000. Incarcéré pendant six mois, torturé notamment sur la fuite à l’étranger de son rédacteur en chef, il réussit à s’évader de l’hôpital de la prison et arrive, via le Soudan, à l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle fin juin 2005. Sa demande d’admission sur le territoire, au titre de l’asile, est cependant rejetée le 5 juillet par l’Office français des Réfugiés et Apatrides (Ofpra) au motif d’incohérence. Le lendemain, un ordre d’expulsion vers l'Erythrée est délivré par le Ministère de l’Intérieur. Le recours en référé au tribunal administratif est rejeté. Saisie, la Cour européenne des Droits de l’homme intime immédiatement aux autorités françaises de ne pas le renvoyer et un titre provisoire de séjour est octroyé.

Non répond la Cour...
Pour la Cour, le demandeur d’asile doit pouvoir avoir accès en zone d’attente à un recours de plein droit suspensif, "compte tenu des risques de mauvais traitements ou de torture qui pourraient suivre son expulsion". La Cour critique surtout la législation française qui n’octroie pas d’effet suspensif aux recours des personnes placées dans les zones d’attente. Une violation, selon les juges du droit à un recours effectif et de l’interdiction des traitements inhumains ou dégradants, prévues respectivement par les articles 13 et 3 de la Convention européenne des Droits de l’Homme (CEDH, 26 avril 2007, Gebremedhin, requête n° 25389/05).

Une conséquence sur le droit communautaire ?
Ce faisant, la Cour met en lumière, selon nous, une notion restée floue dans le droit communautaire, celle du recours effectif. La directive 05/111 du 1er décembre 2005 (à transposer avant le 1er décembre 2007) donne, d'un coté, au demandeur d'asile le "droit de rester dans l'Etat membre en attendant l'examen de la demande" mais uniquement jusqu'à l'examen du dossier en premier ressort (article 7) ; de l'autre, elle laisse les Etats membres libres de régler la question de savoir si le recours du demandeur d'asile a pour effet de premettre au demandeur d'asile de rester dans l'Etat membre dans l'attente de l'issue du recours (article 39). Cette décision illustre également l'appréciation extensive qu'ont certains Etats membres des conditions (les "déclarations incohérentes" en l'espèce) permettant l'application de la procédure accélérée (article 23).

La procédure d'asile, roulette russe !
Ce procédé est dénoncé par certaines organisations de droits de l'homme comme l’Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers, ui regroupe la quasi-totalité des associations de droits de l’homme. La procédure d’asile à la frontière, « durcie à l’extrême » ces dernières années, est une vraie « roulette russe » souligne l'Anafé. Ce cas « n’est ni isolé ni anecdotique ». « Ainsi en mars dernier un demandeur d’asile tchadien a été renvoyé par la France et s’est retrouvé immédiatement à la sortie de l’aéroport en garde à vue pendant 28 jours ». « Sauf à violer, la décision de la Cour, la France devra désormais consacrer un effet suspensif aux recours déposés par les étrangers maintenus en zone d’attente qui encourent un risque de mauvais traitements en cas de renvoi vers leur pays d’origine » ajoute l'organisation.
par NGV publié dans : Racisme Droits Fondamentaux
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Lundi 23 avril 2007

Promise pour la fin 2006, puis pour mars, et, en dernier lieu, avril 2007, la communication de la Commission européenne sur les Services d'intérêt général a finalement été retirée des plannings prévisionnels. "Ce sera fait d'ici l'été" assure-t-on au Berlaymont, siège de la Commission européenne. Explication des retards : "Les divergences entre services"... Quant à ceux qui feraient le parallèle avec la campagne électorale en France, et ce report après le 2e tour des législatives, ce sont de très méchantes langues...

par NGV publié dans : Service public Solidarités
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Vendredi 20 avril 2007
A la lecture de la synthèse sur la consultation menée par la Commission européenne sur les services de santé et de certaines propositions, on ne peut être que perplexe.

1° L’ampleur des problèmes révélés touche à tous les pans de la société : de la responsabilité médicale au cadre de planification des soins, en passant par l'information des patients et des professionnels. Au point qu'on peut se demander si chacun des problèmes traités ne mériterait pas à lui seul une initiative, législative ou non, à supposer que la plus value communautaire soit prouvée. Le chantier semble immense !

2° Il existe un manque de données de base objectives (combien de personnes ont été soignées mais surtout combien d'actes de soins et pour quel montant, dans quelles spécialités…) et de données subjectives (la population veut-elle vraiment accéder à des soins au-delà des frontières ?) qui permettent difficilement d'avoir une idée sur les besoins et l'impact de tel ou telle initiative.

3° Les points de vue exprimés ressortent clairement du syndrôme Nimby (Not in my back yard : pas chez moi). Tout le monde est d'accord pour qu'une solution communautaire soit trouvée au problème qu'il subit mais réfute une telle solution pour les problèmes qu'il cause. Exemple : le risque de "l'importation" de patients est souvent évoqué (comme facteur de déstabilisation du système de soins…) mais celui de "l'exportation" l'est beaucoup moins. A l'inverse, la question de la fuite des cerveaux ne préoccupe que les pays de départ, pas ceux d'arrivée. Et si les organisations professionnelles sont d'accord pour évoquer la question de la responsabilité, elles préfèrent des instances de conciliation légère, type réseau Solvit, pour les régler.

4° Enfin, si certaines propositions suscitent des avis divergents, ce qui est logique, d'autres encore relèvent plutôt des fausses bonnes idées, impossibles à mettre en oeuvre en pratique au niveau européen (tout simplement car elles n'existent pas déjà au niveau national ou relèvent d'une planification, dépassée, à la soviétique).

Foin de pessimisme. Des solutions peuvent s'ébaucher. Ne les as-t-on pas trouvé dans d'autres domaines, comme le transport et la sécurité maritimes, où les mêmes questions de responsabilité, d'inspections de qualité, de reconnaissance des contrôles, des compétences professionnelles, d'information des usagers… se posent.

Mais il reste plusieurs difficultés :

1° Chaque décision doit être pesée au millimètre près tant le poids de la santé pèse sur les finances publiques (entre 10% et 20% du budget) et l'économie de chaque Etat membre (entre 9 et 10% du PIB) et connaît une croissance soutenue. Ne pas encadrer la mobilité des patients ou l'encourager sans retenue ne serait pas sans conséquence sur les finances publiques.

2° Il y a une contradiction réelle entre la façon dont les systèmes de santé fonctionnent (planification, contrôle des soins, des soignants et des patients) et les principes de liberté inscrits dans les traités européens. Lors de la conception des traités, il y a 50 ans, les systèmes de soins étaient organisés d'une telle façon qu'il paraissait évident qu'ils échappent à ces règles. Aujourd'hui, tant l'évolution économique qu'idéologique, consacrée par une jurisprudence européenne, ajouté à un manque certain d'anticipation des gouvernements et la crispation des organismes de sécurité sociale (qui ont souvent très peu joué le jeu de la transparence, de l'information des patients, voire ont violé délibérement les règlements européens) conduisent à cette impasse. Le fonctionnement des systèmes de santé est, par nature, anticoncurrentiel et il doit se plier à des règles faites pour le secteur concurrentiel, le droit des citoyens à se faire soigner et des professionnels à obtenir le paiement de leurs actes connaît une limite : celui des contribuables (souvent les mêmes) à le financer.

3° Cette contradiction se marque au sein même de la Commission et des institutions européennes
plus généralement. Tandis que la DG Sanco mène sa consultation, la DG Markt multiplie les infractions dans le domaine médical (numerus clausus ou propriété des pharmacies par exemple) et la DG Emploi continue de mener à bien la réforme du règlement d'application sur la coordination des régimes de sécurité sociale. Le tout sans coordination apparente.

Quelles priorités ?
Tout l'intérêt de cette consultation est, donc, d'appuyer sur ce type de problèmes, mis sous le boisseau jusqu'à la directive Services, proposée par Frits Bolkestein. Parmi les nombreuses propositions issues de la consultation, tentons de dégager quelques lignes forces :

1° L'information des patients, suscite un quasi-consensus et peut facilement trouver place dans un instrument obligatoire (créant une obligation d'information sur les soins, les conditions de prise en charge, d'autorisation préalable, fixant les droits et délais de recours, d'une instance de résolution des litiges). Complétée par la Charte européenne des patients, elle concourt à l'Europe des citoyens voulue par le président de la Commission.

2° La codification de la jurisprudence de la Cour de justice sur le remboursement des soins, prise en compte déjà partiellement dans la réforme du règlement de coordination de sécurité sociale (règlement 883/04), devra être complétée, par un additif au règlement 883/04 et/ou une directive ou un règlement, ce dernier pouvant préciser les raisons justifiant l'obligation de délivrer d'une autorisation préalable ou permettant de la refuser.

3° L'encadrement de la liberté d'établissement de prestation de services apparaît nécessaire, afin d'éviter l'afflux des plaintes ou des abus des Etats membres. C'est sans doute le point le plus délicat. Elle pourrait trouver un débouché, à défaut de directive, sous forme de lignes directrices.

4° Un encadrement des conditions de transfert des patients dans un Etat membre à un autre devra être prévu, soit sous forme de directive, soit sous forme de convention-cadre, prévoyant des solutions particulières pour les zones frontalières.

5° L'établissement d'une méthode ouverte de coordination et d'expériences pilotes pourrait inclure l'iSanté, la recherche sur la terminologie européenne ou l'établissement de centres de référence.
par NGV publié dans : Service public Solidarités
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Jeudi 19 avril 2007
« Une législation d’un État membre, qui exclut tout remboursement, par un organisme national de sécurité sociale, des frais occasionnés par l’hospitalisation de ses assurés dans les établissements de soins privés situés dans un autre État membre » est contraire au principe de libre prestation de services a estimé la Cour de justice des CE (arrêt du 19 avril 2007, Stamatelaki, C-444/05).

Ce jugement s'inscrit dans une jurisprudence constante mais insiste en particulier sur la question du contrôle et conventionnement des établissements privés à l'étranger.

Les faits - Souffrant d’un cancer de la vessie, le grec Dimitrios Stamatelaki, avait été hospitalisé en 1998 au London Bridge Hospital, un établissement britannique privé mais avait vu sa demande de remboursement des frais engagés (13 600 £, un peu plus de 20 000 euros) refusée par sa caisse d’assurance maladie.

La législation grecque prévoit, en effet, que si un patient affilié, en Grèce, à un organisme social reçoit des soins dans un établissement public ou dans un établissement privé conventionné en Grèce, il ne doit débourser aucune somme. Mais il en va différemment lorsque ce patient est hospitalisé dans un établissement de soins privé situé dans un autre État membre, l’intéressé devant alors s’acquitter des frais d’hospitalisation sans bénéficier d’une possibilité de remboursement. Si l'établissement privé n'est pas conventionné, il n'y a pas de remboursement, sauf en cas d'urgence. Cette exception n'existe pas pour un établissement situé à l'étranger.

La Solution :

Restriction à la libre prestation de services - Pour la Cour, il y a bien une restriction à la libre prestation de services. La réglementation grecque "décourage, voire empêche, les assurés sociaux de s’adresser aux prestataires de services hospitaliers établis dans des États membres autres que l’État membre d’affiliation et constitue, tant pour ces assurés que pour ces prestataires, une restriction à la libre prestation des services".

Pas de justication d'intérêt général - Cette restriction ne peut se justifier par une des trois raisons impérieuses d'intérêt général déjà reconnues par la Cour :
1) "le risque d’atteinte grave à l’équilibre financier du système de sécurité sociale" ;
2) "l’objectif de maintenir un service médical et hospitalier équilibré et accessible à tous", avec un niveau élevé de protection de la santé ;
3) "le maintien d’une capacité de soins ou d’une compétence médicale sur le territoire national essentiel(le) pour la santé publique, voire pour la survie de sa population".

Conventionnement par le pays des soins - La Cour refuse d'élever au rang de raison impérieuse d'intérêt général l'argument du gouvernement grec soulignant l’absence de contrôle, par les organismes de sécurité sociale grecs, de la qualité des soins dispensés dans les établissements de soins privés situés dans un autre État membre et l’absence de vérification de la possibilité, pour les établissements hospitaliers conventionnés, de fournir un traitement médical approprié, identique ou équivalent. "Force est de constater - souligne la Cour - que (ces) établissements de soins privés sont également soumis, dans les autres États membres, à des contrôles de qualité et que les médecins établis dans ces États, et qui interviennent dans ces établissements, offrent des garanties professionnelles équivalentes à celles des médecins établis en Grèce", en particulier, depuis la directive de 1993 sur la reconnaissance mutuelle des diplômes

Remboursement sans autorisation préalable - La Cour a refusé d'examiner un argument du gouvernement belge qui estimait que cette affaire devait être examinée sous l'angle du règlement n° 1408/71 (application des régimes de sécurité sociale aux travailleurs qui se déplacent dans un autre Etat membre) précisant les modalités de l'autorisation préalable. Faisant fi de l'absence de demande d'autorisation préalable, la Cour estime que le litige en cause "a trait uniquement à l’absence de prise en charge, par un organisme grec de sécurité sociale, de soins prodigués dans un établissement privé situé à l’étranger".
par NGV publié dans : Santé sécurité sociale
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Jeudi 19 avril 2007

L’Europe des résultats, l’Europe concrète, l’Europe des citoyens, les mots sont toutes les lèvres des dirigeants européens. Malheureusement, les résultats sont encore mitigés.

La bonne volonté est présente, c’est indéniable, et quelques projets ébauchés. Mais l’Europe dispose-t-elle vraiment de tous les leviers, à commencer par celui, primordial, de pouvoir répondre aux problèmes concrets qui touchent le citoyen confronté à une question européenne, dans son pays ou dans un autre.

Remboursement des soins ou attribution de bourse d’études, non reconnaissance des permis de conduire ou des diplômes, non-respect des normes sociales européennes, bien souvent, il ne s’agit que de « petits » problèmes, qui ne se traduisent pas nécessairement par une infraction caractérisée de l’Etat ou des Etats concernés. Les textes ont été transcrits ; simplement ils ne sont pas appliqués ou mal appliqués. Parfois il y a de la mauvaise volonté des administrations chargées d'appliquer la réglementation européenne, parfois une incompréhension ou une mauvaise connaissance des textes, ou alors chaque Etat concerné se renvoie la balle estimant que le problème se situe chez l’autre. L’Europe ne doit pas cependant s’y tromper. En ne résolvant pas ces petits problèmes de la vie de tous les jours des Européens, elle laisse s’ancrer l’impression d’un « Bruxelles » éloigné des préoccupations quotidiennes ou dont les décisions ne sont pas appliquées. Elle impulse aussi, à rebours, une mauvaise image de la mobilité européenne qui, plus que tout, décourage d’éventuels candidats au départ.

Tracasseries administratives, retards dans les papiers, différences d’analyses dans les droits sociaux devraient être traqués avec autant d’acharnement, les dévoiements des administrations rendus publics, surtout en matière de prestations sociales, tout comme sont traquées actuellement les infractions aux règles de concurrence.

Bien sûr, de sages esthètes répondront : il existe déjà la procédure en manquement et les citoyens peuvent déposer une plainte à la Commission. Mais cela ne peut suffire. Outre que cette procédure est très lourde, dure plusieurs années, elle ne résout souvent pas concrètement le problème du ou des citoyens concernés. De plus, elle se déroule dans une certaine opacité. Les mises en demeure, voire les avis motivés ou les saisines de la Cour de justice, ne sont pas tous publiés. Ce qui nuit à leur effet pédagogique de sanction publique.

Il faudrait donc faire preuve d’une ingéniosité, d’une imagination nouvelle pour résoudre certaines questions où la question du droit pur – Qui a raison ? Qui a tort ? – puisse s’effacer au profit de l’intérêt du citoyen européen. Il faudrait une autorité capable de jauger si la plainte est fondée et y chercher un remède équitable, capable aussi de faire jouer de sa légitimité. Une autorité qui pourrait passer un coup de téléphone à l’administration concernée, ou à son responsable politique, pour lui démontrer l’inanité de telle position. Et un rapport public qui puisse, chaque année, mettre en évidence les faits répétitifs et les « histoires à succès », ce qui pourrait certainement contribuer à la meilleure application de la réglementation communautaire.

Reste à savoir comment mettre en place ce « Médiateur des citoyens ». Faut-il pour cela renforcer le Médiateur européen qui n’est compétent qu’en cas de mauvais fonctionnement des institutions communautaires. Ou faut-il qu’une institution se saisisse de ce vide et se dote d’une instance adéquate : ce serait le rôle de la Commission, mais pourquoi pas du Parlement ? Faut-il une formalisation juridique « lourde », par les traités fondamentaux ? Ou un simple accord interinstitutionnel, voire une simple modification du règlement interne de l’institution concernée suffirait-il … Inconstablement un chantier doit s'ouvrir.

par NGV publié dans : Europe Sociale (philosophie, politique)
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Lundi 2 avril 2007
Deux ans et demi après la mise en place de la nouvelle Commission "Barroso", premier Bilan " à "mi-parcours"
Malgré la (ré)apparition de la thématique « sociale » dans les propos des politiques, force est de constater que les faits démentent cette impression. A mi-mandat de la Commission Barroso (intronisée en novembre 2004, son mandat va jusqu'au 31 octobre 2009), l’agenda social 2005-2010, qui n'était déjà pas très ambitieux ni audacieux pour remplir les objectifs définis au sommet européen de Lisbonne, est encore loin d'avoir rempli ces promesses. (Nb : dans le système communautaire, c'est la Commission qui a le pouvoir d'initiative législative, et elle seule. Pas de proposition de sa part = aucune proposition)
De nombreuses propositions inscrites à ce calendrier ont, pour l'instant, été repoussées. Exemples :
- la révision de la directive de 1994 sur les comités d'entreprise européens ;
- l’initiative concernant la protection des données à caractère personnel des travailleurs (prévue pour 2005) ;
- la mise à jour des directives de 2001 (transferts d'entreprise) et de 1998 (licenciements collectifs), ainsi que la codification des dispositions sur l'information et à la consultation des travailleurs ;
- des initiatives visant à favoriser encore le développement et la transparence de la responsabilité sociale des entreprises ;
- la proposition pour mettre à la disposition des partenaires sociaux un outil pour formaliser la conduite et les résultats de la négociation collective transnationale ;
- ou encore, l'organisation annuelle d'une réunion de tous les acteurs concernés sous forme de forum pour faire l'évaluation de la mise en oeuvre de l'Agenda.
Reports, retraites, gels
L’annonce de reports successifs sur certains dossiers sensibles aggrave ce sentiment d'inaction, l’exemple le plus frappant est la consultation sur l’inclusion active et les revenus minimum ; prévue en 2004-2005, son lancement s’est effectué finalement en 2006, la deuxième phase a été repoussée à fin 2007 ! Deux sujets— le statut de la mutualité européenne et celui de l’association européenne — ont été retirés dans le cadre de l'exercice « Mieux légiférer ».
Quant aux différents rendez-vous fixés par les directives existantes, ils ne sont souvent pas respectés. La deuxième phase de consultations sur la directive sur le cancer n’a pas été lancée (la première s’est achevée en 2004). Le réexamen et la révision de la directive "maternité" est tombé aux oubliettes — le rapport publié en 1999 faisait alors écho de problème de définition et de droits liés au travail mais aucune action de révision n’a été engagée.
Cinq réalisations
Au chapitre des réalisations, le bilan reste faible. Certes on peut noter la mise en place d’un nouvel organisme, l’Institut pour l’égalité entre hommes et femmes, et la transformation de l’ancien Observatoire sur les phénomènes du Racisme, en Agence des droits fondamentaux, au mandat élargi à toutes les questions de discriminations. La création d’un Fonds d’ajustement à la mondialisation – vieux projet remontant à la Commission Prodi - Barnier voire aux années Delors – est un apport sans doute plus majeur, de même que l’est la décision, prise au titre des politiques de concurrence, sur les aides à certains services publics et sociaux (paquet Kroes-Monti). La poursuite de la réforme importante des règlements sur les régimes de sécurité sociale, pour discrète qu’elle soit, est aussi notable. Le dialogue social, fonctionnant au ralenti, a cependant permis de déboucher sur deux accords généraux — le stress au travail (2004) et le harcèlement (2007) — et quelques accords sectoriels (silicate…).
Célébrer plutôt que réaliser
Mais la succession d’années commémoratives s’enchaînant les unes et autres — mobilité, égalité des chances, inclusion sociale — dont la répétition efface le coté "mobilisation" et l’élévation d’une méthode de travail – la méthode ouverte de coordination – au rang d’objectif n’apparaissent pas comme un signe de dynamisme. Et, si plusieurs communications ont été publiées (détachement des travailleurs, services sociaux d’intérêt général, services de santé, réalités sociales), leur impact est rarement concret ; elles fixent la doctrine, enclenchent la discussion mais n’ont pas d’effet juridique.
Au final...
Un bilan donc très maigre au regard des enjeux vitaux pour la compétitivité (jeunesse, conciliation travail – famille, vieillissement), et des objectifs (lutte contre la pauvreté ou l'échec scolaire, formation permanente, emploi des jeunes et minorités...) rappelés régulièrement lors de chaque sommet européen
par Nicolas publié dans : Europe Sociale (philosophie, politique)
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