L'auteur

Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste. Correspondant sur les affaires européennes pour le quotidien Ouest-France et collaborateur à Europolitique (agence de presse) sur les secteurs "social", "défense-sécurité" (voir autre blog stratégie) et "Traité". Je m'occupe aussi - pour varier les plaisirs! - d'actualité musicale... (RFi Musique) et de la formule weekend d'Europolitique. Spécialisé au fil des ans sur les questions sociales et l'Europe, ce blog est la réunion de ces deux intérêts. Depuis 1989, j'ai travaillé pour différents journaux (Le quotidien de Paris, La Tribune, France-Soir... voir les articles), réalisé quelques travaux plus académiques (mémoire sur "les règles de concurrence face aux règles sociales", 1996) et publié des ouvrages et publications, juridique-pratique : "temps de travail", "comité d'entreprise", "formation professionnelle" ...(Ed. Partenaires/Ministère du Travail), "représentation du personnel dans les entreprises" (Ed. Dalian/Wolter Kluwer) et même un "Guide du service national" (Ed. Puits Fleury, 1998). Pour m'écrire

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Texte Libre

Ni leurre ni sinécure, l'Europe (et l'Europe sociale) s'élaborent, jour après jour, non sans difficultés !
Bruits de couloirs, discussions informelles, projets et contre-projets, histoire(s), contexte, texte(s), décryptages...  ce blog entend se faire l'écho de ce qui "bouge" à Bruxelles (Commission), Strasbourg (Parlement), Luxembourg (Cour de justice). Conditions de travail, Sécurité sociale, Service public, droits fondamentaux, citoyens, traité de Lisbonne...

Jeudi 29 mars 2007

Plutôt qu’une directive sur les Services d’intérêt général, la Commission pourrait proposer, une autre méthode, originale ! : faire endosser les principes communs des SIG dans un texte prenant la forme d’un accord interinstitutionnel ou d’une déclaration conjointe, des trois institutions (Conseil, Parlement, Commission). C’est le sens actuel du projet de communication sur les SIG, qui circule dans les services de la Commission.

Quelle sera exactement la valeur de ce texte ?

1° On peut difficilement concevoir que ce texte puisse engager les Etats membres au-delà d'un aspect politique. Donc pas d'effet contraignant, et de poursuite possible en cas défaut d'application des dispositions.

2° Ce texte ne pourrait ainsi engager que les instances signataires, à commencer par la Commission. Mais, il est bien précisé que les règles actuelles de la concurrence ou de la libre circulation ne peuvent être entravées par l'application de ces principes. Ce qui ne résout donc pas ce qui est un des points principaux de friction sur les services publics: les problèmes de frontière avec les services concurrentiels et privés.

3° Enfin, en l'état du projet, les huit principes communs sont exprimés en termes assez généraux, plus généraux que n'avait pu le faire le précédent Livre blanc sur les services d'intérêt général. Et il est délicat de supputer de leur application réelle.

par NGV publié dans : Service public Solidarités
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Jeudi 29 mars 2007
La Cour de justice européenne a condamné, le 29 mars, en manquement, la Belgique pour n'avoir pas transposé dans les délais la directive de 2002 sur l'information et à la consultation des travailleurs dans la Communauté européenne (affaire C 320/06). Le délai de transposition était fixé au plus tard au 23 mars 2005. Les autorités belges avaient d'abord argué à la Commission européenne que "leur législation était déjà en grande partie conforme, dans ses principes, aux nouvelles normes européennes". Puis, reconnaissant que la transposition de la directive n’était que partiellement assurée en droit interne, elles avaient assuré mettre "tout en œuvre pour que les mesures nécessaires soient adoptées dans les meilleurs délais" . Mais n'avaient finalement pas informé la Commission des mesures prises. Condamnation somme toute logique et dans le droit fil de la jurisprudence.
par NGV publié dans : Droit du travail
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Dimanche 25 mars 2007

Qu'est-ce qui a suscité le plus de remous pour la rédaction de la déclaration de Berlin qui a été adoptée le 25 mars à Berlin. L'euro ? Que nenni. "C'était un faux problème. Même les Britanniques n'ont jamais fait de problème là-dessus", confie un diplomate. L'immigration, comme demandée par les Espagnols ? Il n'y avait pas de problème pour faire figurer ce mot. En fait, dans le dernier round de rédaction, à peine une semaine avant le début du Sommet de Berlin, c'est le fameux "modèle social" qui a suscité un formidable tir de barrage de Tony Blair. Au point que si ces deux élements figurent dans le texte final, ils ne sont nullement côte à côte. La déclaration mentionne ainsi que "nous voulons préserver notre idéal européen de société (…). Ce modèle européen concilie réussite économique et solidarité sociale".

par NGV publié dans : Traité européen - CIG 2007
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Dimanche 25 mars 2007
La manière dont la déclaration de Berlin a été conçue a pu être critiquée. Elle n’en est pas moins louable, consensuelle sans être unanime. Merkel et ses conseillers ont eu la sagesse, ou l’intuition, de retirer le texte du débat intergouvernemental. Plutôt qu’une rédaction en catamini, il serait plus juste de dire qu’ils ont puisé dans leur propre conscience l’intérêt du texte, en soupesant chaque mot au regard des motivations, et des oppositions, des uns et des autres.
Au résultat, ce texte aux apparences inoffensives donne au Citoyen, l’essentiel, avec des mots simples : des repères sur les missions, les défis qui attendent l’Europe. En réservant, aux institutions européennes le soin de signer le texte, la chancelière allemande s’est dégagée des contraintes habituelles d’un sommet européen, à commencer par une discussion au finish qui n’aurait pu que raboter le texte et gâcher la fête. Elle a permis à chacun d’y ajouter ses commentaires. A commencer par elle dont le discours accompagnateur était un vrai engagement. Au final, si Angela Merkel, seule, devant son peuple, a marqué l’essai, l’histoire pourrait aussi retenir que l’Europe toute entière l’a signée, ce « foutu » engagement. Mission remplie…  Comme le confie un sherpa européen, qui a participé à l'élaboration de ce texte, c'est comme dans un "entonnoir", élément après élément, on trace le chemin.
par NGV publié dans : Traité européen - CIG 2007
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Jeudi 22 mars 2007

La correction du taux de chômage en France de l’Institut national de statistiques (Insee) va obliger à une correction du taux de chômage européen. Ce qui irrite quelque peu les responsables de la statistique européen. Cela fait désordre dans le petit monde statistique européen, déjà mis à mal par des dérapages sur les chiffres de l'inflation (Grèce, Italie).

France, le plus mauvais élève européen ?

D’ordinaire les corrections entre les enquêtes mensuelles et trimestrielles sont assez faibles, de l’ordre de 0,1 à l’échelle d’un pays, ce qui à l’échelle européenne ne change pas le résultat de la moyenne. Si on prend les chiffres publiés dans la France (cf. Canard Enchaîné, Le Monde), le taux de chômage pour 2006 ne serait pas en France de 8,6% (source Insee) ou de 9,0 (source:Eurostat) mais de 9,8%, soit une différence de 0,8 à 1,2 point pour la France et à l'échelle européenne, cela représente une hausse de l’ordre de 0,15 % pour le taux de chômage européen (le marché du travail français représente, en effet, 18% de la zone Euro, et 12 % de l’UE à 25). Ce qui referait repasser la moyenne européenne au-dessus de la barre de 8%.

Taux de chômage dans les pays d'Europe depuis 1995 (source Eurostat)

Dans la comparaison européenne, la France passe ainsi au rang du troisième plus mauvais élève (après la Pologne et la Slovaquie, 12,8 et 12 % respectivement en décembre 2006). Elle devient aussi le seul pays située dans la tranche au-dessus de 6% dont le chômage ne décroit pas. Tous les partenaires proches situés dans des taux comparables (Allemagne, Belgique, Italie…) voient leur taux de chômage décroître.


 


par Nicolas publié dans : Emploi Chomage Restructurations Industrie
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Mercredi 21 mars 2007
La France a traîné jusqu'au dernier moment
L’ardoise est désormais connue. La France risque 28 millions d’euros d’amende, au minimum, et une astreinte de 117 882 euros par jour si elle ne s’engage pas rapidement et concrètement à faire revenir ses eaux bretonnes au-dessous de la norme nitrates. Bonne mère, la Commission européenne a cependant fait un petit cadeau, de dernière minute, à la France, en lui donnant un délai supplémentaire de trois mois. Un délai qui tombe pile au lendemain des législatives ! Hasard ? Le contexte électoral n’a pas du tout joué, explique-t-on officiellement « Nous avons tenu compte des dernières initiatives annoncées, qui sont encourageantes. Maintenant il faut voir les détails et les modalités » assure Stavros Dimas, le commissaire à l’Environnement. Personne n’est dupe cependant.
Mettre 11 sites en conformité en quelques mois
Si la Commission a en effet reçu, au tout dernier moment, le 13 mars exactement, des Français un « dossier étayé », il était déjà « tard » assure un spécialiste du dossier. Pour analyser ce qui est « une vraie bible, avec un éventail de mesures par bassin versant, il nous faut un peu de temps ». D’autant que plusieurs points de divergence opposent encore les experts européens et français. A commencer par le nombre de rivières en cause : 11 selon Bruxelles (Urne, Aber Wrac’h, Guindy, Les Echelles, Ic, Bizien, Horn, Leff à Lannebert et à Yvias, Gouessant, Arguenon), 9 selon Paris. L’aspect volontaire des mesures, notamment en matière de réduction des cheptels, laisse aussi sceptique à la Commission. De même que le calendrier trop souple.
Le pack français a joué mais n'a pas marqué l'essai
Mais, bien évidemment, c’est surtout le contexte électoral qui a joué. Outre les contacts à tout niveau — diplomates, députés européens, lobbys, tout le monde s’y est mis — un entretien téléphonique a eu lieu au plus haut niveau, entre Dominique de Villepin, Jacques Chirac et le président de la Commission, José-Manuel Barroso, mardi soir ou mercredi matin. « Un peu tard en fait », commente un homme du sérail européen, « nous avions déjà trouvé un compromis » entre commissaires. « Tout dépendra maintenant de la bonne volonté française. Les services en préfecture vont devoir préparer toutes les mesures et le nouveau gouvernement doit être prêt à les avaliser, immédiatement après sa nomination». Sinon les juges seront saisis. « Le commissaire Dimas a toute latitude pour décider de poursuivre ou non la procédure. Il peut appuyer sur le bouton à tout moment » explique un de ses proches.
Epée de Damoclès
Et personne du coté français n’ose parier sur la tendresse des juges à l’égard d’un Etat fondateur qui aura mis près de 20 ans à se mettre en conformité…
par NGV publié dans : Citoyens, consommateurs, environnement
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Mercredi 21 mars 2007
Le 21 mars, Arte a consacré une Thema à l’Europe. Elément principal de cette soirée, un film documentaire de Sergio Ghizzardi qui entraîne le téléspectateur « au cœur de l’Europe ».

Un thriller de 88 minutes, le mot n’est pas faible, avec en guest-star : Peter Mandelson, José-Manuel Barroso, Tony Blair ou Martin Schulz. Les quotas textiles, la directive Services, les non au référendum néerlandais et français, les perspectives financières durant ces 88 minutes, les mimiques, les sourires, les hésitations en disent souvent plus que les mots.

C’est ce ministre chinois qui demande d’un ton complice à l’issue des négociations à P. Mandelson, « je ne devrais pas sourire, cela ne va pas vous faciliter la tâche ». C’est M. Schulz, le leader du PSE qui avoue à l’issue d’une séance de négociation sur la directive services « je lui ai dit qu’il (Pöttering) n’aurait pas de majorité (sinon), j’ai bluffé ». Ou J.M. Barroso qui convainc les libéraux de voter sur la directive services « vous n’allez pas voter avec les communistes. Sur l’article 16 vous avez une majorité avec le PPE. A savourer…

Diffusé également sur Acheloos TV (Grèce), RTE (Irlande), SVT 1 (Suède), VRT (Belgique Flandre), RTBF (Belgique francophone), YLE 1 (Finlande), ORF (Autriche), Phoenix (Allemagne).

Contact production
par NGV publié dans : Europe pouvoir - institutions CE
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Vendredi 16 mars 2007
C'était prévu pour le 21 mars, la communication sur les "services d'intérêt général", prévue à l'ordre du jour de la Commission européenne a été reportée à plus tard. En avril... précise-t-on à la Commission, sans plus de commentaire. On ne peut pas dire que le sujet soit une priorité des priorités...
par Nicolas publié dans : Service public Solidarités
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Mercredi 14 mars 2007

Airbus devra se débrouiller, l'Europe n'entend pas intervenir dans la vie de l'entreprise

Le constat est clair et sans ambiguité. S'exprimant devant le Parlement européen, tant le représentant de la présidence allemande, le secrétaire d'Etat à l'aéronautique, Peter Hintze, que le commissaire européen à l'Industrie, Günter Verheugen, ont renvoyé certains problèmes d'Airbus (retards de livraison, faiblesse du dollar, changements technologiques, augmentation de la compétitivité) sur l'entreprise. (Curieusement rien d'ailleurs sur les défaillances du management de l'entreprise). Dans le "processus de restructuration" et de recherche de partenaires en cours, "c'est là, en dépit de l'intérêt des politiques, l'affaire de l'entreprise" a affirmé Peter Hintze. "Les politiques ne peuvent et ne doivent pas intervenir dans les entreprises… pour rétablir la compétitivté" a renchéri Günter Verheugen précisant seulement le "devoir moral d'aider les travailleurs licenciés" avec les crédits du Fonds social européen. Cette neutralité apparente n'a pas empêché le commissaire (théoriquement social-démocrate allemand), d'avancer les solutions nécessaire: "investir", "innover", "externaliser" voire délocaliser. Ce dernier mot n'est pas prononcé mais largement suggéré, en pointant le doigt sur le problème de "vendre en dollar alors que l'entreprise produit en euros".

L'entreprise est donc louée pour ses succès, son carnet de commande rempli, qui contribuent à "l'identité européenne". Mais quand il s'agit de revers et d'échec, les institutions européennes préfèrent, en fait, laisser l'entreprise, les partenaires sociaux et chaque Etat membre se débrouiller. Ce faisant, il existe un singulier retrait de l'esprit communautaire, préférant "nationaliser" le dossier que "l'européaniser". Quand on connaît l'importance stratégique de l'entreprise pour l'industrie européenne, le caractère atypique dans la composition de son actionnariat et le fort symbole qu'il représente aux yeux des européens, on peut être songeur face à ce retrait. Retrait d'autant plus curieux que "l'interventionnisme américain" pour Boeing ne se dément pas et place l'avionneur européen en double position de faiblesse par rapport à son concurrent.

NB : Curieusement ces interventions n'ont fait l'objet d'aucun écho sur les sites web de la présidence allemande de l'Union ou de la Commission européenne, si prompts d'ordinaire à afficher leurs déclarations. Seul le Parlement européen a produit un compte-rendu détaillé:

http://www.europarl.europa.eu/news/expert/infopress_page/052-4176-071-03-11-909-20070314IPR04175-12-03-2007-2007-false/default_fr.htm
par Nicolas publié dans : Emploi Chomage Restructurations Industrie
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